{"id":11955,"date":"2019-01-27T22:00:46","date_gmt":"2019-01-27T21:00:46","guid":{"rendered":"https:\/\/lldl.eu\/?p=11955"},"modified":"2019-04-05T16:28:45","modified_gmt":"2019-04-05T14:28:45","slug":"au-grand-dam-de-bujumbura-lunion-africaine-annonce-son-retrait-de-lamisom","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2019\/01\/27\/au-grand-dam-de-bujumbura-lunion-africaine-annonce-son-retrait-de-lamisom\/","title":{"rendered":"Au grand dam de Bujumbura, l’Union africaine annonce son retrait de l’AMISOM"},"content":{"rendered":"\n
Mogadiscio<\/em>. La Somalie est de nouveau au centre de l’attention internationale. L’expulsion de l’Envoy\u00e9 sp\u00e9cial des Nations Unies pour la Somalie, Nicholas Haysom (1<\/strong>), et l’attaque contre l’h\u00f4tel Dusit D2 \u00e0 Nairobi, revendiqu\u00e9 par Al-Shabaab, posent plusieurs questions : comment les organisations internationales peuvent-elles agir en Somalie pour la stabilit\u00e9 effective du gouvernement \u00e0 Mogadishu ? Quel est l’avenir d’Al-Shabaab ? Ces deux sujets doivent \u00e9galement \u00eatre mis en relation avec l’avenir de la mission AMISOM, mission de maintien de la paix de l’Union africaine (UA) qui vient de publier son premier plan de retrait, pr\u00e9vu \u00e0 partir du 28 f\u00e9vrier 2019. Son contingent le plus impliqu\u00e9 est le contingent burundais.<\/p>\n\n\n\n La mission AMISOM repose sur trois piliers logistiques principaux : une capacit\u00e9 militaire bas\u00e9e sur les pays de l’UA, un soutien s\u00e9curitaire des \u00c9tats-Unis et un soutien financier de l’Union europ\u00e9enne. Le contingent burundais \u00e9tant le plus impliqu\u00e9 dans la mission (3<\/strong>), cette contribution burundaise a toujours \u00e9t\u00e9 au c\u0153ur de la politique \u00e9trang\u00e8re de Bujumbura, en tant que voie de l\u00e9gitimit\u00e9 internationale. Le paquet de sanctions renouvel\u00e9 par Bruxelles jusqu’en octobre 2019 contre le r\u00e9gime de Nkurunziza vise donc \u00e0 attaquer le Burundi, en proie \u00e0 la violence politique depuis mars 2015, dans un de ses int\u00e9r\u00eats strat\u00e9giques (4<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n Les effets de cette d\u00e9cision ne se feront sentir que sur le long terme et sont \u00e9troitement li\u00e9s au projet de retrait de la mission du territoire somalien. L’UA a publi\u00e9 la premi\u00e8re feuille de route pour le retrait du contingent multilat\u00e9ral : les troupes burundaises, compos\u00e9es de 5400 hommes, seront fortement d\u00e9mobilis\u00e9es. La demande sp\u00e9cifique est de se retirer du secteur 5 dans la zone orientale de Mogadishu, comprenant environ 1000 hommes (3<\/strong>). Cette demande a \u00e9t\u00e9 faite d\u00e8s d\u00e9cembre 2018 et reprise en janvier 2019. Elle sera discut\u00e9e lors du sommet de l\u2019organisation \u00e0 Addis Abeba en f\u00e9vrier. Les raisons : la d\u00e9t\u00e9rioration du respect des droits de l’homme au Burundi et l’impossibilit\u00e9 de soutenir financi\u00e8rement le contingent de Bujumbura dans une zone p\u00e9riph\u00e9rique sur le plan op\u00e9rationnel (3<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n Le r\u00e9gime de Bujumbura, par l’interm\u00e9diaire du ministre de la D\u00e9fense, a vigoureusement protest\u00e9, qualifiant la solution de \u201cdisproportionn\u00e9e\u201d (3<\/strong>). Nkurunziza est certainement pr\u00e9occup\u00e9 des cons\u00e9quences internes du rapatriement d’une partie des forces arm\u00e9es nationales.<\/p>\n\n\n\n La Somalie n’a certainement pas besoin d’une autre cause d’affrontement. Conform\u00e9ment au plan contenu dans les r\u00e9solutions 2408 et 2431 de 2018 de l’ONU, la mission AMISOM,, a pr\u00e9vu de rester op\u00e9rationnelle jusqu’en mai 2019, date de fin de son mandat. Un rapport de d\u00e9cembre 2018 souligne que le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral somalien n’a pas demand\u00e9 de changements substantiels concernant le soutien apport\u00e9 par le Bureau d’appui des Nations Unies en Somalie (UNSOS) sur le front des op\u00e9rations conjointes avec la mission de l\u2019UA.<\/p>\n\n\n\n Cela peut susciter des inqui\u00e9tudes, notamment en ce qui concerne le retard pris dans le processus de transition. Le processus de formation de comp\u00e9tences militaires prend du retard dans de nombreuses directions : son aspect le plus difficile semble le d\u00e9minage, g\u00e9r\u00e9 par l’ONU, qui est encore loin de couvrir la totalit\u00e9 du territoire (5<\/strong>). L’impression est que plus l’\u00e9ch\u00e9ance s’approche, plus les probl\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9 semblent se multiplier pour la stabilit\u00e9 territoriale de la Somalie. Avec le retrait forc\u00e9 du Burundi, des pays comme l’\u00c9thiopie (dont la mission ne rel\u00e8ve pas de l’UA) et le Kenya seront libre d’imposer leur ordre du jour, avec une s\u00e9rie d’int\u00e9r\u00eats g\u00e9opolitiques divergents en jeu. Nairobi et Addis-Abeba n’ont jamais ouvertement soutenu le centralisme de Mogadishu. Les derniers \u00e9v\u00e9nements li\u00e9s \u00e0 Al-Shabaab pourraient cependant contraindre les deux acteurs \u00e0 placer leur s\u00e9curit\u00e9 nationale au premier plan et emp\u00eacher les \u00c9tats-Unis, qui ont men\u00e9 le 21 janvier une frappe a\u00e9rienne contre des bases du groupe islamiste, de prendre le dessus (2<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n Alessandro Rosa<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" Ces derni\u00e8res semaines, la Somalie est redevenue un sujet du d\u00e9bat m\u00e9diatique. L’attentat d’Al-Shabaab \u00e0 Nairobi et l’expulsion du repr\u00e9sentant de l’ONU ont fait monter le niveau de tension et soulev\u00e9 de nombreux doutes parmi les organisations internationales quant \u00e0 la solidit\u00e9 de la gouvernance somalienne. Une solidit\u00e9 d\u2019autant plus remise en question que l’Union Africaine a esquiss\u00e9 un plan de retrait de la mission AMISOM qui pourrait bouleverser l’\u00e9quilibre dans le pays. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-briefings.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"_yoast_wpseo_estimated-reading-time-minutes":0,"footnotes":""},"categories":[1732],"tags":[],"staff":[1582],"editorial_format":[4942],"serie":[],"audience":[],"geo":[522],"class_list":["post-11955","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-guerre","staff-alessandro-rosa","editorial_format-actu-breves","geo-afriques-subsahariennes"],"acf":{"open_in_webview":false,"accent":false,"_thumbnail_id":"","excerpt":"Ces derni\u00e8res semaines, la Somalie est redevenue un sujet du d\u00e9bat m\u00e9diatique. 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Sources :<\/strong><\/h4>\n\n\n\n