{"id":116133,"date":"2021-08-11T11:10:54","date_gmt":"2021-08-11T09:10:54","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=116133"},"modified":"2021-08-11T11:11:03","modified_gmt":"2021-08-11T09:11:03","slug":"afripolis-une-ville-pleine-de-trous","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2021\/08\/11\/afripolis-une-ville-pleine-de-trous\/","title":{"rendered":"Afripolis, une ville pleine de trous"},"content":{"rendered":"\n

Ce titre est une allusion au livre intitul\u00e9 Une vie pleine de trous<\/em> qui eut un certain retentissement en 1965, faisant d\u00e9couvrir la vie d\u2019un migrant int\u00e9rieur venu de la campagne du Rif \u00e0 Tanger. Un jeune Marocain, Driss ben Hamed Charhadi, raconte sa vie pleine de trous \u00e0 Paul Bowles, le visiteur immobile du Sahara de la psych\u00e9 qui, apr\u00e8s l’avoir enregistr\u00e9 au magn\u00e9tophone, a traduit ce r\u00e9cit en anglais. \u00c0 travers la na\u00efvet\u00e9 du discours de Charhadi apparaissent la mis\u00e8re de sa famille, les quelques jours heureux pass\u00e9s \u00e0 l’orphelinat, la pr\u00e9carit\u00e9 des emplois et l’\u00e9ternelle recherche de travail, le ch\u00f4mage, la prison, les aventures sentimentales … Tanger, gare de triage de tous les exils <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>, reste cette enclave internationale o\u00f9 les riches du Nord tentent de poursuivre la qu\u00eate exotique <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span> de Paul Bowles <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>, tandis que les pauvres du monde veulent franchir le d\u00e9troit qui s\u00e9pare l\u2019Afrique de l\u2019Europe. Tanger est la proue du continent africain mais dissimule derri\u00e8re son d\u00e9cor hybride d\u2019arabisme post-colonial et de modernit\u00e9 industrielle les discontinuit\u00e9s, les b\u00e9ances et les dissidences de ses villes masqu\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n

Extensions africaines du domaine urbain<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

\u00c9t\u00e9 2021  : le MUCEM, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la collection Pinault qui expose Jeff Koons, s\u2019attaque \u00e0 la \u00ab Civilization \u00bb (sic) dont les p\u00f4les avanc\u00e9s seraient Duba\u00ef, la cit\u00e9 monde, les r\u00e9seaux routiers et digitaux, les ruptures et les data center. Beaucoup d\u2019avions \u00e9galement mais point de villes ou de peaux noires, sinon celles d\u00e9lav\u00e9es des zombies qui essaient de traverser la M\u00e9diterran\u00e9e. Pourtant, une m\u00e9ga-conurbation est en train de joindre Abidjan, Accra, Lom\u00e9 et Cotonou. Bient\u00f4t, la jonction entre cette derni\u00e8re et Lagos installera sur l\u2019Atlantique noir une totalit\u00e9 urbaine, encore invisible dans l\u2019exposition Civilization, tant la verticalit\u00e9 de l\u2019architecture des \u00e9mirats et de l\u2019Asie impressionne l\u2019Occident, sans doute complex\u00e9 du nanisme et de l\u2019obsolescence de son b\u00e2ti citadin. Le MUCEM, temple de la M\u00e9diterran\u00e9e, n\u2019ignore pas le gigantisme du Caire ni la dilatation de Casablanca. Mais cela ne suffirait pas, selon Meyer Schapiro, \u00e0 \u00e9tablir la notion de style <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Celle-ci d\u00e9coule de la force des syst\u00e8mes sociaux et de l\u2019h\u00e9ritage de grandes \u00e9poques comme l\u2019Antiquit\u00e9 ou la Renaissance. Shapiro, braqu\u00e9 sur C\u00e9zanne ou Baudelaire, a manqu\u00e9 les ruines et l\u2019\u00e9clipse de la ville \u00e9ternelle <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

Bient\u00f4t, la jonction entre cette derni\u00e8re et Lagos installera sur l\u2019Atlantique noir une totalit\u00e9 urbaine, encore invisible dans l\u2019exposition Civilization, tant la verticalit\u00e9 de l\u2019architecture des \u00e9mirats et de l\u2019Asie impressionne l\u2019Occident, sans doute complex\u00e9 du nanisme et de l\u2019obsolescence de son b\u00e2ti citadin. <\/p>Olivier Vall\u00e9e<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Le continent africain se trouve disqualifi\u00e9 en tant que fait urbain du fait de sa subordination aux imp\u00e9rialismes qui ont d\u00e9fait son organisation spatiale en asservissant ses peuples. L\u2019occupation de Madagascar, royaume qui r\u00e9sista longtemps \u00e0 la pression fran\u00e7aise, illustre bien le bouleversement du projet urbain local qui d\u00e9coule de la strat\u00e9gie militaire d\u2019occupation. Galli\u00e9ni, le conqu\u00e9rant de la grande \u00eele, ne se trouve pas confront\u00e9 \u00e0 un village de cases mais \u00e0 ce qui est d\u00e9j\u00e0 un \u00ab m\u00e9tissage architectural \u00bb <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span>, puisque les architectes europ\u00e9ens pr\u00e9sents \u00e0 Tananarive \u00e0 partir des ann\u00e9es 1830 ont adapt\u00e9, en le sophistiquant, le mod\u00e8le local de la maison villageoise en pis\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 transformer celle-ci en une \u00e9l\u00e9gante demeure patricienne, symbole de la r\u00e9ussite sociale : ils se sont inspir\u00e9s \u00e0 l\u2019origine de la maison merina <\/span>7<\/sup><\/a><\/span><\/span>  \u00bb.<\/p>\n\n\n\n

\n \n \r\n \r\n \r\n \r\n \r\n \r\n \r\n <\/picture>\r\n \n
Une maison missionnaire du XIXe si\u00e8cle sur la ville haute, Tananarive. \u00a9Catherine Fouret-G\u00e9rin, 2000.<\/figcaption>\n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n

La pacification fran\u00e7aise de la capitale du royaume passe par l\u2019\u0153uvre d\u2019assainissement qui commence avec l\u2019\u00e9viction des porcs qui remplissaient les rues, et la destruction des maisons qui d\u00e9rangent la perspective de la R\u00e9sidence de France o\u00f9 le g\u00e9n\u00e9ral domine le lac au c\u0153ur de la ville des mille collines. En quelques ann\u00e9es, elle est perc\u00e9e de larges avenues et les b\u00e2timents en ferrociment se dressent au milieu de la brique traditionnelle et du chaume.<\/p>\n\n\n\n

\u00c0 la man\u0153uvre, on trouve Hubert Lyautey, un ancien d\u2019Indochine comme Gallieni. Il s\u2019attaque \u00e0 la conception et la r\u00e9alisation du camp militaire d\u2019Ankazob\u00e9 qui existe encore aujourd\u2019hui et abrite l\u2019\u00c9tat-major. Apr\u00e8s son ouvrage de r\u00e9novation de la ville et des camps militaires, Lyautey est affect\u00e9 \u00e0 la pacification du grand Sud. La continuit\u00e9 entre la planification urbaine et la prise de contr\u00f4le d\u2019une lointaine r\u00e9gion insoumise du pays semble forte. En 1918, la modernisation de Tananarive se poursuit sous la conduite de Georges Cassaigne, dipl\u00f4m\u00e9 de l\u2019\u00c9cole des Beaux-Arts de Paris. Il est question alors d\u2019adapter les art\u00e8res \u00e0 la croissance du trafic automobile et, par ce biais, d\u2019introduire une s\u00e9gr\u00e9gation raciale dans l\u2019espace urbain <\/span>8<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Cela n\u2019est pas formul\u00e9 ouvertement, mais les caract\u00e9ristiques techniques et hygi\u00e9nistes des b\u00e2timents dans les aires retenues d\u00e9finissent des quartiers europ\u00e9ens sans jamais que l\u2019on ne parle de discrimination. <\/p>\n\n\n\n

\u00c0 partir de 1928, le gouverneur g\u00e9n\u00e9ral \u00e9tablit des p\u00e9rim\u00e8tres o\u00f9 seules les constructions europ\u00e9ennes sont autoris\u00e9es. Cassaigne, son fr\u00e8re Albert, et le paysagiste Gustave Fran\u00e7ois parviennent \u00e0 r\u00e9aliser leur projet s\u00e9gr\u00e9gationniste et urbain avec la ville thermale et de repos d\u2019Antsirabe, o\u00f9 Mohammed V v\u00e9cut en exil dans une villa attenante \u00e0 un grand h\u00f4tel du type de ceux que l\u2019on pouvait retrouver sur la c\u00f4te normande \u00e0 cette \u00e9poque. L\u2019argument pour exclure les Malgaches de la zone centrale \u00e9tait d\u2019attirer les Britanniques et les hommes d\u2019affaires sud-africains. Mais, derri\u00e8re ce \u00ab pr\u00e9-texte \u00bb \u00e0 la s\u00e9gr\u00e9gation, il s\u2019agit dans une colonie de peuplement de prot\u00e9ger les Europ\u00e9ens de la promiscuit\u00e9 avec les indig\u00e8nes dont la nature s\u2019am\u00e9liorera au vu des normes de la civilisation en mati\u00e8re d\u2019habitat, de rite social et de ludisme. Antsirabe est dot\u00e9e d\u2019un hippodrome, d\u2019am\u00e9nagements nautiques, et on y voit d\u00e8s 1929 des concours de beaut\u00e9 f\u00e9minine blanche et habill\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de rutilants v\u00e9hicules. Un golf est construit par la suite, et la ville de vill\u00e9giature est reli\u00e9e \u00e0 la capitale par une des premi\u00e8res \u00ab Micheline \u00bb. L\u2019entreprise coloniale s\u2019impose par un vaste remaniement de la cit\u00e9 africaine, et l\u2019inclusion au c\u0153ur des cit\u00e9s de places fortes de l\u2019arm\u00e9e d\u2019occupation qui subsistent encore aujourd\u2019hui, de Bamako \u00e0 Brazzaville. Toutefois, au-del\u00e0 de l\u2019hygi\u00e8ne et de la s\u00e9paration s\u00e9curitaire des quartiers noirs et europ\u00e9ens, l\u2019empire produit les signes iconiques qui manifestent sa n\u00e9gation de l\u2019esth\u00e9tique autochtone.<\/p>\n\n\n\n

L\u2019entreprise coloniale s\u2019impose par un vaste remaniement de la cit\u00e9 africaine, et l\u2019inclusion au c\u0153ur des cit\u00e9s de places fortes de l\u2019arm\u00e9e d\u2019occupation qui subsistent encore aujourd\u2019hui, de Bamako \u00e0 Brazzaville. <\/p> Olivier Vall\u00e9e <\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Le b\u00e9ton et l\u2019importation topographique<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Cela est d\u2019autant plus manifeste en terre alg\u00e9rienne con\u00e7ue comme une colonie de peuplement. On y voit assez t\u00f4t le modernisme des techniques s\u2019allier aux formes du design arabe r\u00e9invent\u00e9. Hennebique, une entreprise qui connaissait une p\u00e9riode florissante en m\u00e9tropole et notamment \u00e0 Paris, s\u2019installe alors \u00e0 Alger. Elle diffuse m\u00eame une revue sur un proc\u00e9d\u00e9 nouveau de construction, le \u00ab b\u00e9ton arm\u00e9 \u00bb. Comme en m\u00e9tropole, beaucoup d’architectes locaux sont conquis par cette nouveaut\u00e9, et notamment Petit et Garnier qui construisent en 1921 les grands magasins du Bon March\u00e9, rue d’Isly, inaugur\u00e9s en 1923. D’autre part les architectes associ\u00e9s R\u00e9gnier et Guion sont les concepteurs des immeubles Lafont sur le boulevard Saint-Sa\u00ebns, et du grand garage Vinson rue Sadi-Carnot. Puis, avec l’architecte Lugan, Hennebique construit l’h\u00f4tel d’Angleterre et les immeubles des rues Denfert-Rochereau et Clauzel, ceux des boulevards Victor-Hugo et Edgar-Quinet o\u00f9 l’architecte \u00e9labore un habitat original sur cour. En m\u00eame temps, le \u00ab style Jonnart \u00bb ou \u00ab n\u00e9o-mauresque \u00bb conserve ses adeptes. C’est ainsi qu’en 1925, M. Titre, architecte de la commune d’El-Biar, adopte ce style pour la mairie. Dix ans plus tard, son confr\u00e8re Charles Henri Montaland compl\u00e8te l’ensemble n\u00e9o-mauresque de la place du village avec la poste et l’\u00e9cole maternelle qu’il construit avec l’entreprise Vidal.<\/p>\n\n\n\n

La guerre dans l\u2019orbite de l\u2019urbanisme<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Apr\u00e8s la Grande Guerre, Alger se dote d\u2019un plan d’am\u00e9nagement, d’extension et d’embellissement de la ville, ainsi que la r\u00e9novation du r\u00e8glement des voiries. Cela n\u2019emp\u00eache pas l\u2019isolement de la Casbah et l\u2019accroissement des bidonvilles \u00e0 la limite de la capitale de l\u2019Alg\u00e9rie. La Seconde Guerre mondiale est vite suivie d\u2019une contestation de l\u2019injustice coloniale et de la pauvret\u00e9 qui en r\u00e9sulte pour les natifs. La reconnaissance de la commune d\u2019Alger permet \u00e0 son maire, Jacques Chevallier, de cr\u00e9er, au second semestre 1954, un bureau d’urbanisme au sein de la mairie charg\u00e9 de le conseiller dans son action municipale. Pendant que l\u2019action de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise commence \u00e0 entra\u00eener l\u2019exode des ruraux qui fuient les combats, Jacques Chevallier lance de nouvelles op\u00e9rations de logements \u00e0 caract\u00e8re social qu’il avait fait \u00e9tudier par Fernand Pouillon, un architecte m\u00e9tropolitain aux ambitions affirm\u00e9es qui n’allait pas h\u00e9siter \u00e0 concevoir ses projets, et \u00e0 r\u00e9aliser ces op\u00e9rations en utilisant la pierre d’une carri\u00e8re des environs de Marseille, que l’OPHLM fit venir par bateaux. Ces nouveaux logements ont alli\u00e9 une r\u00e9elle r\u00e9ussite architecturale et ont \u00e9t\u00e9 construits en un temps record. <\/p>\n\n\n\n

Le culte solaire para\u00eet garantir le bonheur dans ces op\u00e9rations d\u2019habitat social inspir\u00e9es comme Diar-es-Sa\u00e2da (la Cit\u00e9 du bonheur), que l’OPHLM lan\u00e7a en ao\u00fbt 1953 pour 732 logements sur un terrain de 8 hectares \u00e0 l’est de la ville. Sa s\u0153ur jumelle, Diar-el-Mah\u00e7oul (la Cit\u00e9 de la promesse tenue), que l’OPHLM lan\u00e7ait pour 1550 logements, s\u2019ach\u00e8ve en octobre 1955. La troisi\u00e8me op\u00e9ration, la plus importante du couple Pouillon-Chevallier, devait \u00eatre \u00ab Climat de France \u00bb, \u00e9tal\u00e9e sur 30 hectares pour 4500 logements, dont son agora-march\u00e9 des \u00ab deux cents colonnes \u00bb et son groupe scolaire. Ces constructions \u00e9taient destin\u00e9es au recasement des habitants de la Casbah et du quartier de La Marine. En r\u00e9alit\u00e9, elles demandaient aux m\u00e9nages de quitter le centre de la ville et de renoncer \u00e0 leur mode de vie \u00e9largi au r\u00e9seau social du quartier. L\u2019offre de logements modernes apparut rapidement insuffisante face \u00e0 l\u2019afflux d\u00e9mographique. La rencontre d\u2019un politique lib\u00e9ral et d\u2019un architecte innovateur incit\u00e8rent De gaulle lui-m\u00eame \u00e0 visiter les villes du bonheur en plein drame alg\u00e9rien, sans jamais accorder les ressources et la marge de man\u0153uvre n\u00e9cessaires aux pionniers d\u2019une nouvelle planification urbaine.<\/p>\n\n\n\n

Celle-ci, pour Samia Henni, semble articuler, comme le fit Gallieni \u00e0 Madagascar, la guerre contre le peuple et le contr\u00f4le de la ville par la r\u00e9duction des \u00eelots qui autorisent la r\u00e9sistance <\/span>9<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Ainsi, entre 1954 et 1962, les autorit\u00e9s civiles et militaires fran\u00e7aises ont profond\u00e9ment r\u00e9organis\u00e9 le territoire urbain et rural de l\u2019Alg\u00e9rie, drastiquement transform\u00e9 son environnement b\u00e2ti, construit de nouvelles infrastructures en un temps record et implant\u00e9 de mani\u00e8re strat\u00e9gique de nouveaux centres de population afin de maintenir l\u2019Alg\u00e9rie sous domination fran\u00e7aise. Sans chercher \u00e0 dresser un panorama exhaustif des 94 mois de destruction et de construction qui caract\u00e9ris\u00e8rent la guerre men\u00e9e par la France en Alg\u00e9rie, l\u2019autrice enqu\u00eate sur les pratiques coloniales de la France telles qu\u2019elles s\u2019incarnent dans des instruments juridiques, des op\u00e9rations militaires et des projets architecturaux. Ainsi, la ville africaine sous l\u2019emprise imp\u00e9riale ob\u00e9it aux impulsions d\u2019une s\u00e9rie d\u2019officiers, de technocrates, d\u2019architectes, de planificateurs et d\u2019ethnologues dans la cr\u00e9ation architecturale tout au long de cette sanglante guerre d\u2019ind\u00e9pendance.<\/p>\n\n\n\n

Ainsi, la ville africaine sous l\u2019emprise imp\u00e9riale ob\u00e9it aux impulsions d\u2019une s\u00e9rie d\u2019officiers, de technocrates, d\u2019architectes, de planificateurs et d\u2019ethnologues dans la cr\u00e9ation architecturale tout au long de cette sanglante guerre d\u2019ind\u00e9pendance.   <\/p> Olivier Vall\u00e9e <\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Architecture de la contre-r\u00e9volution<\/em> reconstitue la g\u00e9n\u00e9alogie des diff\u00e9rentes politiques du logement dans l\u2019Alg\u00e9rie en guerre, analysant les orientations et les nuances qui les caract\u00e9ris\u00e8rent, ainsi que leurs co\u00efncidences avec la succession de diff\u00e9rents gouvernements en France et de diff\u00e9rents administrateurs civils et militaires en Alg\u00e9rie entre 1954 et 1962 (Jacques Soustelle, Robert Lacoste, Raoul Salan, Paul Delouvrier et Jean Morin). Le livre aborde les initiatives d\u2019assainissement et de reconstruction des bidonvilles, men\u00e9es sous l\u2019\u00e9gide de l\u2019arm\u00e9e, qui conduisirent \u00e0 l\u2019\u00e9laboration par les techniciens coloniaux de typologies sp\u00e9cifiques (comme le logement semi-urbain, habitat horizontal de tr\u00e8s faible qualit\u00e9). Les grands ensembles du plan dit de Constantine du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle \u2014 plan quinquennal inspir\u00e9 de la planification sovi\u00e9tique \u2014 devaient ensuite \u00ab pacifier et administrer, mais en m\u00eame temps transformer \u00bb, avec pour ambition la construction de logements pour un million de personnes \u00bb <\/span>10<\/sup><\/a><\/span><\/span>. St\u00e9phane Gaessler, \u00e0 partir du livre de Samia Henni, rappelle de quelle mani\u00e8re l\u2019urbanisme d\u00e9roule la poursuite de la guerre par d\u2019autres moyens. En m\u00e9tropole fran\u00e7aise, la guerre sociale s\u2019inscrit dans l\u2019expulsion des Fran\u00e7ais des classes dangereuses vers les banlieues o\u00f9 les HLM se b\u00e2tissent comme en Alg\u00e9rie. Dans ce d\u00e9partement colonial, il est plus facile d\u2019isoler les fonctionnaires et les \u00e9lites blanches du terrorisme du FLN d\u2019une part, et d\u2019autre part d\u2019enfermer les Alg\u00e9riens dans des camps de regroupement. <\/p>\n\n\n\n

Machines \u00e0 habiter et sensorialit\u00e9 de la Casbah<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

La discrimination spatiale et la peur de la contamination caract\u00e9risent le dessin des villes coloniales, o\u00f9 \u00ab l\u2019autre \u00bb indig\u00e8ne est d\u2019embl\u00e9e inqui\u00e9tant. L\u2019ambition d\u2019un style moderne mais puis\u00e9 au sein d\u2019un vocabulaire vernaculaire se heurte vite aux contraintes du temps et de la transformation, sans mesure des modes de vie. L\u2019assimilation des \u00e9volu\u00e9s passait par des exp\u00e9riences-mod\u00e8les qui ne peuvent \u00e9chapper au sch\u00e9ma des villages Potemkine. Pouillon, dans une veine n\u00e9o-classique <\/span>11<\/sup><\/a><\/span><\/span> et Prouv\u00e9 <\/span>12<\/sup><\/a><\/span><\/span>, pour sa part, marqu\u00e9 par des machines \u00e0 habiter m\u00e9talliques exportables comme les ponts d’Eiffel, se d\u00e9marquent de la dimension holistique et autoritaire du plan de Constantine du g\u00e9n\u00e9ral De Gaulle. Mais Le Corbusier, critiqu\u00e9 comme un architecte totalitaire, a pourtant t\u00e9moign\u00e9 d\u2019une mani\u00e8re radicale de la le\u00e7on d’architecture que lui avait fourni la m\u00e9dina. Apr\u00e8s avoir admirablement d\u00e9crit cette Casbah comme d\u00e9tenant \u00ab le secret des dimensions humaines \u00bb, il conclut : \u00ab Tout est encore debout dans la Casbah d’Alger engorg\u00e9e ; tous les \u00e9l\u00e9ments d’une architecture infiniment sensible aux besoins et aux go\u00fbts de l’homme. La ville europ\u00e9enne peut tirer un enseignement d\u00e9cisif, non qu’il s’agisse d’\u00e2nonner un glossaire d’ornements arabes, mais bien de discerner l’essence m\u00eame d’une architecture et d’un urbanisme alternatifs. D’autres probl\u00e8mes sont alors pos\u00e9s, se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 des coutumes diff\u00e9rentes et devant satisfaire \u00e0 d’autres besoins. Une base fondamentale est commune : le soleil d’Afrique \u00bb <\/span>13<\/sup><\/a><\/span><\/span>. On peut \u00e9mettre des r\u00e9serves quant \u00e0 l\u2019h\u00e9liocentrisme de Le Corbusier, tout en reconnaissant qu\u2019il manifeste une farouche compr\u00e9hension de la grande culture urbaine de l\u2019Orient \u00e0 nos portes, mais d\u00e9valu\u00e9e. Celui qui fut d\u00e9cri\u00e9 pour la proposition de \u00ab commune verticale \u00bb a reconnu, du Br\u00e9sil \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie, avant beaucoup, que \u00ab L\u2019urbanisme est une clef \u00bb.<\/p>\n\n\n\n

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Couverture du livre Architecture du bonheur. L’Urbanisme est une clef<\/em> paru en 1955.<\/figcaption>\n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n

Le r\u00e9cit invers\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

L\u2019Afrique accueille et r\u00e9v\u00e8le le rythme acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 de la s\u00e9dimentation de la ville. Son ossature primitive, emprunt\u00e9e et d\u00e9valu\u00e9e, inspiratrice et refoul\u00e9e, se dissout. De m\u00eame, les mod\u00e8les modernistes, import\u00e9s \u00e0 la fois comme exp\u00e9riences et comme transferts, finissent par se fondre dans la d\u00e9composition mat\u00e9rielle, dans la prol\u00e9tarisation spirituelle et dans la revanche des masses, \u00e0 l\u2019instar de l\u2019effet Beaubourg de Jean Baudrillard <\/span>14<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Ainsi va l\u2019immeuble rouge con\u00e7u \u00e0 Brazzaville en 1952 par H\u00e9brard, Lefebvre, Letu et Bienvenu, disciples de Le Corbusier, sur le mod\u00e8le de la Cit\u00e9 radieuse de Marseille. \u00ab Brise-soleil d\u00e9glingu\u00e9s, arbres poussant \u00e0 m\u00eame la fa\u00e7ade, terrasse servant de potager \u00e0 manioc, pataugeoires transform\u00e9es en poubelles, chemin\u00e9es d\u2019a\u00e9ration obstru\u00e9es par des nids d\u2019abeilles, \u00e9gouts \u00e0 ciel ouvert, l\u2019immeuble n\u2019a gard\u00e9 de sa splendeur d\u2019antan que le beau rouge du gr\u00e8s que l\u2019on extrait pr\u00e8s du Djou\u00e9, proche affluent du fleuve Congo. Construit pour le personnel europ\u00e9en local d\u2019Air France \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 Brazzaville \u00e9tait la capitale de l\u2019Afrique-\u00c9quatoriale fran\u00e7aise (AEF) et servait d\u2019escale aux vols long-courriers entre Paris et l\u2019Afrique du Sud, nationalis\u00e9, occup\u00e9 par des militaires durant la guerre, l\u2019immeuble rouge entour\u00e9 de manguiers et de bananiers demeure un exemple exceptionnel d\u2019architecture pens\u00e9e pour un milieu tropical \u00bb <\/span>15<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Cet immeuble n\u2019\u00e9tait bien entendu pas inclusif dans les Brazzavilles noires de la colonisation, \u00e9tranger aux cit\u00e9s quartiers et maisons de poto-poto, \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la d\u00e9brouillardise et de l\u2019esth\u00e9tique intangible de la SAPE. Le mobilier \u00e9tait sign\u00e9 de grands noms du design : Jean Prouv\u00e9 et Charlotte Perriand. La table de salle \u00e0 manger \u00ab Tropique 506 \u00bb r\u00e9alis\u00e9e en 1952 par Jean Prouv\u00e9 pour l\u2019unit\u00e9 d\u2019habitation Air France est vendue chez Christie\u2019s Paris, le 21 novembre 2012, pour la somme de 217 000 euros. Foin du bonheur et du syst\u00e8me des objets, l\u2019an 2000 et l\u2019espace Schengen (nom qu\u2019affectionnent les cyber caf\u00e9 de Brazzaville) sont les nouvelles ic\u00f4nes urbaines du Congo.<\/p>\n\n\n\n

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\u00a9S\u00e9bastien Godret.<\/figcaption>\n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n

Dans les m\u00e9galopoles africaines, les chefs-d\u2019\u0153uvre consacr\u00e9s de l\u2019architecture import\u00e9e se retrouvent phagocyt\u00e9s par la cr\u00e9ativit\u00e9 comme entreprise et critique du quotidien, anonyme, vernaculaire, informelle, pauvre mais vitaliste qui, elle aussi, fait partie int\u00e9grante du paysage urbain. L\u2019aberration des villas somptuaires des nouveaux riches de Bamako ou de Niamey illustre la d\u00e9faillance de l\u2019\u00c9tat \u00e0 poursuivre l\u2019exploitation du domaine public, h\u00e9rit\u00e9 du ma\u00eetre fran\u00e7ais des concessions, terme pass\u00e9 dans la langue et qui se substitue \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9. M\u00eame l\u2019apartheid qui s\u00e9pare les peaux, les corps et les c\u0153urs finit par se fissurer \u00e0 Johannesburg. L\u2019exemple type en est le \u00ab Hillbrow vernacular \u00bb, avec la ligne moderniste des appartements, parfois r\u00e9ussis, souvent banals, du quartier Hillbrow, qui avait d\u00e9j\u00e0 frapp\u00e9 Nicolas Pevsner lors de son passage en 1952. Aujourd\u2019hui, ce quartier est devenu un bidonville dans le centre-ville avec des immeubles, pour la plupart d\u00e9labr\u00e9s, occup\u00e9s par une population africaine h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. Chipkin d\u00e9crit ce ph\u00e9nom\u00e8ne comme caract\u00e9ristique des villes dont le centre-ville commercial original s\u2019est vid\u00e9 au profit de l\u2019\u00e9mergence d\u2019espaces r\u00e9sidentiels et d\u2019enclaves commerciales s\u00e9curis\u00e9s, situ\u00e9s en p\u00e9riph\u00e9rie <\/span>16<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

Dans les m\u00e9galopoles africaines, les chefs-d\u2019\u0153uvre consacr\u00e9s de l\u2019architecture import\u00e9e se retrouvent phagocyt\u00e9s par la cr\u00e9ativit\u00e9 comme entreprise et critique du quotidien, anonyme, vernaculaire, informelle, pauvre mais vitaliste qui, elle aussi, fait partie int\u00e9grante du paysage urbain. <\/p> Olivier Vall\u00e9e <\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Dynamiques subordonn\u00e9es de l\u2019urbain indig\u00e8ne<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Une grande partie de la production architecturale du XXe si\u00e8cle en Afrique a vu le jour pendant le colonialisme, sans qu\u2019il ne parvienne cependant \u00e0 laminer le style du pouvoir des puissances locales. C\u2019est ce que montre Dominique Malaquais au Cameroun  : \u00ab l\u2019auteur propose une relecture originale des dynamiques locales en phase avec les courants mondialis\u00e9s de la d\u00e9colonisation et de la guerre froide : des \u00e9lites crisp\u00e9es sur leurs privil\u00e8ges, hostiles aux missions chr\u00e9tiennes et \u00e0 l\u2019espace alternatif ouvert par les b\u00e2timents de la ville et de la mission. Un colonisateur qui m\u00e9nage les uns et les autres, et se m\u00e9fie des rares rois modernisateurs. Des cadets et des femmes qui voient s\u2019ouvrir les portes de la ville et de la mission mais qui continuent d\u2019y fonctionner selon des registres de subjectivation acquis \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du royaume. Une puissance coloniale aveugl\u00e9e par son ignorance des dynamiques locales et son d\u00e9chiffrement simpliste de la r\u00e9volte de l\u2019Union des Populations du Cameroun \u00bb <\/span>17<\/sup><\/a><\/span><\/span>. <\/p>\n\n\n\n

D\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, plusieurs auteurs ont avanc\u00e9 la th\u00e8se \u2014 largement accept\u00e9e aujourd\u2019hui \u2014 que le contexte colonial g\u00e9n\u00e9rait la condition id\u00e9ale d\u2019une exp\u00e9rimentation architecturale et urbanistique. Le cas du Maroc dans les ann\u00e9es 1910 et 1920, quand Henri Prost concevait, en \u00e9troite collaboration avec le Mar\u00e9chal Lyautey <\/span>18<\/sup><\/a><\/span><\/span>, les villes de Casablanca et Rabat en s\u2019inspirant d\u2019id\u00e9es th\u00e9oriques novatrices qui eurent ensuite un impact consid\u00e9rable sur la pratique des urbanistes en France, est ainsi bien connu. Dans son analyse, Avermaete d\u00e9montre comment des concepts et des techniques d\u2019infrastructure, mis en \u0153uvre au Maroc et en Alg\u00e9rie dans les ann\u00e9es 1950, ont servi ensuite pour le d\u00e9veloppement des r\u00e9gions p\u00e9riph\u00e9riques en France <\/span>19<\/sup><\/a><\/span><\/span>. L\u2019\u00e9volution de l\u2019urbanisme en France dans les ann\u00e9es 1960, quittant l\u2019art urbain pour une pratique plus multidisciplinaire, ajoute-t-il, trouve son origine dans les exp\u00e9riences nord-africaines. Mais l\u2019espace africain francophone \u2014 \u00e0 l\u2019exception du plateau d\u2019Abidjan \u2014 se caract\u00e9rise par l\u2019absence du \u00ab manhattanisme \u00bb original des colonies de peuplement anglo-saxonnes comme le Zimbabwe. \u00c0 Johannesburg, ville coloniale capitaliste, le boom de l\u2019or en 1965-1977 produisit plus de soixante immeubles-tours dans le centre-ville, effa\u00e7ant ainsi une grande partie des \u00ab gratte-ciels \u00bb embl\u00e9matiques des ann\u00e9es 1930 <\/span>20<\/sup><\/a><\/span><\/span>. En C\u00f4te d\u2019Ivoire, hommes politiques et \u00e9quipements urbains fournissent monumentalit\u00e9 et itin\u00e9raires  : l\u2019\u00e9changeur du boulevard Val\u00e9ry Giscard d\u2019Estaing est pr\u00e9sent\u00e9 comme un ouvrage essentiel, v\u00e9ritable rampe d\u2019acc\u00e8s au pont Henri Konan B\u00e9di\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

Une afro-urbanit\u00e9<\/strong> ?<\/h2>\n\n\n\n

Est-ce que la s\u00e9gr\u00e9gation, la r\u00e9sistance, la migration, le surcodage de l\u2019\u00e9nergie sociale dans les cit\u00e9s africaines auraient suscit\u00e9 un style noir du cosmopolitisme comme urbanisme unitaire, cher au Potlatch situationniste <\/span>21<\/sup><\/a><\/span><\/span> : un afropolitanisme  ? \u00ab Afropolitanism, as Achille Mbembe defines it here, is an \u00ab aesthetic and a particular poetics of the world \u00bb practiced by a growing population of increasingly mobile and worldly Africans \u00bb <\/span>22<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Ce que dessine ainsi Achille Mbembe ressemble \u00e0 un \u00ab Tout monde \u00bb \u00e0 la Glissant o\u00f9, \u00e0 travers le continent, l\u2019\u00e9nergie cr\u00e9atrice du monde urbain ouvre \u00e0 la \u00ab Multitude \u00bb <\/span>23<\/sup><\/a><\/span><\/span>. <\/p>\n\n\n\n

\u00c0 la diff\u00e9rence du \u00ab peuple \u00bb, des \u00ab masses \u00bb, et de la \u00ab classe ouvri\u00e8re \u00bb, la multitude ne d\u00e9signe pas une nouvelle subjectivit\u00e9 politique : elle forme un r\u00e9seau qui traverse les nations et les continents, et permet de travailler et de vivre en commun ainsi que de pr\u00e9server nos diff\u00e9rences. Cette dilatation de la cit\u00e9 africaine embraye des exp\u00e9riences et des r\u00e9f\u00e9rences artistiques et imaginaires transcontinentales : \u00ab it is a passage that can open out onto a more continent-wide multiplicity of attempts to shift experiences and visions in imagining cities amid globalization, from Johannesburg detective stories to Nollywood videos from Lagos, from diasporic narrations of Nigeria to Senegalese nostalgia for home<\/em>\u00ab  <\/span>24<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Sur un mode plus urbanistique, les villes africaines, sont devenues, diff\u00e9remment mais au m\u00eame titre que les \u00ab villes mondiales \u00bb d\u00e9crites par ailleurs, les prototypes du concept r\u00e9cent de \u00ab m\u00e9tropolisation \u00bb, qui d\u00e9crit le processus de l\u2019\u00e9talement urbain englobant d\u00e9sormais, dans une seule entit\u00e9, ville, fronti\u00e8res, banlieues et p\u00e9riph\u00e9ries, parall\u00e8lement \u00e0 l\u2019instauration d\u2019un march\u00e9 du travail sur la m\u00eame \u00e9chelle <\/span>25<\/sup><\/a><\/span><\/span>. On parle d\u00e9sormais d\u2019aire urbaine, de r\u00e9gion urbaine sans encore ma\u00eetriser que Bangui regarde plus vers Kinshasa que Paris, et qu\u2019Abidjan se tourne vers Le Cap. Ces ph\u00e9nom\u00e8nes sont r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 une frange d\u00e9territorialis\u00e9e de la citadinit\u00e9. Ainsi qu\u2019\u00e0 Nairobi, le groupe de managers et de cr\u00e9ateurs rassembl\u00e9s autour de \u00ab The Nest \u00bb  : \u00ab On vit ici, c\u2019est chez nous. On est nairobien parce qu\u2019on est cosmopolite et d\u2019une certaine fa\u00e7on capitaliste. Notre expression n\u2019est pas traditionnelle, alors que le reste du pays est tr\u00e8s ancr\u00e9 dans le langage, la tradition. \u00ab The Nest \u00bb se fait ainsi le d\u00e9fenseur d\u2019une identit\u00e9 citadine assum\u00e9e qui sert de fil directeur \u00e0 l\u2019organisation du lieu et de ses activit\u00e9s \u00bb <\/span>26<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

Sur un mode plus urbanistique, les villes africaines, sont devenues, diff\u00e9remment mais au m\u00eame titre que les \u00ab villes mondiales \u00bb d\u00e9crites par ailleurs, les prototypes du concept r\u00e9cent de \u00ab m\u00e9tropolisation \u00bb, qui d\u00e9crit le processus de l\u2019\u00e9talement urbain englobant d\u00e9sormais, dans une seule entit\u00e9, ville, fronti\u00e8res, banlieues et p\u00e9riph\u00e9ries, parall\u00e8lement \u00e0 l\u2019instauration d\u2019un march\u00e9 du travail sur la m\u00eame \u00e9chelle.<\/p> Olivier Vall\u00e9e <\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Dignit\u00e9 et lignes de front<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Cela ne veut pas dire qu\u2019il y a un postcolonialisme qui aurait le m\u00eame go\u00fbt et la m\u00eame signification que l\u2019ancien colonialisme. Il ne s\u2019agit pas de mimer les \u00e9lites occidentales, et la recherche urbaine africaine est parvenue \u00e0 se s\u00e9parer de la vision occidentale. Comme dit Multitude : \u00ab Parler de postcolonialisme aujourd\u2019hui, c\u2019est parler d\u2019une situation qui est profond\u00e9ment transform\u00e9e, dans laquelle une partie des anciens pays coloniaux participent de l\u2019empire, et d\u2019autres en sont exclus ou au moins jouent un r\u00f4le dans cette nouvelle division internationale du travail qui comprend normalement au centre de l\u2019empire m\u00eame les \u00e9lites des pays plus excentr\u00e9s \u00bb. Cet ajustement mat\u00e9rialiste dans l\u2019Empire du monde cohabite assez bien avec l\u2019enthousiasme du \u00ab starchitect \u00bb Rem Koolhaas qui, c\u00e9l\u00e9brant la ligne de front de la modernit\u00e9 globale \u00e0 travers la ville de Lagos, n\u2019est pas exempt de romantisme, voire d\u2019une vision culturaliste de la cr\u00e9ativit\u00e9 de l\u2019Africain. <\/p>\n\n\n\n

\n \n \r\n \r\n \r\n \r\n \r\n \r\n \r\n <\/picture>\r\n \n
\u00a9Sammy Baloji.<\/figcaption>\n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n

La robustesse de ce d\u00e9centrement peut \u00eatre jug\u00e9e d\u00e9politis\u00e9e par les nostalgiques occidentaux qui veulent transvaser \u00e0 l\u2019Afrique leur d\u00e9mission, en responsabilisant les intellectuels africains dont la mission historique resterait l\u2019extinction de la pauvret\u00e9. Il nous appara\u00eet que la vision tropicaliste d\u2019une fusion entre les langages architecturaux du march\u00e9 des styles m\u00e8ne \u00e0 une impasse en mati\u00e8re de r\u00e9flexion sur la ville et ses b\u00e9ances. Le geste de la construction et l\u2019africanisation du building sont la derni\u00e8re contre-attaque de l\u2019empire colonial. Ainsi s\u2019exprime le modernisme tropical, en 2016, dans sa description de la construction d\u2019un th\u00e9\u00e2tre au Congo belge. \u00ab Le th\u00e9\u00e2tre de Lubumbashi est l\u2019illustration parfaite d\u2019une \u00ab africanisation \u00bb de l\u2019architecture moderniste au Congo Belge. L\u00e0 o\u00f9 Costa avait r\u00e9ussi \u00e0 \u00ab tropicaliser \u00bb l\u2019architecture moderne pour donner naissance au modernisme br\u00e9silien, Laurens a trouv\u00e9 les moyens d\u2019appliquer cette mani\u00e8re de construire au Congo belge. Le groupe Yenga a, semble-t-il, permis de franchir un pas de plus vers la naissance d\u2019une r\u00e9elle architecture moderne africaine \u00bb <\/span>27<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Au commencement \u00e9tait une ville de trous, et en restant dans ce Congo belge devenu la RDC, la notion de vide s\u2019av\u00e8re le concept organisateur des contours de la ligne de fuite qu\u2019assume la modernit\u00e9 spatiale africaine. L\u2019horizon de Kinshasa, la g\u00e9ante au bord du roi-fleuve, le Congo, ne r\u00e9side pas dans les f\u00e9tiches d\u2019un tropicalisme d\u00e9suet. C\u2019est la profondeur de la disparition qui inscrit les limites auxquelles est confront\u00e9 le d\u00e9centrement de la m\u00e9galopole noire et chaotique. Le cr\u00e9ateur Sammy Baloji et le chercheur Filip de Boeck extraient du th\u00e9\u00e2tre cruel de Sony Labou Tansi la question du trou. Cette notion contient un paradoxe que ce dernier explicite dans le prologue de la pi\u00e8ce Le Trou : \u00ab Mais voici le \u00ab trou \u00bb : pour ne pas y tomber, il faut y aller. Le trou de la vie. Le trou des autres. Le trou du monde. Le trou des esp\u00e9rances. Le trou de la r\u00e9alit\u00e9 \u2014 et celui des r\u00eaves. Le trou des religions et celui que fait en vous votre propre viande \u00bb <\/span>28<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

La robustesse de ce d\u00e9centrement peut \u00eatre jug\u00e9e d\u00e9politis\u00e9e par les nostalgiques occidentaux qui veulent transvaser \u00e0 l\u2019Afrique leur d\u00e9mission, en responsabilisant les intellectuels africains dont la mission historique resterait l\u2019extinction de la pauvret\u00e9. <\/p> Olivier Vall\u00e9e <\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

L\u2019anthropologue De Boeck et Baloji abordent Kinshasa comme un trou noir de l\u2019hyperespace, rep\u00e9r\u00e9 \u00e0 travers \u00ab Positing the Polis : Topography as a Way to De-centre Urban Thinking \u00bb. La Babel \u00e0 la tour \u00e9chafaudage (voir photo ci-dessus) g\u00e9n\u00e8re le topos du trou \u00e0 partir duquel \u00e9difier une \u00e9pist\u00e9mologie de la rupture, en contraste avec la perception ordinaire de l\u2019habiter citadin. Heidegger a subverti l\u2019habitation par l\u2019habiter : \u00ab L\u2019espace n\u2019existe pas en tant que tel \u2014 g\u00e9ographiquement si vous voulez \u2014, il advient. Comment ? Par le m\u00e9nagement des lieux. Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une action existentielle, d\u2019un \u00ab pour ceci ou cela, c\u2019est dire \u00ab habiter \u00bb ne d\u00e9pend pas seulement de l\u2019habitabilit\u00e9 d\u2019un logement ou de la qualit\u00e9 architecturale d\u2019un b\u00e2timent. Ce sont certainement des conditions favorables mais l\u2019essentiel est ailleurs. Cet ailleurs consiste \u00e0 vivre au plus pr\u00e8s de soi avec et parmi les choses et les humains \u00bb. La ville africaine, dans son d\u00e9centrement moderne, renvoie \u00e0 la corrosion de toutes formes, \u00e0 la fuite de la notion de ville dans Kinshasa, forme et site instable d\u2019une existence impr\u00e9visible. Un \u00e9crivain sugg\u00e9rait la possibilit\u00e9 d\u2019une \u00eele ; Baloji et de Boeck, pour leur part, explorent l\u2019impossibilit\u00e9 moderne de la ville comme style de leur \u00ab psychog\u00e9ographie \u00bb <\/span>29<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"

De Madagascar \u00e0 Nairobi en passant par Alger et Lagos, les grandes m\u00e9tropoles africaines sont toutes devenues des prototypes du concept r\u00e9cent de \u00ab  m\u00e9tropolisation  \u00bb. Olivier Vall\u00e9e signe le deuxi\u00e8me article de notre s\u00e9rie d’\u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e au modernisme, dans lequel il dresse un tableau de l’architecture urbaine africaine non pas comme une tentative d’imitation de l’Occident, mais bien comme l’affirmation d’une recherche africaine r\u00e9solument unique.<\/p>\n","protected":false},"author":1623,"featured_media":116187,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-studies.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"footnotes":""},"categories":[2988],"tags":[],"geo":[522],"class_list":["post-116133","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-audit-mondes-nouveaux","staff-olivier-vallee","geo-afriques-subsahariennes"],"acf":[],"yoast_head":"\nAfripolis, une ville pleine de trous | Le Grand Continent<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2021\/08\/11\/afripolis-une-ville-pleine-de-trous\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Afripolis, une ville pleine de trous | Le Grand Continent\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"De Madagascar \u00e0 Nairobi en passant par Alger et Lagos, les grandes m\u00e9tropoles africaines sont toutes devenues des prototypes du concept r\u00e9cent de \u00ab m\u00e9tropolisation \u00bb. 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