{"id":114734,"date":"2021-07-26T16:45:53","date_gmt":"2021-07-26T14:45:53","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=114734"},"modified":"2021-07-26T16:46:03","modified_gmt":"2021-07-26T14:46:03","slug":"leurope-doit-repenser-sa-politique-technologique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2021\/07\/26\/leurope-doit-repenser-sa-politique-technologique\/","title":{"rendered":"L’Europe doit repenser sa politique technologique"},"content":{"rendered":"\n
L’Union europ\u00e9enne est tr\u00e8s active. Elle vient de d\u00e9voiler le premier r\u00e8glement sur l’Intelligence artificielle au monde, un projet qui a suscit\u00e9 beaucoup d’attention \u00e0 travers le continent et \u00e0 l’\u00e9tranger. Le DSA (Digital Services Act), le DMA (Digital Markets Act), la strat\u00e9gie pour une D\u00e9cennie num\u00e9rique et d\u2019autres initiatives encore s\u2019ajoutent \u00e0 ce dispositif. Il est clair que l’Union tente d’\u00e9tendre son r\u00f4le autoproclam\u00e9 de \u00ab superpuissance r\u00e9glementaire \u00bb. <\/p>\n\n\n\n
Mais malgr\u00e9 les efforts de Bruxelles, l’Europe ne semble pas avoir pris pleinement conscience de la dimension g\u00e9opolitique de la technologie. En particulier, pour les \u00c9tats membres \u2014 \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s \u2014 la g\u00e9opolitique des technologies n\u2019est pas une source d’inqui\u00e9tude. Or cela doit changer si l’Europe ne veut pas courir le risque de perdre son influence et de devenir le jouet d’autres acteurs.<\/p>\n\n\n\n
Les nouvelles technologies n’ont pas seulement influenc\u00e9 les \u00e9conomies et les soci\u00e9t\u00e9s, elles ont \u00e9galement marqu\u00e9 les relations internationales et r\u00e9organis\u00e9 les rapports de force entre les \u00c9tats. De plus, en les fa\u00e7onnant, ceux qui les fabriquent y int\u00e8grent leurs valeurs et leurs normes. <\/p>\n\n\n\n
Pourtant, Bruxelles et la plupart des \u00c9tats membres continuent de se concentrer principalement sur l’impact \u00e9conomique et social des technologies. On trouve dans le cas de l\u2019intelligence artificielle un exemple parlant : \u00e0 ce jour, 21 des 27 \u00c9tats membres ont publi\u00e9 des strat\u00e9gies nationales en mati\u00e8re d’intelligence artificielle. Ces documents identifient les questions prioritaires et \u00e9laborent des recommandations politiques. Cependant, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s \u2014 comme la France \u2014 les \u00c9tats n’abordent pas la question de savoir comment le d\u00e9veloppement et l’utilisation de l’IA pourraient affecter l’\u00e9quilibre international des pouvoirs, ou quel r\u00f4le l’IA pourrait jouer dans le domaine de la d\u00e9fense. Ils se concentrent plut\u00f4t sur les d\u00e9fis \u00e9conomiques et soci\u00e9taux. <\/p>\n\n\n\n
Une remise en question est n\u00e9cessaire. Les pays europ\u00e9ens et leurs partenaires courent le risque de devenir des pions dans la comp\u00e9tition technologique des grandes puissances, qui tentent de les forcer \u00e0 rejoindre leur bloc. L’Europe court le risque de devenir tellement d\u00e9pendante d’autres acteurs pour les technologies cl\u00e9s, qu’elle ne serait plus en mesure d’influencer les normes d’une mani\u00e8re qui refl\u00e8te ses valeurs, en s\u2019exposant \u00e0 une influence \u00e9trang\u00e8re directe.<\/p>\n\n\n\n L’Europe court le risque de devenir tellement d\u00e9pendante d’autres acteurs pour les technologies cl\u00e9s, qu’elle ne serait plus en mesure d’influencer les normes d’une mani\u00e8re qui refl\u00e8te ses valeurs, en s\u2019exposant \u00e0 une influence \u00e9trang\u00e8re directe.<\/p>Ulrike Franke<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n