{"id":114328,"date":"2021-07-21T14:45:08","date_gmt":"2021-07-21T12:45:08","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=114328"},"modified":"2022-04-22T00:10:50","modified_gmt":"2022-04-21T22:10:50","slug":"apres-la-pandemie-le-neo-etatisme-remplace-le-neoliberalisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2021\/07\/21\/apres-la-pandemie-le-neo-etatisme-remplace-le-neoliberalisme\/","title":{"rendered":"Apr\u00e8s la pand\u00e9mie, le n\u00e9o-\u00e9tatisme remplace le n\u00e9olib\u00e9ralisme"},"content":{"rendered":"\n

Comme de nombreux autres ph\u00e9nom\u00e8nes humains et naturels, la politique \u00e9volue par vagues. En \u00e9conomie, on parle depuis un si\u00e8cle maintenant de ce mod\u00e8le ondulatoire du cycle \u00e9conomique, tel que th\u00e9oris\u00e9 dans les \u00ab vagues K \u00bb de 40-50 ans dont parlait l’\u00e9conomiste Nikola\u00ef Kondratiev. Les cycles id\u00e9ologiques semblent avoir un sch\u00e9ma similaire. Des p\u00e9riodes historiques d’environ un demi-si\u00e8cle associ\u00e9es \u00e0 un certain consensus id\u00e9ologique se sont succ\u00e9d\u00e9es dans l’histoire moderne, \u00e0 commencer par la R\u00e9volution fran\u00e7aise. Ces p\u00e9riodes commencent g\u00e9n\u00e9ralement par une pars destruens <\/em>qui \u00e9branle les hypoth\u00e8ses de l’\u00e8re id\u00e9ologique pr\u00e9c\u00e9dente, atteignent un point d’h\u00e9g\u00e9monie maximale, puis s’accommodent progressivement de leurs propres contradictions, ouvrant ainsi la voie \u00e0 un nouveau cycle. <\/p>\n\n\n\n

On en trouve de nombreux exemples historiques. \u00c0 l’\u00e8re lib\u00e9rale de la fin du XIXe et du d\u00e9but du XXe si\u00e8cle a succ\u00e9d\u00e9 l’\u00e8re sociale-d\u00e9mocrate de l’apr\u00e8s-guerre. Et enfin, \u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es 1970 et du d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, l’\u00e8re n\u00e9olib\u00e9rale, marqu\u00e9e par le triomphe de l’id\u00e9ologie du libre march\u00e9 sur les cendres du socialisme r\u00e9el. Le n\u00e9olib\u00e9ralisme a marqu\u00e9 l’\u00e8re de la mondialisation et est devenu la pens\u00e9e unique, largement accept\u00e9e par le centre-gauche et le centre-droit. Aujourd’hui toutefois, cette \u00e8re id\u00e9ologique semble elle aussi toucher \u00e0 sa fin.<\/p>\n\n\n\n

Le n\u00e9olib\u00e9ralisme a marqu\u00e9 l’\u00e8re de la mondialisation et est devenu la pens\u00e9e unique, largement accept\u00e9e par le centre-gauche et le centre-droit. Mais aujourd’hui, m\u00eame cette \u00e8re id\u00e9ologique semble toucher \u00e0 sa fin.  <\/p>Paolo Gerbaudo<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Comme l’ont fait valoir des \u00e9conomistes tels que Joseph Stiglitz <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span> et Thomas Piketty<\/a>, le n\u00e9olib\u00e9ralisme \u00e9tait en fait d\u00e9j\u00e0 en train de s’effondrer<\/a> apr\u00e8s la crise de 2008 ; le mythe du march\u00e9 libre s’est bris\u00e9 le jour o\u00f9 l’\u00c9tat am\u00e9ricain est intervenu pour sauver le secteur financier de la faillite, battant en br\u00e8che l’id\u00e9e d’un \u00ab march\u00e9 autor\u00e9gulateur. \u00bb Ce qui \u00e9tait \u00e0 l’origine pr\u00e9sent\u00e9 comme une vision de prosp\u00e9rit\u00e9 et d’innovation est de plus en plus consid\u00e9r\u00e9 comme une id\u00e9ologie punitive \u2013 voire carr\u00e9ment sadique \u2013 qui, loin de pr\u00f4ner la croissance, a conduit \u00e0 une p\u00e9riode de stagnation \u00e9conomique sans pr\u00e9c\u00e9dent depuis le d\u00e9but de l’\u00e8re industrielle.<\/p>\n\n\n\n

Les ann\u00e9es 2010, marqu\u00e9es par des soul\u00e8vements populistes, des mouvements de protestation, de nouveaux leaders des partis de gauche, et \u2013 \u00e0 partir du milieu de la d\u00e9cennie \u2013 \u00e9galement par une nouvelle droite x\u00e9nophobe, ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00e0 quel point le m\u00e9contentement \u00e0 l’\u00e9gard de l’ordre dominant<\/a> \u00e9tait g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9. La pand\u00e9mie de coronavirus semble avoir port\u00e9 le coup fatal. Les effets d\u00e9l\u00e9t\u00e8res des coupes dans les syst\u00e8mes de sant\u00e9 pendant la Grande R\u00e9cession et l’incapacit\u00e9 du march\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre efficacement \u00e0 la demande de biens m\u00e9dicaux d’urgence (masques, ventilateurs, puis vaccins) ont sap\u00e9 la confiance investie dans le n\u00e9olib\u00e9ralisme. <\/p>\n\n\n\n

Cependant, on n’assiste pas tant \u00e0 la fin d’une \u00e8re id\u00e9ologique qu’au d\u00e9but d’une nouvelle. Un nouveau cadre \u00e9merge progressivement de cette situation d\u2019urgence : l’ennemi jur\u00e9 du n\u00e9olib\u00e9ralisme, l’\u00c9tat interventionniste. Celui-ci r\u00e9appara\u00eet dans une p\u00e9riode marqu\u00e9e par des plans d’investissement public massifs, des d\u00e9penses d\u00e9ficitaires, des programmes de vaccination de masse et une planification climatique. Si, jusqu’\u00e0 r\u00e9cemment, le discours politique tournait autour de la question \u00ab que va faire le march\u00e9 ? \u00bb et que les hommes politiques se pr\u00e9sentaient comme les gestionnaires nationaux d’in\u00e9vitables tendances \u00e9conomiques, aujourd’hui le dilemme est plut\u00f4t \u00ab que doit faire l’\u00c9tat ? \u00bb.<\/p>\n\n\n\n

Cependant, ce n’est pas seulement la fin d’une \u00e8re id\u00e9ologique, mais aussi le d\u00e9but d’une nouvelle. Un nouveau cadre \u00e9merge progressivement de cette situation d\u2019urgence : l’ennemi jur\u00e9 du n\u00e9olib\u00e9ralisme, l’\u00c9tat interventionniste. <\/p>Paolo Gerbaudo<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Un n\u00e9o-\u00e9tatisme, ou n\u00e9o-interventionnisme, remplace le n\u00e9olib\u00e9ralisme comme cadre bipartisan, au sein duquel le nouveau centre-gauche de Biden et le centre-droit de Johnson proposent des solutions diff\u00e9rentes. Contrairement aux attentes d’une grande partie de la gauche \u2013 qui en est venue, \u00e0 tort, \u00e0 assimiler l’\u00e9tatisme au socialisme tout court \u2013 cela ne signifie pas que nous nous dirigeons n\u00e9cessairement vers un avenir plus progressiste et \u00e9galitaire. Comme je l’affirme dans mon nouveau livre The Great Recoil<\/em>, ce qui a chang\u00e9, c’est l’horizon politique g\u00e9n\u00e9ral, le champ de bataille sur lequel les nouvelles positions id\u00e9ologiques \u00ab partisanes \u00bb de gauche et de droite luttent pour d\u00e9finir le monde post-pand\u00e9mique <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

Peur du trumpisme, peur de la Chine<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

La manifestation la plus \u00e9vidente de ce changement de paradigme vient des \u00c9tats-Unis, le pays m\u00eame qui, avec l’\u00e9cole d’\u00e9conomistes de l’Universit\u00e9 de Chicago et des groupes de r\u00e9flexion tels que l’American Enterprise Institute<\/em>, la Heritage Foundation<\/em> et le Project for the New American Century<\/em>, a le plus contribu\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper puis \u00e0 exporter la doctrine n\u00e9olib\u00e9rale. \u00c0 la surprise de beaucoup \u2013 \u00e0 commencer par les socialistes qui avaient soutenu Bernie Sanders lors des primaires \u2013 une fois Joe Biden \u00e9lu pr\u00e9sident, celui-ci a pris un virage radical en mati\u00e8re de politique \u00e9conomique. Le nouveau pr\u00e9sident a mis en place des plans de relance consid\u00e9rables pour un total de 6 000 milliards de dollars. Il est vrai que nombre de ces plans sont encore dans la balance en raison de la faible marge de man\u0153uvre des d\u00e9mocrates au S\u00e9nat et de la r\u00e9sistance de plusieurs centristes, et qu’ils risquent de finir fortement \u00e9dulcor\u00e9s. Il s’agit toutefois toujours du plus grand plan de d\u00e9penses et d’investissements publics de l’histoire des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n

Ce qui est surprenant, outre l’ampleur de ces plans, c’est la nouvelle logique qui les sous-tend. Joe Biden n’a manqu\u00e9 aucune occasion pour d\u00e9molir les pierres angulaires de l’id\u00e9ologie du march\u00e9, par exemple lorsqu’il a d\u00e9clar\u00e9, dans son premier discours devant une session conjointe du Congr\u00e8s le 29 avril 2021, que l’\u00e9conomie de ruissellement (trickle-down economics<\/em>) n’avait jamais fonctionn\u00e9. Dans le m\u00eame discours, Biden a revendiqu\u00e9 un r\u00f4le de premier plan pour l’\u00c9tat dans la nouvelle \u00e9conomie. \u00ab Tout au long de notre histoire, les investissements publics dans les infrastructures ont litt\u00e9ralement transform\u00e9 l’Am\u00e9rique \u00bb ajoutant que \u00ab ce sont des investissements que seul le gouvernement \u00e9tait capable de faire. \u00bb En outre, Biden s’est pr\u00e9sent\u00e9 comme un pr\u00e9sident des syndicats et des travailleurs, plaidant \u00e0 plusieurs reprises pour de meilleurs salaires pour les travailleurs, s’adressant aux chefs d’entreprise lors d’une conf\u00e9rence de presse en ces termes : \u00ab Payez-les plus. \u00bb <\/p>\n\n\n\n

Prises dans leur ensemble, ces positions marquent une nette rupture avec l’adh\u00e9sion des d\u00e9mocrates \u00e0 la doctrine du march\u00e9 libre entreprise par Bill Clinton puis poursuivie par Barack Obama. Il s’agit d’une tournure d’\u00e9v\u00e9nements surprenante, d’autant plus si l’on tient compte de la carri\u00e8re ant\u00e9rieure de M. Biden qui, pendant ses 36 ann\u00e9es en tant que s\u00e9nateur du Delaware, a contribu\u00e9 au d\u00e9mant\u00e8lement de l’\u00c9tat-providence et \u00e0 des politiques favorables aux entreprises. \u00c0 tel point qu’on peut l\u00e9gitimement se demander : pourquoi Biden fait-il tout \u00e7a ?<\/p>\n\n\n\n

La meilleure explication aux Bidenomics<\/em> se trouve dans une interview accord\u00e9e \u00e0 Ezra Klein du New York Times<\/em> en avril dernier par Brian Deese, principal conseiller \u00e9conomique de Biden et ancien conseiller de l’administration Obama, qui a ensuite travaill\u00e9 chez BlackRock \u2013 la plus grande soci\u00e9t\u00e9 d’investissement au monde, o\u00f9 il \u00e9tait responsable des investissements durables <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

Dans l’interview, M. Deese explique que le changement de ligne de Joe Biden est le reflet de l’\u00e9volution du d\u00e9bat \u00e9conomique et du changement de g\u00e9n\u00e9ration parmi les \u00e9conomistes, les jeunes conseillers \u00e9tant pr\u00eats \u00e0 abandonner certains des dogmes de la g\u00e9n\u00e9ration pr\u00e9c\u00e9dente. Deese affirme qu’apr\u00e8s cette crise, il n’est plus possible de continuer \u00e0 ignorer les effets de l’in\u00e9galit\u00e9 \u00e9conomique sur la soci\u00e9t\u00e9, et qu’\u00ab il n’existe pas de solutions de march\u00e9 pour rem\u00e9dier \u00e0 certaines des faiblesses qui se sont manifest\u00e9es dans l’\u00e9conomie \u00bb. <\/p>\n\n\n\n

Mais le virage n\u00e9o-interventionniste de Biden, comme le sugg\u00e8re Deese, est aussi \u2013 comme c’est souvent le cas dans l’histoire \u2013 un produit de la peur<\/a>, et en particulier de deux pr\u00e9occupations qui saisissent l’establishment<\/em> lib\u00e9ral am\u00e9ricain. La premi\u00e8re est celle d’un retour du trumpisme, apr\u00e8s quatre ann\u00e9es insouciantes \u00e0 la Maison-Blanche, et le traumatisme national produit par l’insurrection de ses partisans d’extr\u00eame droite au Capitole le 6 janvier 2021. <\/a>Cet \u00e9v\u00e9nement semble avoir sem\u00e9 la panique au sein du parti d\u00e9mocrate et de l’intelligentsia lib\u00e9rale am\u00e9ricaine, au point de pousser les d\u00e9fenseurs du n\u00e9olib\u00e9ralisme tels que Biden \u00e0 se convaincre que le libre march\u00e9 est non seulement \u00e9conomiquement probl\u00e9matique \u2013 comme le d\u00e9montre une d\u00e9cennie de stagnation \u2013, mais aussi politiquement insoutenable : on ne peut pas mettre en p\u00e9ril la fin de la d\u00e9mocratie en \u00e9coutant les recettes des \u00e9conomistes orthodoxes.<\/p>\n\n\n\n

La deuxi\u00e8me peur qui anime les Bidenomics<\/em> est la peur de la Chine. Comme l’explique M. Deese, l\u2019administration de Biden prend acte du succ\u00e8s du syst\u00e8me \u00e9conomique chinois et de la mani\u00e8re dont il a assur\u00e9 une croissance soutenue, et a r\u00e9ussi \u00e0 largement \u00e9viter les crises financi\u00e8res qui, selon les Cassandre, conduiraient bient\u00f4t les Chinois \u00e0 renverser le r\u00e9gime communiste. Au contraire, la Chine a investi dans les infrastructures et la recherche et d\u00e9veloppement, se pr\u00e9parant \u00e0 \u00eatre comp\u00e9titive dans les technologies avanc\u00e9es, les \u00e9nergies renouvelables et l’intelligence artificielle. Cela s’est produit au moment o\u00f9, sous Xi Jinping, la Chine faisait marche arri\u00e8re par rapport \u00e0 l’ouverture des ann\u00e9es 1990 et 2000. <\/p>\n\n\n\n

Comme l’affirme le journaliste am\u00e9ricain Joshua Kurlantzick, le tournant a \u00e9t\u00e9 la tourmente financi\u00e8re de 2014-2015 <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>. La col\u00e8re des petits \u00e9pargnants chinois a incit\u00e9 le gouvernement de P\u00e9kin \u00e0 mettre de c\u00f4t\u00e9 ses promesses de d\u00e9r\u00e9glementation du syst\u00e8me financier et \u00e0 redonner \u00e0 l’\u00c9tat un r\u00f4le plus actif. Aujourd’hui, les entreprises publiques ou contr\u00f4l\u00e9es par l’\u00c9tat comptent pour 60 % de l’\u00e9conomie chinoise. Dans ce contexte, c’est comme si les \u00c9tats-Unis avaient r\u00e9alis\u00e9 qu’ils ne pouvaient pas continuer \u00e0 pr\u00e9tendre que l’\u00e9conomie mondiale se rapprochait de l’id\u00e9al du march\u00e9 libre, alors qu’en r\u00e9alit\u00e9, son principal concurrent est le capitalisme d’\u00c9tat<\/a>. Le corollaire strat\u00e9gique est que, pour faire face \u00e0 une Chine audacieuse, les \u00c9tats-Unis doivent lui ressembler davantage, en adoptant certains des m\u00e9canismes d’intervention de l’\u00c9tat et de politique industrielle abandonn\u00e9s apr\u00e8s la crise de stagflation des ann\u00e9es 1970.<\/p>\n\n\n\n

Pour faire face \u00e0 une Chine audacieuse, les \u00c9tats-Unis doivent lui ressembler davantage, en adoptant certains des m\u00e9canismes d’intervention de l’\u00c9tat et de politique industrielle abandonn\u00e9s apr\u00e8s la crise de stagflation des ann\u00e9es 1970. <\/p> Paolo Gerbaudo <\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Les infrastructures comme paradigme<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

La peur du trumpisme et de la Chine sont les raisons du r\u00e9alignement du centre-gauche am\u00e9ricain. Pour comprendre la direction que prend le monde post-n\u00e9olib\u00e9ral et la forme du nouvel interventionnisme \u00e9tatique, il est \u00e9galement n\u00e9cessaire d’examiner le contenu programmatique de cette nouvelle vision politique. Cela peut se r\u00e9sumer en deux concepts : une vision de l’infrastructure comme nouvelle priorit\u00e9 essentielle, et un renversement topologique de l’id\u00e9e de d\u00e9veloppement de la p\u00e9riode n\u00e9olib\u00e9rale, dans laquelle la recette \u00e9litiste de l’\u00e9conomie du ruissellement est remplac\u00e9e par une vision ax\u00e9e sur le renforcement de la base \u00e9conomique et de la demande.<\/p>\n\n\n\n

La mesure la plus ambitieuse annonc\u00e9e par l’administration Biden est le plan d’investissement dans les infrastructures. R\u00e9duit par rapport aux attentes initiales, le plan bipartisan de 1 200 milliards de dollars actuellement d\u00e9battu au Congr\u00e8s vise non seulement \u00e0 r\u00e9parer les ponts, les routes et les lignes ferroviaires, mais aussi \u00e0 jeter les bases de la transition vers une \u00e9conomie post-p\u00e9trole, avec des \u00e9nergies renouvelables et des voitures \u00e9lectriques. La priorit\u00e9 accord\u00e9e \u00e0 ces investissements d\u00e9coule de l’\u00e9tat pr\u00e9caire d’une grande partie des infrastructures essentielles (transports, \u00e9nergie, services publics, etc.) d\u00fb \u00e0 des d\u00e9cennies de d\u00e9sinvestissement progressif. <\/p>\n\n\n\n

Comme l’a not\u00e9 M. Deese dans l’interview susmentionn\u00e9e, l’une des principales raisons du d\u00e9clin per\u00e7u par les \u00c9tats-Unis est pr\u00e9cis\u00e9ment l’\u00e9tat pitoyable de leur syst\u00e8me de transport. Alors que la Chine dispose d\u00e9sormais de dizaines de milliers de kilom\u00e8tres de trains \u00e0 grande vitesse, les \u00c9tats-Unis n’en ont aucun. Alors que toutes les villes chinoises disposent de transports publics ultramodernes, des villes am\u00e9ricaines telles que New York et San Francisco utilisent des m\u00e9tros v\u00e9tustes dont les trains datent des ann\u00e9es 1970 et du d\u00e9but des ann\u00e9es 1980. Si les gens avaient l’habitude d’aller aux \u00c9tats-Unis pour y voir l’avenir, ils y vont maintenant pour voir le pass\u00e9, alors que c’est l’inverse pour la Chine<\/a>.<\/p>\n\n\n\n

Le retard des \u00c9tats-Unis en mati\u00e8re d’infrastructures est un probl\u00e8me connu depuis un certain temps. Obama avait d\u00e9j\u00e0 promis de faire quelque chose \u00e0 ce sujet, mais les investissements repr\u00e9sentaient \u00e0 peine un quart de ce que Biden avait mis en place. M\u00eame Trump, qui avait promis d’investir dans les infrastructures, a fini par en faire tr\u00e8s peu, et certains avancent que l’\u00e9chec de la mise en \u0153uvre de son plan, qui aurait joui d’une grande popularit\u00e9 aupr\u00e8s des travailleurs, lui a co\u00fbt\u00e9 sa r\u00e9\u00e9lection <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>. M. Biden semble vouloir \u00e9viter les erreurs de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, mais il reste \u00e0 voir ce qui ressortira des n\u00e9gociations bipartites.<\/p>\n\n\n\n

Outre les transports et le r\u00e9seau \u00e9lectrique, d’autres questions \u2013 comme les soins aux malades et aux personnes \u00e2g\u00e9es \u2013 sont souvent pr\u00e9sent\u00e9es comme des questions d’infrastructure. Des mesures destin\u00e9es aux \u00ab travailleurs sociaux \u00bb ont \u00e9t\u00e9 incluses dans le paquet \u00ab infrastructures \u00bb, et les conseillers \u00e9conomiques de M. Biden font souvent r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de renforcer l’\u00ab infrastructure sociale \u00bb. Le raisonnement est que le d\u00e9sinvestissement dans les services publics essentiels, tels que les soins, l’\u00e9ducation et la sant\u00e9, a contribu\u00e9 \u00e0 saper les fondements de l’\u00e9conomie, par exemple en rendant difficile pour les femmes de combiner maternit\u00e9 et travail.<\/p>\n\n\n\n

L’importance et la n\u00e9cessit\u00e9 d’investir dans les infrastructures sont \u00e9galement tr\u00e8s pertinentes dans le contexte europ\u00e9en. Si, dans plusieurs pays, la situation des syst\u00e8mes de transport n’est pas encore aussi mauvaise qu’aux \u00c9tats-Unis, les cons\u00e9quences de d\u00e9cennies de d\u00e9sinvestissement public sont apparues ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Un exemple est l’effondrement du pont Morandi \u00e0 G\u00eanes en ao\u00fbt 2019, qui a caus\u00e9 la mort de 43 personnes. La maintenance \u00e9tait assur\u00e9e par l’entreprise priv\u00e9e Atlantis, contr\u00f4l\u00e9e par la famille Benetton. L’\u00e9v\u00e9nement est devenu un symbole des effets n\u00e9fastes des privatisations insens\u00e9es datant des ann\u00e9es 1990 et de l’incapacit\u00e9 du march\u00e9 \u00e0 garantir les services essentiels. <\/p>\n\n\n\n

La question du climat rend les interventions en mati\u00e8re d’infrastructures encore plus urgentes, ce qui explique pourquoi une grande partie des fonds europ\u00e9ens du plan de relance Next Generation EU<\/em> sont destin\u00e9s \u00e0 cet objectif. La transition vers une \u00e9conomie neutre en carbone n\u00e9cessitera des investissements consid\u00e9rables dans les nouveaux r\u00e9seaux \u00e9lectriques, les \u00e9nergies renouvelables et les stations de recharge n\u00e9cessaires \u00e0 la mobilit\u00e9 \u00e9lectrique. En outre, comme l’ont montr\u00e9 de mani\u00e8re tragique les inondations d\u00e9vastatrices qui ont frapp\u00e9 l’Allemagne en juillet 2021, d’\u00e9normes projets d’entretien des terres seront n\u00e9cessaires pour faire face \u00e0 l’instabilit\u00e9 hydrog\u00e9ologique, afin de se pr\u00e9parer \u00e0 l’\u00e9l\u00e9vation du niveau de la mer et \u00e0 des ph\u00e9nom\u00e8nes m\u00e9t\u00e9orologiques de plus en plus extr\u00eames.<\/p>\n\n\n\n

Cette urgence se heurte toutefois au conservatisme fiscal qui continue de pr\u00e9valoir dans de nombreux pays, \u00e0 commencer par l’Allemagne elle-m\u00eame. Armin Laschet, successeur d’Angela Merkel \u00e0 la t\u00eate de la CDU et gouverneur de la r\u00e9gion de Rh\u00e9nanie-du-Nord-Westphalie, frapp\u00e9e par les inondations, souhaite revenir le plus rapidement possible \u00e0 l’aust\u00e9rit\u00e9 et au \u00ab frein \u00e0 l’endettement \u00bb (Schuldenbremse), afin d’obliger les autres pays europ\u00e9ens \u00e0 suivre son exemple.<\/p>\n\n\n\n

Il est vrai que les partisans les plus fanatiques de l’aust\u00e9rit\u00e9 sont d\u00e9sormais plus isol\u00e9s au niveau europ\u00e9en. Dans le d\u00e9bat sur la r\u00e9forme du Pacte de stabilit\u00e9 et de croissance<\/a>, qui a \u00e9t\u00e9 suspendu au d\u00e9but de la pand\u00e9mie jusqu’\u00e0 fin 2022, il est question de ne pas compter dans le d\u00e9ficit les d\u00e9penses pour les investissements dans la transition \u00e9cologique et num\u00e9rique, comme le propose le commissaire \u00e0 l’\u00e9conomie Paolo Gentiloni. Il faut toutefois s’attendre \u00e0 une forte r\u00e9sistance de la part des pays dits frugaux et des conservateurs allemands, qui pr\u00e9f\u00e8rent une Union europ\u00e9enne vou\u00e9e \u00e0 discipliner ses pays membres \u2013 notamment ceux du sud de l’Europe, accus\u00e9s de paresse et de gaspillage \u2013 \u00e0 la vision de l’Union europ\u00e9enne comme moyen de d\u00e9veloppement. En bref, alors que les \u00c9tats-Unis semblent se projeter vers l’horizon post-n\u00e9olib\u00e9ral, le vieux continent est \u00e0 la peine.<\/p>\n\n\n\n

En bref, alors que les \u00c9tats-Unis semblent se projeter vers l’horizon post-n\u00e9olib\u00e9ral, le vieux continent est \u00e0 la peine. <\/p> Paolo Gerbaudo <\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

De la \u00ab course vers le bas \u00bb au \u00ab rel\u00e8vement de la base \u00bb<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

L’autre trait distinctif du nouveau consensus bipartisan qui \u00e9merge au niveau international est la promesse de s’attaquer \u00e0 l’in\u00e9galit\u00e9 \u00e9conomique croissante, d\u00e9sormais consid\u00e9r\u00e9e comme une limite s\u00e9rieuse \u00e0 la croissance et \u00e0 la cr\u00e9dibilit\u00e9 des d\u00e9mocraties capitalistes occidentales. Le choc g\u00e9opolitique et id\u00e9ologique avec la Chine semble amener certaines parties de l’establishment<\/em> \u00e0 un conseil plus indulgent, de peur que les travailleurs ne commencent \u00e0 sympathiser avec le mod\u00e8le chinois ; une sorte de r\u00e9p\u00e9tition du mod\u00e8le de la guerre froide, o\u00f9 les pays occidentaux faisaient des concessions aux travailleurs afin d’apaiser le conflit social. <\/p>\n\n\n\n

De mani\u00e8re significative, lors du sommet du G7 de cette ann\u00e9e en Cornouailles, la n\u00e9cessit\u00e9 de lutter contre \u00ab <\/strong>l’abaissement des normes de travail et environnementales pour obtenir un avantage concurrentiel \u00bb a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9e. Il y a vingt ans, lors du sommet du G8 \u00e0 G\u00eanes en 2001, qui s’\u00e9tait termin\u00e9 dans une \u00ab <\/strong>boucherie mexicaine \u00bb, comme l’a admis un chef de police, lorsqu’on parlait de pauvret\u00e9, on faisait r\u00e9f\u00e9rence aux pays du tiers monde. Aujourd’hui, la pauvret\u00e9<\/a> est un probl\u00e8me que les pays industrialis\u00e9s vivent chez eux. Alors que les pays n\u00e9olib\u00e9raux consid\u00e9raient l’in\u00e9galit\u00e9 comme potentiellement positive car elle d\u00e9clencherait l’esprit d’entreprise, elle est aujourd’hui davantage per\u00e7ue comme un risque pour la r\u00e9silience du capitalisme, et comme un frein \u00e0 la demande.<\/p>\n\n\n\n

Ce changement de perception permet de comprendre l’imagerie qui se cache derri\u00e8re les nouveaux slogans de la politique post-pand\u00e9mique. Dans les \u00c9tats-Unis de Biden, on parle beaucoup de la n\u00e9cessit\u00e9 de \u00ab relever le plancher \u00bb, alors que, jusqu’\u00e0 r\u00e9cemment, l’urgence semblait \u00eatre uniquement de relever le \u00ab plafond \u00bb des aspirations entrepreneuriales : \u00ab to lift the ceiling \u00bb<\/em>. Un exemple en est la promesse faite par Biden \u2013 mais pour l’instant bloqu\u00e9e au Congr\u00e8s \u2013 d\u2019augmenter le salaire minimum \u00e0 15 dollars de l’heure, et d’encourager une pouss\u00e9e vers le haut des salaires gr\u00e2ce \u00e0 un renforcement des syndicats. La r\u00e9ponse du centre-droit est bien repr\u00e9sent\u00e9e par le slogan de Boris Johnson : \u00ab levelling up<\/em> \u00bb, ou \u00ab le nivellement par le haut \u00bb <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Ce que ces slogans ont en commun, c’est la conviction que les in\u00e9galit\u00e9s produites par la mondialisation sont devenues nuisibles au bien du capitalisme. Mais les solutions qu’ils proposent sont tr\u00e8s diff\u00e9rentes.<\/p>\n\n\n\n

La promesse de M. Biden a une saveur plus universaliste, et vise \u00e0 obliger les entrepreneurs \u00e0 mettre la main \u00e0 la poche. Celle de Johnson se concentre sur l’in\u00e9galit\u00e9 territoriale et le foss\u00e9 entre les banlieues et les m\u00e9tropoles qui a aliment\u00e9 de nombreux mouvements populistes. Dans son discours sur le \u00ab levelling up \u00bb<\/em> du 15 juillet 2021, Boris Johnson a \u00e9voqu\u00e9 les \u00ab d\u00e9s\u00e9quilibres et les in\u00e9galit\u00e9s entre les r\u00e9gions du Royaume-Uni \u00bb en mati\u00e8re d’esp\u00e9rance de vie et d’opportunit\u00e9s de carri\u00e8re. En outre, M. Johnson a affirm\u00e9 que le gouvernement avait un \u00ab r\u00f4le de catalyseur pour fournir une orientation strat\u00e9gique \u00bb \u00e0 l’\u00e9conomie. Un discours tr\u00e8s diff\u00e9rent de celui de Margaret Thatcher. <\/p>\n\n\n\n

Le slogan de Johnson est li\u00e9 \u00e0 la strat\u00e9gie \u00e9lectorale des conservateurs et \u00e0 leur d\u00e9sir de consolider leur contr\u00f4le du \u00ab mur rouge \u00bb : une r\u00e9gion d’Angleterre qui soutenait auparavant les travaillistes et qui, lors des derni\u00e8res \u00e9lections, a bascul\u00e9 vers les conservateurs. Apr\u00e8s tout, l’usine de batteries de voitures \u00e9lectriques o\u00f9 Johnson a prononc\u00e9 son discours sur le nivellement se trouve \u00e0 Blyth, une ville proche de Newcastle, qui fait partie d’une circonscription qui a r\u00e9cemment bascul\u00e9 vers son parti. Le leader travailliste Keir Starmer a accus\u00e9 Johnson de faire du favoritisme, mais le probl\u00e8me des travaillistes est que, contrairement aux d\u00e9mocrates de Biden, au lieu de regarder vers l’avenir, ceux-ci sont revenus au blairisme, et semblent m\u00eame vouloir voler aux Tories leur r\u00f4le de parti de la rectitude fiscale. <\/p>\n\n\n\n

Le retard avec lequel la social-d\u00e9mocratie europ\u00e9enne fait face \u00e0 ce changement de phase montre que le changement id\u00e9ologique est tr\u00e8s inqui\u00e9tant, et risque d’ouvrir la porte \u00e0 une nouvelle vague de populisme de droite. Le danger est qu’un capitalisme plus \u00e9tatique et nationalis\u00e9 puisse \u00eatre mis au service de l’agenda r\u00e9actionnaire de la nouvelle droite, comme l’a r\u00e9cemment soutenu James Meadway <\/span>7<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Il est significatif que, tout en abandonnant certains dogmes n\u00e9o-lib\u00e9raux, les Tories poussent \u00e0 l’extr\u00eame leurs positions sur l’immigration et alimentent la guerre des cultures sur les valeurs. Le sc\u00e9nario \u00e0 \u00e9viter est celui d’une r\u00e9introduction post-mondialisation de l’\u00c9tat-entreprise, dans lequel une alliance toujours plus \u00e9troite entre le gouvernement et les entreprises nationales se fait au d\u00e9triment des travailleurs et de la d\u00e9mocratie.<\/p>\n\n\n\n

Le retard avec lequel la social-d\u00e9mocratie europ\u00e9enne fait face \u00e0 ce changement de phase montre que le changement id\u00e9ologique est tr\u00e8s inqui\u00e9tant, et risque d’ouvrir la porte \u00e0 une nouvelle vague de populisme de droite. <\/p> Paolo Gerbaudo <\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

M\u00eame le plan de Joe Biden, pourtant beaucoup plus ambitieux que celui de ses homologues europ\u00e9ens, risque d’\u00eatre insuffisant pour sortir l’\u00e9conomie de ce qui semble \u00eatre une stagnation chronique. Si l’investissement public et la politique industrielle sont une composante n\u00e9cessaire d’un n\u00e9o-\u00e9tatisme progressiste, il est \u00e9galement n\u00e9cessaire de mettre en \u0153uvre des politiques redistributives radicales, en sapant le pouvoir des oligopoles et des nouveaux magnats \u2013 comme Jeff Bezos et Elon Musk \u2013, et en remettant en circulation des ressources susceptibles de stimuler la demande. Un manque de courage sur ce front pourrait bient\u00f4t nous propulser dans une d\u00e9cennie encore plus d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e que 2010, ouvrant les portes de la Maison-Blanche \u00e0 Trump ou \u00e0 son successeur. La pand\u00e9mie semble avoir remis la roue de l’histoire en mouvement, mais il n’est pas certain que la nouvelle \u00e8re soit progressiste ou r\u00e9gressive. Ce qui semble certain, c’est que le d\u00e9bat ne portera pas tant sur le march\u00e9 que sur le r\u00f4le de l’\u00c9tat dans le contexte post-pand\u00e9mique, et sur le type de soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 reconstruire sur les d\u00e9combres du n\u00e9olib\u00e9ralisme, en partant des fondations ou \u2013 pour reprendre la rh\u00e9torique de Biden \u2013 des infrastructures. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"

L’\u00c9tat n\u00e9olib\u00e9ral occidental semble aujourd’hui \u00e0 bout de souffle, sacrifi\u00e9 sur l’autel de la pand\u00e9mie et de la crise \u00e9conomique. En s’inspirant du mod\u00e8le chinois et en tirant des le\u00e7ons du pass\u00e9, Joe Biden et certains dirigeants europ\u00e9ens tendent aujourd’hui vers un mod\u00e8le d’\u00c9tat plus interventionniste, marquant le d\u00e9but d’une nouvelle \u00e8re \u2013 dont la nature, progressiste ou r\u00e9gressive, reste encore \u00e0 d\u00e9terminer.<\/p>\n","protected":false},"author":1623,"featured_media":114378,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-angles.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"footnotes":""},"categories":[1731],"tags":[],"staff":[2096],"editorial_format":[],"serie":[],"audience":[],"geo":[525],"class_list":["post-114328","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-politique","staff-paolo-gerbaudo","geo-ameriques"],"acf":{"open_in_webview":false,"accent":false},"yoast_head":"\nApr\u00e8s la pand\u00e9mie, le n\u00e9o-\u00e9tatisme remplace le n\u00e9olib\u00e9ralisme | Le Grand Continent<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2021\/07\/21\/apres-la-pandemie-le-neo-etatisme-remplace-le-neoliberalisme\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Apr\u00e8s la pand\u00e9mie, le n\u00e9o-\u00e9tatisme remplace le n\u00e9olib\u00e9ralisme | Le Grand Continent\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"L'\u00c9tat n\u00e9olib\u00e9ral occidental semble aujourd'hui \u00e0 bout de souffle, sacrifi\u00e9 sur l'autel de la pand\u00e9mie et de la crise \u00e9conomique. 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