{"id":112363,"date":"2021-07-01T11:07:43","date_gmt":"2021-07-01T09:07:43","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=112363"},"modified":"2021-07-21T15:01:58","modified_gmt":"2021-07-21T13:01:58","slug":"la-litterature-tcheque-contemporaine-en-france-un-etat-des-lieux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2021\/07\/01\/la-litterature-tcheque-contemporaine-en-france-un-etat-des-lieux\/","title":{"rendered":"La litt\u00e9rature tch\u00e8que contemporaine en France&#160;: un \u00e9tat des lieux"},"content":{"rendered":"\n<p>Comme le note tr\u00e8s justement Radim Kop\u00e1\u010d, charg\u00e9 de la diffusion au Minist\u00e8re tch\u00e8que de la culture, pour les Fran\u00e7ais, la litt\u00e9rature tch\u00e8que prise dans son ensemble <em>\u00ab&#160;ne repr\u00e9sente qu\u2019une petite litt\u00e9rature \u00e9trang\u00e8re parmi d\u2019autres, et susceptible d\u2019\u00eatre remplac\u00e9e \u00e0 tout moment par une autre dans l\u2019esprit du lecteur fran\u00e7ais&#160;\u00bb<\/em>. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019asym\u00e9trie culturelle est bien d\u00e9crit&#160;: plus un espace linguistique est \u00e9tendu et dominant d\u2019un point de vue culturel et g\u00e9opolitique, moins la part d\u2019\u0153uvres traduites qui y sont lues est importante. En France, chaque ann\u00e9e, la part des titres traduits tourne autour de 15&#160;% environ. \u00c0 titre de comparaison, elle repr\u00e9sente pr\u00e8s de 36&#160;% de l\u2019espace \u00e9ditorial tch\u00e8que et 3 \u00e0 4&#160;% des publications aux \u00c9tats-Unis. Parmi cette petite part de titres traduits en fran\u00e7ais, chaque ann\u00e9e, quelques livres sont traduits du tch\u00e8que. Quel \u00e9cho rencontrent-ils aupr\u00e8s du lecteur fran\u00e7ais&#160;? Et plus g\u00e9n\u00e9ralement, quels auteurs tch\u00e8ques contemporains sont lus, et pourquoi&#160;? Quels sont ceux qui ne le sont pas et le m\u00e9riteraient&#160;?<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une r\u00e9cente \u00e9tude exhaustive sur la traduction de la litt\u00e9rature tch\u00e8que en fran\u00e7ais, Xavier Galmiche, traducteur et professeur de litt\u00e9rature tch\u00e8que \u00e0 Paris-IV, recourt \u00e0 une m\u00e9taphore botanique, celle de la \u00ab&#160;passiflore fan\u00e9e&#160;\u00bb, pour d\u00e9crire l\u2019apathie actuelle du lectorat fran\u00e7ais envers la litt\u00e9rature tch\u00e8que, apathie qui succ\u00e8de selon lui \u00e0 un engouement perceptible dans les ann\u00e9es 1990. Alors qu\u2019on publiait \u00e0 l\u2019\u00e9poque en France un grand nombre d\u2019auteurs plus ou moins r\u00e9cents (Bohumil Hrabal, Ivan Kl\u00edma, Josef \u0160kvoreck\u00fd, Daniela Hodrov\u00e1, Ludv\u00edk Vacul\u00edk, Jan Trefulka, Ji\u0159\u00ed Kratochvil, J\u00e1chym Topol, etc.), nous nous dirigeons actuellement, selon lui, vers une p\u00e9riode d\u2019\u00ab&#160;indiff\u00e9rence mutuelle&#160;\u00bb. Radim Kop\u00e1\u010d confirme l\u2019existence de cette p\u00e9riode d\u2019apathie qui d\u00e9marre dans la premi\u00e8re d\u00e9cennie du XXIe si\u00e8cle&#160;; en revanche, il observe quant \u00e0 lui un net regain d\u2019int\u00e9r\u00eat ces derni\u00e8res ann\u00e9es, ainsi qu\u2019une diversification des genres pr\u00e9sents dans les \u0153uvres traduites.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant de tenter de dresser un \u00ab&#160;\u00e9tat des lieux&#160;\u00bb et de r\u00e9pondre aux questions pos\u00e9es plus haut, rappelons quels indicateurs nous permettent d\u2019\u00e9valuer la r\u00e9ception en France des ouvrages traduits du tch\u00e8que. Il me semble qu\u2019on peut distinguer au moins quatre sources essentielles&#160;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>concernant le nombre global de titres publi\u00e9s chaque ann\u00e9e, un aper\u00e7u quantitatif assez pr\u00e9cis nous est donn\u00e9 par les subventions \u00e0 la traduction accord\u00e9es par le Minist\u00e8re tch\u00e8que de la culture, bien que certains ouvrages passent entre les mailles du filet<\/li><li>les traducteurs, dont je suis, ont rarement acc\u00e8s aux chiffres de vente des \u00e9diteurs, qui permettraient de se faire une opinion pr\u00e9cise sur la r\u00e9ception de tel ou tel titre, cet indicateur est donc h\u00e9las inutilisable<\/li><li>le nombre et la teneur des critiques publi\u00e9es aux formats papier ou num\u00e9rique est certainement le meilleur outil du point de vue qualitatif<\/li><li>reste une donn\u00e9e t\u00e9nue, mais qui correspond \u00e0 la cons\u00e9cration ultime&#160;: la reprise du titre en \u00e9dition poche.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le mur des poches<\/h2>\n\n\n\n<p>On notera au passage que le crit\u00e8re de l\u2019\u00e9dition \u00ab&#160;poche&#160;\u00bb est essentiel sur le march\u00e9 fran\u00e7ais, bien plus \u00e9tendu que le march\u00e9 tch\u00e8que. Les titres ayant obtenu un certain succ\u00e8s lors de leur sortie en \u00ab&#160;grand format&#160;\u00bb sont r\u00e9\u00e9dit\u00e9s par quelques grandes maisons (Le Livre de Poche, Folio Classique, 10\/18, Pocket, Libretto\u2026)&#160;: cette mue \u00e9ditoriale est la garantie que le livre sera disponible \u00e0 long terme sur le march\u00e9 et qu\u2019il touchera un large public du fait de son bas prix et de son excellente distribution. Les classiques tch\u00e8ques disponibles en poche, et donc accessibles dans la plupart des grandes librairies fran\u00e7aises, sont peu nombreux mais correspondent \u00e0 quelques grands noms du XXe si\u00e8cle&#160;: l\u2019incontournable Milan Kundera (1929-), Jaroslav Ha\u0161ek (1883-1923) et son <em>\u0160vejk<\/em>, et Bohumil Hrabal (1914-1997), dont l\u2019essentiel de l\u2019\u0153uvre, traduit dans les ann\u00e9es 1960-1980, est aussi disponible.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier, Kundera, est universellement connu et appr\u00e9ci\u00e9 des Fran\u00e7ais&#160;; il occupe une place particuli\u00e8re en ceci que la seconde moiti\u00e9 de son \u0153uvre est \u00e9crite dans la langue de son pays d\u2019adoption. Le second, Ha\u0161ek, est connu d\u2019un public plus restreint, mais fid\u00e8lement renouvel\u00e9 \u00e0 chaque g\u00e9n\u00e9ration&#160;; on l\u2019appr\u00e9cie pour son humour f\u00e9roce, sa satire de l\u2019arm\u00e9e et de l\u2019autorit\u00e9. Le troisi\u00e8me, Hrabal, est \u00e9galement pr\u00e9sent \u00e0 l\u2019horizon des litt\u00e9ratures \u00e9trang\u00e8res du XXe si\u00e8cle, \u00e0 l\u2019instar d\u2019un Calvino ou d\u2019un Gombrowicz. Le grand absent est ici Karel \u010capek (1890-1938), dont les romans devraient logiquement \u00eatre depuis longtemps disponibles en poche eu \u00e9gard \u00e0 leur qualit\u00e9 et leur aspect visionnaire&#160;; mais, aux dires des \u00e9diteurs eux-m\u00eames, le cercle vicieux du \u00ab&#160;classique&#160;\u00bb est difficile \u00e0 enrayer&#160;: tant qu\u2019un auteur n\u2019est pas disponible en poche, il n\u2019est pas pr\u00e9sent dans le fonds de litt\u00e9rature classique mondiale et se vend donc peu, et tant qu\u2019il se vend peu, il ne peut pas pr\u00e9tendre \u00e0 entrer en \u00e9dition de poche. C\u2019est dans ce mar\u00e9cage \u00e9ditorial que s\u2019est embourb\u00e9 l\u2019\u0153uvre de \u010capek, mis \u00e0 l\u2019honneur ces derni\u00e8res ann\u00e9es par trois \u00e9diteurs principalement&#160;: La Baconni\u00e8re, Le Sonneur et Cambourakis. Mais les r\u00e9cents articles dont il a fait l\u2019objet ainsi que les r\u00e9\u00e9ditions permettent d\u2019esp\u00e9rer des jours meilleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour revenir aux sorties r\u00e9centes, donc, durant les vingt derni\u00e8res ann\u00e9es (2000-2020), seul deux titres d\u2019auteurs contemporains traduits du tch\u00e8que ont \u00e9t\u00e9 repris en poche&#160;: <em>Ange Exit<\/em>, de J\u00e1chym Topol (Laffont 1999, J\u2019ai lu 2002, trad. Marianne Canavaggio) et <em>La Belle de Joza<\/em> (Noir sur Blanc 2008, Libretto 2014, trad. Eurydice Antolin), de Kv\u011bta Legatov\u00e1, qui se classe parmi les auteurs du XXe si\u00e8cle par sa biographie, mais dont on peut consid\u00e9rer les romans publi\u00e9s dans les ann\u00e9es 2000 comme \u00ab&#160;contemporains&#160;\u00bb. Par ailleurs, trois autres auteurs plus anciens ont, dans la m\u00eame p\u00e9riode, franchi le mur du poche&#160;: c\u2019est le cas de Josef Bor avec <em>Le Requiem de Terez\u00edn<\/em> (Le Sonneur 2005, Livre de poche 2008, trad. Raymond Datheil), d\u2019<em>Elle avait les yeux verts<\/em>, d\u2019Arno\u0161t Lustig (Galaade 2010, Le Livre de poche 2012, trad. Erika Abrams) et de<em> Comment j\u2019ai rencontr\u00e9 les poissons<\/em>, d\u2019Ota Pavel (Editions Do 2016, Folio 2020, trad. Barbora Faure). Ces trois textes d\u2019auteurs classiques ont en commun le fait qu\u2019ils s\u2019adressent \u00e0 un public large et reviennent sur une p\u00e9riode d\u00e9j\u00e0 lointaine&#160;: les ann\u00e9es 1930, la Seconde Guerre mondiale et la Shoah. Or, ces th\u00e8mes sont particuli\u00e8rement porteurs lors d\u2019un processus d\u2019exportation, comme l\u2019explique Eurydice Antolin, traductrice&#160;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&#160;Les r\u00e9cits ayant un cadre historique ou r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 l&rsquo;histoire ressentie comme commune (Deuxi\u00e8me Guerre Mondiale, guerre froide) ont plus d&rsquo;entr\u00e9es vers l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des lecteurs en g\u00e9n\u00e9ral&#160;: on sait de quoi on parle et en m\u00eame temps on va avoir le point de vue donn\u00e9 par des gens d&rsquo;un pays diff\u00e9rent mais pas trop lointain. Il y a une sorte de confort de la curiosit\u00e9.&#160;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le cas de J\u00e1chym Topol, auteur n\u00e9 en 1962 et qui fait partie de la g\u00e9n\u00e9ration d\u2019auteurs qui s\u2019imposent apr\u00e8s R\u00e9volution de velours, est diff\u00e9rent&#160;: son \u0153uvre est ancr\u00e9 dans la r\u00e9alit\u00e9 de notre \u00e9poque, dont il donne \u00e0 voir les m\u00e9tamorphoses, depuis le Printemps de Prague et l\u2019invasion des troupes du Pacte de Varsovie \u00e0 la Tch\u00e9quie de Havel et celle des ann\u00e9es 2000. Interrog\u00e9e \u00e0 ce sujet, Marianne Canavaggio, sa traductrice, \u00e9voque une \u00e9criture forte et singuli\u00e8re&#160;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&#160;Topol d\u00e9veloppe un univers sombre et grotesque \u00e0 la fois, qui est celui d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9form\u00e9e par la fantaisie de l\u2019auteur et entra\u00eene le lecteur dans son sillage. M\u00eame si le lecteur fran\u00e7ais ignore parfois les r\u00e9alit\u00e9s auxquelles Topol se r\u00e9f\u00e8re, le c\u00f4t\u00e9 burlesque de ses personnages et des \u00e9v\u00e9nements qu\u2019ils traversent doit suffire \u00e0 l\u2019emporter.&#160;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La plupart des romans de Topol ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s en fran\u00e7ais, d\u2019abord chez Robert Laffont avec <em>Ange exit<\/em> (1999, J\u2019ai lu 2002) et <em>Missions Nocturnes<\/em> (2002), puis par les \u00e9ditions Noir sur Blanc, qui ont repris le flambeau avec <em>Zone Cirque<\/em> (2009), <em>L\u2019Atelier du diable<\/em> (2012) et enfin <em>Une personne sensible<\/em> (2021). La r\u00e9ception critique est \u00e0 la hauteur de la qualit\u00e9 de l\u2019\u00e9crivain&#160;; le succ\u00e8s public semble en revanche plus restreint, et probablement en-de\u00e7\u00e0 de ses m\u00e9rites.<\/p>\n\n\n\n<p>Marianne Canavaggio est \u00e9galement la traductrice de Patrik Ou\u0159edn\u00edk (1957-), l\u2019un des auteurs tch\u00e8ques contemporains qui peuvent se targuer l\u2019\u00eatre les plus lus en France, et qui, \u00e9migr\u00e9 en France depuis 1984 et bilingue de naissance, s\u2019est appropri\u00e9 la langue fran\u00e7aise comme langue d\u2019\u00e9criture dans ses tout derniers titres. Publi\u00e9es aux \u00e9ditions Allia, ses \u0153uvres sont directement imprim\u00e9es au format de poche, particularit\u00e9 de l\u2019\u00e9diteur&#160;; ainsi, le retentissement de titres tels qu\u2019<em>Europeana<\/em>, l\u2019un des livres traduits du tch\u00e8que les plus vendus en France (apr\u00e8s ceux de Kundera) depuis 1989, a pu \u00eatre consid\u00e9rable. Voici ce que nous dit Marianne Canavaggio \u00e0 propos de l\u2019auteur&#160;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&#160;Ou\u0159edn\u00edk propose un tout autre type de prose et est intriguant pour n\u2019importe quel lecteur europ\u00e9en, car il l\u2019incite \u00e0 r\u00e9viser sa vision des choses&#160;: le succ\u00e8s de son <\/em>Europeana, Une br\u00e8ve histoire du XX\u00e8me si\u00e8cle<em> suffit \u00e0 le prouver. Par ailleurs, le second degr\u00e9, l\u2019ironie, le persiflage, le jeu sur les attentes du lecteur sont autant d\u2019app\u00e2ts de sa prose.&#160;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>On a souvent \u00e9voqu\u00e9 l\u2019aspect r\u00e9fl\u00e9chi, un peu \u00ab&#160;jardin \u00e0 la fran\u00e7aise&#160;\u00bb de l\u2019\u0153uvre d\u2019Ou\u0159edn\u00edk&#160;: si ce n\u2019est pas la raison directe de son succ\u00e8s en France, c\u2019est en tout cas une particularit\u00e9 qui le distingue clairement de la plupart des auteurs tch\u00e8ques de son temps. Les livres d\u2019Ou\u0159edn\u00edk, qui flirtent avec tous les genres (roman, th\u00e9\u00e2tre, po\u00e9sie, essai\u2026) intriguent, d\u00e9rangent et amusent leur lecteur&#160;; ils donnent \u00e0 voir la b\u00eatise, la folie, l\u2019absurdit\u00e9 qui r\u00f4dent dans des \u00e9poques diverses&#160;: le XVIIIe si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, le XXe si\u00e8cle et ses totalitarismes, XXIe si\u00e8cle capitaliste et postmoderne. Ils se caract\u00e9risent toujours par une grande exigence, tant sur le plan formel qu\u2019intellectuel.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, il convient de citer ici les romans de Kv\u011bta Legatov\u00e1 (1919-2012) <em>Ceux de \u017delary<\/em> (Noir sur Blanc 2010, trad. Christine Laferri\u00e8re) et <em>La Belle de Joza<\/em> (Libretto 2014, trad. Eurydice Antolin). Le dernier, repris en poche, compte parmi les romans tch\u00e8ques ayant rencontr\u00e9 le plus grand succ\u00e8s aupr\u00e8s du public fran\u00e7ais en termes de critiques de lecteurs et de nombre d\u2019exemplaires vendus. Voici ce qu\u2019en dit sa traductrice&#160;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&#160;Pour ce roman en particulier, je suis persuad\u00e9e (et \u00e7a ressort aussi de certaines critiques) que le personnage principal y est pour beaucoup. C&rsquo;est une jeune femme \u00e9mancip\u00e9e qui vit une apparente r\u00e9gression (car au final elle trouve autre chose d&rsquo;inattendu) et \u00e7a a touch\u00e9 pas mal de gens&#160;: Hana \/ Hanule est proche des lecteurs modernes et leur permet une empathie assez spontan\u00e9e. Par ailleurs, l&rsquo;aspect non \u2018manich\u00e9en\u2019 (fut un temps j&rsquo;aurais dit non binaire, mais la tournure a pris d&rsquo;autres connotations aujourd&rsquo;hui&#8230;) du r\u00e9cit a beaucoup touch\u00e9. Elle vit une r\u00e9gression sociale, mais conna\u00eet une sorte d&rsquo;\u00e9piphanie, elle apprend \u00e0 aller au-del\u00e0 des apparences.&#160;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les grands formats<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 des reprises en poches, quelques romans traduits du tch\u00e8que sortent chaque ann\u00e9e en grand format, sans \u00eatre r\u00e9\u00e9dit\u00e9s par la suite. N\u2019ayant pas acc\u00e8s aux chiffres de vente, je ne suis pas en mesure d\u2019appr\u00e9cier pleinement leur succ\u00e8s&#160;; la r\u00e9ception critique en offre tout de m\u00eame un bon aper\u00e7u.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux romans de l\u2019un des auteurs tch\u00e8ques contemporains les plus importants, Michal Ajvaz (1949-), ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans les ann\u00e9es 2010 par les \u00e9ditions Mirobole&#160;: <em>L\u2019Autre ville <\/em>(2015, trad. Benoit Meunier) et <em>L\u2019\u00c2ge d\u2019or<\/em> (2017, trad. Michal Pacvo\u0148 et Aline Azoulay), le premier ayant re\u00e7u le Prix europ\u00e9en lors du festival des Utopiales 2015. Les \u00e9chos m\u00e9diatiques favorables, surtout \u00e0 la sortie du premier de ces romans, n\u2019ont pas suffi \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer une reprise en poche, et la r\u00e9cente faillite de la maison Mirobole ne laisse gu\u00e8re esp\u00e9rer le fait que le reste de l\u2019\u0153uvre de l\u2019auteur puisse voir le jour en fran\u00e7ais. \u00c0 mon sens, l\u2019univers litt\u00e9raire d\u00e9velopp\u00e9 par Michal Ajvaz est clairement un de ceux qui peuvent le plus enrichir la litt\u00e9rature fran\u00e7aise par son \u00e9tranget\u00e9 absolue. Ajvaz r\u00e9alise en effet une synth\u00e8se extraordinaire entre ph\u00e9nom\u00e9nologie, surr\u00e9alisme, romans d\u2019aventures et po\u00e9sie. Le r\u00e9sultat est un monde fabuleux et onirique particuli\u00e8rement touffu, parfois un peu inaccessible (ce qui peut expliquer un succ\u00e8s commercial restreint), mais dont l\u2019apport est me semble-t-il sans \u00e9quivalent.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les ann\u00e9es 2000, Gallimard publie en grand format deux auteurs de grande qualit\u00e9&#160;: le premier est Ji\u0159\u00ed Kratochvil (1940-), auteur \u00ab&#160;postmoderne&#160;\u00bb de la g\u00e9n\u00e9ration pr\u00e9c\u00e9dente mais toujours actif et plut\u00f4t prolixe&#160;: <em>Au milieu des nuits un chant<\/em> (1999, trad. Nathalie Zanello-Kounovsky) et <em>Un lamentable dieu<\/em> (2006, trad. Nathalie Zanello-Kounovsky). Comme le note Xavier Galmiche dans son \u00e9tude[1], la visibilit\u00e9 aupr\u00e8s du public est rest\u00e9e minime, l\u2019implication de l\u2019\u00e9diteur n\u2019ayant pas d\u00fb \u00eatre suffisante pour assurer un succ\u00e8s r\u00e9el. C\u2019est aussi le cas pour les romans de Sylvie Richterov\u00e1 (1945-), avec <em>Topographie<\/em> (1995, trad. Nathalie Zanello-Kounovsky) et <em>Second Adieu<\/em> (1999, trad. Nathalie Zanello-Kounovsky), rest\u00e9s en marge des grands m\u00e9dias.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration actuelle, commen\u00e7ons par Jaroslav Rudi\u0161 (1972-)&#160;: en 2012 sortait <em>La Fin des punks \u00e0 Helsinki<\/em> chez Books Editions (trad. Morgan Corven). La r\u00e9ception est plut\u00f4t enthousiaste, si l\u2019on se fie \u00e0 quelques critiques parues dans la presse. Les \u00e9ditions Mirobole ont tent\u00e9 de poursuivre la traduction de son \u0153uvre avec <em>Avenue nationale<\/em> (2016), sans que le succ\u00e8s semble avoir \u00e9t\u00e9 au rendez-vous. Rudi\u0161 a \u00e9galement particip\u00e9 \u00e0 la bande dessin\u00e9e <em>Alois Nebel<\/em> (Presque Lune 2014, trad. Christine Lafferi\u00e8re), voir ci-dessous. Pour Christine Lafferi\u00e8re, ont trouve chez Jaroslav Rudi\u0161 <em>\u00ab&#160;l\u2019humour de l\u2019\u00e9crivain d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration. <\/em>Avenue Nationale<em> est autant un miroir qu&rsquo;un exercice de style.&#160;\u00bb<\/em>&nbsp;<span class='whitespace-nowrap'><span id='easy-footnote-1-112363' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2021\/07\/01\/la-litterature-tcheque-contemporaine-en-france-un-etat-des-lieux\/#easy-footnote-bottom-1-112363' title='Correspondance pr\u00e9paratoire \u00e0 cet article.'><sup>1<\/sup><\/a><\/span><\/span> Christine Laferri\u00e8re est \u00e9galement la traductrice de Martin \u0160maus (1965-), dont le roman <em>Petite, allume un feu<\/em> (Syrtes 2008) a connu un r\u00e9el succ\u00e8s (plus de 3 000 exemplaires vendus) et est en instance de r\u00e9\u00e9dition. Ce n\u2019est en revanche pas le cas pour Bianca Bellov\u00e1 (1970-) avec <em>Nami<\/em> (Mirobole 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>Toujours parmi la plus jeune g\u00e9n\u00e9ration, au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, les \u00e9ditions L\u2019Olivier publient deux romans traduits du tch\u00e8que, sans malheureusement poursuivre dans l\u2019\u0153uvre de leurs auteurs&#160;: Petra H\u016flov\u00e1 (1979-) avec <em>Les Montagnes rouges<\/em> (2005, trad. Arnault Mar\u00e9chal et Hana \u0158\u00edhov\u00e1) et Tom\u00e1\u0161 Kolsk\u00fd (1978-) avec <em>Ruthie ou la couleur du monde<\/em> (2005, trad. Xavier Galmiche). De m\u00eame, la sortie de <em>Les Sept \u00e9glises<\/em>, de Milo\u0161 Urban (1967-) (Au Diable Vauvert 2011, trad. Barbora Faure), n\u2019a pas rencontr\u00e9 le m\u00eame succ\u00e8s qu\u2019en Espagne, par exemple. Enfin, tout r\u00e9cemment, on notera la sortie de <em>L\u2019Amour au temps du changement climatique<\/em> de Josef P\u00e1nek (1966-), (Deno\u00ebl 2020, trad. Benoit Meunier) et de <em>La Fatigue du mat\u00e9riau<\/em>, de Marek \u0160indelka (1984-) (Syrtes 2021, trad. Christine Laferri\u00e8re). L\u2019accueil critique a \u00e9t\u00e9 positif pour ces r\u00e9cits qui illustrent bien la mesure dans laquelle la litt\u00e9rature tch\u00e8que s\u2019ouvre aux questions soci\u00e9tales actuelles du racisme, de l\u2019int\u00e9gration et des r\u00e9fugi\u00e9s. Pour Christine Lafferi\u00e8re, Marek Sindelka <em>\u00ab&#160;\u00e9crit tout ce qu&rsquo;il faut sans un mot de trop, et ne laisse aucun d\u00e9tail au hasard. Il pense le corps comme nul autre&#160;\u00bb<\/em>&nbsp;<span class='whitespace-nowrap'><span id='easy-footnote-2-112363' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2021\/07\/01\/la-litterature-tcheque-contemporaine-en-france-un-etat-des-lieux\/#easy-footnote-bottom-2-112363' title='&lt;em&gt;Idem.&lt;\/em&gt;'><sup>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 de ces auteurs contemporains, on signalera \u00e9galement la publication de traductions d\u2019auteurs plus anciens&#160;: c\u2019est le cas de Jana \u010cern\u00e1 (1928-1981), avec <em>Pas dans le cul aujourd\u2019hui<\/em> (La Contre-All\u00e9e 2014, trad. Barbora Faure), qui semble avoir connu un succ\u00e8s consid\u00e9rable aupr\u00e8s du public si l\u2019on en croit le nombre de r\u00e9actions de lecteurs sur les sites sp\u00e9cialis\u00e9s, ou encore de Karel Pol\u00e1\u010dek (1892-1945), avec les romans <em>Les Hommes hors-jeu<\/em> (Non Lieu 2013, trad. Martin Dane\u0161) et <em>Nous \u00e9tions cinq<\/em> (La Diff\u00e9rence 2013, trad. Martin Dane\u0161), pass\u00e9s plut\u00f4t inaper\u00e7us. C\u2019est aussi le cas du monumental travail de traduction et d\u2019\u00e9dition men\u00e9 par Erika Abrams sur l\u2019\u0153uvre du philosophe Jan Pato\u010dka (1907-1977) depuis trois d\u00e9cennies, ainsi que des \u0153uvres du romancier iconoclaste, expressionniste et nietzsch\u00e9en Ladislav Kl\u00edma (1878-1928). Citons enfin les publications (peu diffus\u00e9es en France) des \u00e9ditions Karolinum&#160;: <em>Saturnin<\/em> de Zden\u011bk Jirotka (2004, trad. Martin Dane\u0161), <em>Le Chasseur de rats<\/em> de Viktor Dyk (2017, trad. dirig\u00e9e par Xavier Galmiche), <em>Un \u00e9t\u00e9 capricieux<\/em> de Ladislav Van\u010dura (2015, trad. Jan Rube\u0161).<\/p>\n\n\n\n<p>Globalement, les romans contemporains traduits du tch\u00e8que et lus en France se r\u00e9sument donc \u00e0 quelques noms&#160;: Ou\u0159edn\u00edk, Topol en poche, Ajvaz et Rudi\u0161 en grand format. Les autres romanciers contemporains n\u2019ont pu obtenir qu\u2019un succ\u00e8s et des tirages limit\u00e9s. En revanche, certains romanciers des g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes (les classiques Kundera, \u010capek, Ha\u0161ek, mais aussi Vacul\u00edk, \u0160kvoreck\u00fd, Lustig, Bor, et plus r\u00e9cemment Legatov\u00e1 ou Pavel) ont connu d\u2019honorables succ\u00e8s et sont largement diffus\u00e9s. Rappelons ici les mots de Xavier Galmiche \u00e0 ce propos&#160;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&#160;La voie d\u2019un succ\u00e8s durable repose toujours sur la collaboration d\u2019un grand \u00e9diteur pr\u00eat \u00e0 suivre un auteur, d\u2019une directrice (un directeur) de collection engag\u00e9(e) et de traducteurs de qualit\u00e9, et aussi d\u2019une actualit\u00e9 politique favorisant le bruit m\u00e9diatique.&#160;\u00bb<\/em>&nbsp;<span class='whitespace-nowrap'><span id='easy-footnote-3-112363' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2021\/07\/01\/la-litterature-tcheque-contemporaine-en-france-un-etat-des-lieux\/#easy-footnote-bottom-3-112363' title='&lt;em&gt;Cf. supra.&lt;\/em&gt;'><sup>3<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La po\u00e9sie<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans le milieu tr\u00e8s confidentiel de la po\u00e9sie, il est difficile d\u2019\u00e9valuer la pr\u00e9sence r\u00e9elle de la production tch\u00e8que traduite en fran\u00e7ais, qu\u2019on suppose minimale. Pourtant, la mention de Zbyn\u011bk Hejda (1930-2013), dont un titre est paru chez Cheyne en 2008 (<em>Valse m\u00e9lancolique<\/em>, trad. Erika Abrams), au milieu de stars telles que <a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2018\/03\/01\/nous-avons-rencontre-philippe-jaccottet\/\">Philippe Jaccottet<\/a> ou Jean-Michel Maulpoix, dans une liste de recommandations en po\u00e9sie contemporaine sur le site de la Fnac&nbsp;<span class='whitespace-nowrap'><span id='easy-footnote-4-112363' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2021\/07\/01\/la-litterature-tcheque-contemporaine-en-france-un-etat-des-lieux\/#easy-footnote-bottom-4-112363' title='&lt;a href=&quot;https:\/\/www.fnac.com\/Quels-poetes-lire-pour-briller-en-societe\/cp34206\/w-4&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noreferrer noopener&quot;&gt;&lt;em&gt;\u00ab&amp;#160;Quels po\u00e8tes lire pour briller en soci\u00e9t\u00e9&amp;#160;?&lt;\/em&gt;\u00ab&amp;#160;&lt;\/a&gt;, fnac.com, [consult\u00e9 le 02\/04\/2021].'><sup>4<\/sup><\/a><\/span><\/span> en 2019 prouve bien qu\u2019un lectorat existe, si r\u00e9duit soit-il, lorsque le titre est port\u00e9 par un \u00e9diteur renomm\u00e9. L\u2019\u0153uvre de Zbyn\u011bk Hejda est par ailleurs largement disponible en France, avec notamment la publication ces derni\u00e8res ann\u00e9es des titres <em>Abord de la mort<\/em> (Fissile 2010, trad. Erika Abrams), <em>S\u00e9jour au sanatorium<\/em> (Fissile 2014, trad. Erika Abrams) et <em>Toute Volupt\u00e9<\/em> (Fissile 2021, trad. Erika Abrams). Dans le cas de Hejda, tout comme dans celui de Petr Kr\u00e1l, \u00e9voqu\u00e9 plus bas, ou de Kundera et d\u2019Ou\u0159edn\u00edk, les liens personnels de l\u2019auteur avec la France jouent certainement dans le fait que son \u0153uvre figure parmi celles qui sont accessibles en fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont \u00e9galement les \u00e9ditions Fissile, dont le remarquable travail s\u2019ach\u00e8ve h\u00e9las cette ann\u00e9e avec le d\u00e9c\u00e8s de leur fondateur C\u00e9dric Demangeot (1974-2021), qui portent l\u2019essentiel des publications de po\u00e8tes tch\u00e8ques contemporains en volume ces vingt derni\u00e8res ann\u00e9es&#160;: citons notamment Bohdan Chl\u00edbec (1963-), avec <em>Une cour en Hiver<\/em> (2017, trad. Petr Zavadil et C\u00e9dric Demangeot) et <em>Le sang de la bourse<\/em> (2020, trad. Petr Zavadil et C\u00e9dric Demangeot) et Milo\u0161 Dole\u017eal (1970-) <em>Carnets de maladie<\/em> (2014, trad. Jean-Gaspard P\u00e1len\u00ed\u010dek). On trouve aussi au catalogue des \u00e9ditions Fissile des auteurs plus anciens, comme Jakub Deml (1878-1961), Franti\u0161ek Halas (1901-1949), Vladimir Holan (1905-1980), Ji\u0159\u00ed Kol\u00e1\u0159 (1914-2002), Jan Zabrana (1937-1984) ou Richard Weiner (1884-1937).<\/p>\n\n\n\n<p>Le travail plus confidentiel des \u00e9ditions Revue K, men\u00e9es par Roman Kame\u0161, ont permis la sortie de plusieurs recueils de Radek Fridrich (1968-) (<em>Cr\u00f4a-cr\u00f4a<\/em>, 2017, trad. Xavier Galmiche, <em>Beffroi<\/em>, 2018, trad. Erika Abrams, <em>Bord de mer<\/em>, 2019, trad. Erika Abrams), \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de po\u00e8tes du XX\u00e8me si\u00e8cle&#160;: Ivan Blatn\u00fd (1919-1990), Ji\u0159\u00ed Kol\u00e1\u0159 ou Ladislav Kl\u00edma (1878-1928). \u00c9galement dans le domaine de la micro\u00e9dition, Annick Auzimour poursuit quant \u00e0 elle son travail d\u2019\u00e9dition et de publication de l\u2019\u0153uvre du po\u00e8te et graveur Bohuslav Reynek (1892-1971) pour le compte des \u00e9ditions Romarin, \u00e0 Grenoble.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, ce tour d\u2019horizon de la po\u00e9sie contemporaine tch\u00e8que en France ne serait pas complet sans \u00e9voquer le travail de Petr Kr\u00e1l (1941-2020), r\u00e9cemment disparu, aussi bien pour son <em>Anthologie de la po\u00e9sie tch\u00e8que contemporaine<\/em> (2002, Po\u00e9sie Gallimard) que pour ses ouvrages parus en fran\u00e7ais chez plusieurs \u00e9diteurs&#160;: citons <em>Notions de base<\/em> (2005), <em>Enqu\u00eate sur des lieux<\/em> (2007) et <em>Cahiers de Paris<\/em> (2012) chez Flammarion, entre autres. Il ne fait pas de doute que Petr Kr\u00e1l est l\u2019un des po\u00e8tes tch\u00e8ques les plus lus en France ces derni\u00e8res d\u00e9cennies, et qu\u2019il fut l\u2019une des grandes figures des relations litt\u00e9raires entre Prague et Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le domaine de la po\u00e9sie tch\u00e8que, on constate globalement une augmentation du nombre de titres traduits et publi\u00e9s en France ces derni\u00e8res ann\u00e9es&#160;; le travail des \u00e9ditions Fissiles y est pour beaucoup. Cependant, des po\u00e8tes tch\u00e8ques \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 r\u00e9guli\u00e8rement publi\u00e9s en France dans les ann\u00e9es 1980 et 1990, chez des \u00e9diteurs comme l\u2019Atelier La Feugraie, Fata Morgana, Plein Chant ou Obsidiane. On notera \u00e9galement que plusieurs po\u00e8tes tch\u00e8ques contemporains ont fait l\u2019objet de publications dans des revues, \u00e9tape presque indispensable \u00e0 une publication en volume (<em>Po&amp;sie<\/em>, <em>Bacchanales<\/em>\u2026).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La bande dessin\u00e9e tch\u00e8que&#160;: l\u2019\u00e2ge de la maturit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans ce tour d\u2019horizon de la production \u00e9ditoriale tch\u00e8que traduite en fran\u00e7ais, il nous faut \u00e0 pr\u00e9sent \u00e9voquer l\u2019essor consid\u00e9rable de la bande dessin\u00e9e tch\u00e8que, confirm\u00e9 par le nombre de publications ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Longtemps marginalis\u00e9e dans le contexte tch\u00e8que, rel\u00e9gu\u00e9e \u00e0 une subculture (voir les \u00e9tudes de Pavel Ko\u0159\u00ednek&nbsp;<span class='whitespace-nowrap'><span id='easy-footnote-5-112363' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2021\/07\/01\/la-litterature-tcheque-contemporaine-en-france-un-etat-des-lieux\/#easy-footnote-bottom-5-112363' title='Notamment &lt;em&gt;D\u011bjiny \u010deskoslovensk\u00e9ho komiksu 20. Stolet\u00ed&lt;\/em&gt;, Tom\u00e1\u0161 Prok\u016fpek, Pavel Ko\u0159\u00ednek, Martin Foret, Michal Jare\u0161, Akropolis, 2015.'><sup>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>), jusqu\u2019\u00e0 la fin des ann\u00e9es 2000, la BD tch\u00e8que est longtemps rest\u00e9e cramponn\u00e9e \u00e0 sa nostalgie des ann\u00e9es 1960 et au mythe de K\u00e1ja Saudek, vivant de publications et de revues confidentielles comme <em>Aargh&#160;!<\/em> et de manifestations r\u00e9serv\u00e9es aux aficionados telles que le Komiksfest.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est avec <em>Alois Nebel<\/em> (Jaromir Svejdik et Jaroslav Rudi\u0161, Presque Lune 2014, trad. Christine Laferri\u00e8re, \u00e9galement adapt\u00e9 en film), que survient le changement dans la perception du m\u00e9dia lui-m\u00eame aupr\u00e8s du public tch\u00e8que, qui r\u00e9alise qu\u2019il peut v\u00e9hiculer des r\u00e9cits de m\u00eame valeur que le cin\u00e9ma ou le roman. Depuis, de grands classiques de la BD franco-belge sont r\u00e9guli\u00e8rement publi\u00e9s dans des \u00e9ditions de grande qualit\u00e9 (par ex. la s\u00e9rie <em>L\u2019Incal<\/em> de Moebius &amp; Jodorowski, Crew 2011-2019), et la qualit\u00e9 des titres disponibles sur le march\u00e9 ne cesse d\u2019augmenter. Cet essor a abouti \u00e0 la traduction en fran\u00e7ais de titres d\u2019une grande diversit\u00e9, et qui n\u2019ont pas \u00e0 rougir parmi l\u2019immense production franco-belge, riche d\u2019une longue tradition et de nombreux sous-genres&#160;: citons notamment <em>Les Sauvages<\/em> (Lucie Lomov\u00e1, Actes Sud 2011, trad. Marianne Canavaggio), <em>Anna en cavale<\/em> (Lucie Lomov\u00e1, Actes Sud 2006, trad. Arnault Mar\u00e9chal et Hana \u0158\u00edhov\u00e1), <em>Z\u00e1topek<\/em> (Des ronds dans l\u2019O 2018, p\u0159eklad Guillaume Narguet) et <em>Jusqu\u2019ici tout va bien<\/em> (Jan Nov\u00e1k, Presque Lune 2021, trad. Christine Lafferi\u00e8re), ou encore <em>Oskar ED<\/em> (Branko Jelinek, Presque Lune 2021, trad. Benoit Meunier).<\/p>\n\n\n\n<p>Vojt\u011bch Ma\u0161ek, l\u2019un des sc\u00e9naristes tch\u00e8ques les plus dou\u00e9s de sa g\u00e9n\u00e9ration, est \u00e0 l\u2019origine, avec D\u017eian Baban et l\u2019illustrateur Ji\u0159\u00ed Grus, du r\u00e9cit m\u00e9di\u00e9val-fantastique tout en aquarelle <em>Le Dragon ne dort jamais<\/em> (Casterman 2020, trad. Benoit Meunier), mais aussi, avec le romancier Marek \u0160indelka et l\u2019illustrateur Marek Pokorn\u00fd, de <em>L\u2019\u00e9trange cas Barbora \u0160.<\/em> (Vojt\u011bch Ma\u0161ek, Deno\u00ebl 2020, trad. Benoit Meunier), un r\u00e9cit au graphisme tr\u00e8s contemporain qui revient sur une sombre affaire de s\u00e9questration, de travestissements et de s\u00e9vices sur mineurs, l\u2019affaire dite de Ku\u0159im. Enfin, un an \u00e0 peine apr\u00e8s sa sortie, la traduction en fran\u00e7ais de l\u2019adaptation en BD de la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre <em>R. U. R.<\/em> (1920) de Karel \u010capek, une r\u00e9flexion sur l\u2019intelligence artificielle dans laquelle l\u2019auteur introduit le mot \u00ab&#160;robot&#160;\u00bb, t\u00e9moigne \u00e9galement de cette dynamique (Kate\u0159ina \u010cupov\u00e1, Gl\u00e9nat 2022, trad. Benoit Meunier).<\/p>\n\n\n\n<p>Toutes ces bandes dessin\u00e9es ont le m\u00e9rite de pr\u00e9senter un travail graphique remarquablement abouti et d\u2019une grande diversit\u00e9, mis au service de sc\u00e9narios de premi\u00e8re qualit\u00e9, qu\u2019il s\u2019agisse de r\u00e9cits classiques, historiques, fantastiques ou ancr\u00e9s dans l\u2019actualit\u00e9. On navigue ainsi, par exemple, de l\u2019univers lynchien d\u2019Oskar Ed et toute sa densit\u00e9 psychologique aux aventures m\u00e9di\u00e9vales-fantastiques d\u2019un dragon dans la Boh\u00eame m\u00e9di\u00e9vale, en passant par les aventures de fugitifs cherchant \u00e0 traverser le Rideau de fer sous le r\u00e9gime communiste.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La litt\u00e9rature pour enfants<\/h2>\n\n\n\n<p>Avec la bande dessin\u00e9e, la litt\u00e9rature tch\u00e8que pour enfants et pour la jeunesse est certainement l\u2019un des genres qui connaissent le plus grand essor ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Selon Delphine Beccaria&nbsp;<span class='whitespace-nowrap'><span id='easy-footnote-6-112363' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2021\/07\/01\/la-litterature-tcheque-contemporaine-en-france-un-etat-des-lieux\/#easy-footnote-bottom-6-112363' title='Correspondance pr\u00e9paratoire \u00e0 cet article.'><sup>6<\/sup><\/a><\/span><\/span>, ancienne libraire et charg\u00e9e de programmation au Centre tch\u00e8que de Paris, malgr\u00e9 une certaine r\u00e9ticence envers la traduction en dehors de l\u2019anglais, quelques classiques tch\u00e8ques occupent une place importante, comme Josef et Karel \u010capek et surtout Josef Lada. Certains de ces classiques atteignent ainsi des chiffres de vente tout \u00e0 fait honorables sur le march\u00e9 fran\u00e7ais&#160;: <em>Poussin perdu<\/em> (Memo 2014, trad. Xavier Galmiche) de Franti\u0161ek Hrub\u00edn, illustr\u00e9 par Zden\u011bk Miler, d\u00e9passe ainsi les 5 000 exemplaires vendus apr\u00e8s r\u00e9impression. On peut certainement y voir une reconnaissance du public fran\u00e7ais pour le travail de Zden\u011bk Miler, connu en France pour la s\u00e9rie <em>La Petite Taupe<\/em>. Citons \u00e9galement le succ\u00e8s de <em>M\u00e9dor le maxichien<\/em>, de Rudolf \u010cehura, illustr\u00e9 par Ji\u0159\u00ed \u0160alamoun, aux \u00e9ditions la Joie de Lire (2014, trad. Krist\u00fdna Matysov\u00e1, Benoit Meunier).<\/p>\n\n\n\n<p>Toujours selon Delphine Beccaria, on constate \u00e9galement une tendance des \u00e9diteurs fran\u00e7ais \u00e0 publier des ouvrages \u00ab&#160;vintages&#160;\u00bb et des livres \u00ab&#160;pop-up&#160;\u00bb&#160;: c\u2019est le cas des livres de Vojt\u011bch Kubasta et Rudolf Luke\u0161, sortis en Tch\u00e9coslovaquie dans les ann\u00e9es 1960, et repris avec succ\u00e8s en fran\u00e7ais ces derni\u00e8res avec la s\u00e9rie <em>Tip Top sur la lune<\/em>, etc.&nbsp;(Mango 2017, trad. Arianne Bataille) et pour Rudolf Luke\u0161&#160;: <em>Tigre<\/em> <em>et compagnie<\/em>, etc. (Helium 2016, trad. Jos\u00e9phine Manoury), ou encore <em>Hyppolite le cheval change de vie<\/em>, etc. (Quatre fleuve 2018, trad. Petra Bartikov\u00e1 et Pavla Han\u00e1\u010dkov\u00e1). Des livres tch\u00e8ques contemporains pour enfants sortent \u00e9galement en France et connaissent des ventes non n\u00e9gligeables, comme <em>Ursin et Ursulin<\/em> de Zbyn\u011bk \u010cern\u00edk et Al\u017eb\u011bta Sk\u00e1lov\u00e1 (Memo 2013, trad. Xavier Galmiche). Mais la rapidit\u00e9 de rotation fait que les ouvrages sont parfois pilonn\u00e9s&#160;: c\u2019est le cas de <em>Flora mon ours<\/em> de Daisy Mr\u00e1zkov\u00e1 (Albin Michel 2010, trad. Katarina Mr\u00e1zek), 3 ans apr\u00e8s sa parution.<\/p>\n\n\n\n<p>On notera que ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la majorit\u00e9 des ouvrages traduits en France et venant de Tch\u00e9quie sont des semi-documentaires&#160;: <em>Abel, le roi des abeilles<\/em> (Aneta Holasov\u00e1, Gl\u00e9nat 2019, trad. Eurydice Antolin) et <em>Ravouka<\/em> (Tereza Vostradovsk\u00e1, Amaterra 2018, trad. Al\u017eb\u011bta Amien), sur le th\u00e8me de la nature, ou <em>Picnic Japonais<\/em> de Monika Baudi\u0161ov\u00e1 et Jordi Trilla (Actes Sud Junior 2019, trad. Jean-Gaspard P\u00e1len\u00ed\u010dek), et <em>Comme un oiseau&#160;: d\u00e9couvre\u2026<\/em>de \u0160\u00e1rka Fenykov\u00e1 et Tom\u00e1\u0161 Pernick\u00fd (Kimane 2019) sont tous des ouvrages qui oscillent entre r\u00e9cit et documentaire. Delphine Beccaria explique ainsi cette tendance&#160;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&#160;En ce qui concerne les achats de droits \u00e9trangers en jeunesse, les \u00e9diteurs se focalisent sur les documentaires et semi-documentaire pour les langues \u2018rares\u2019&#160;: tch\u00e8que, polonais\u2026 car cela repr\u00e9sente un secteur \u00e0 rotation rapide et une s\u00e9curit\u00e9 sur les ventes. Le documentaire rassure.&#160;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, deux \u00e9l\u00e9ments importants&#160;: l\u2019espace \u00e9ditorial fran\u00e7ais est \u00e9galement occup\u00e9 par des auteurs tch\u00e8ques publiant massivement \u00e0 l\u2019\u00e9tranger tels Miroslav \u0160a\u0161ek, Peter S\u00eds ou Petr Hor\u00e1\u010dek, tandis que d\u2019autres, comme Kv\u011bta Pacovsk\u00e1 et Kate\u0159ina Ba\u017eantov\u00e1, travaillent en collaboration directe avec des \u00e9diteurs fran\u00e7ais. Delphine Beccaria ajoute qu\u2019<em>\u00ab&#160;un seul \u00e9diteur constitue un v\u00e9ritable catalogue pertinent et intelligent, sachant mixer patrimoine et contemporain&#160;: ce sont les \u00e9ditions MeMo.&#160;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019ensemble, il appara\u00eet clairement que le passage d\u2019un livre d\u2019une langue \u00e0 l\u2019autre et sa r\u00e9ception ne tiennent pas seulement \u00e0 ses qualit\u00e9s, mais \u00e0 divers facteurs plus ou moins al\u00e9atoires&#160;: go\u00fbt des \u00e9diteurs, sujets d\u2019actualit\u00e9, rencontres personnelles, travail de diffusion des agents et des traducteurs, etc. Des livres dont on pourrait penser que leurs qualit\u00e9s leur donnent une dimension internationale restent ainsi cloisonn\u00e9s dans leur langue, ou ne passent que dans certaines r\u00e9gions. On assiste m\u00eame, parfois, \u00e0 un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019<em>entropie culturelle<\/em>, avec l\u2019\u00e9norme succ\u00e8s de certains titres dans un pays, sans commune mesure avec celui de leur pays d\u2019origine (citons par ex. <em>Pierre et Luce<\/em> de Romain Rolland, v\u00e9ritable best-seller en Tch\u00e9quie), et, inversement, l\u2019anonymat total \u00e0 l\u2019\u00e9tranger de titres qui irriguent une litt\u00e9rature nationale pendant des d\u00e9cennies. Globalement, cependant, un trait commun des livres qui restent peu ou pas traduits dans des langues \u00e9trang\u00e8res r\u00e9side dans le fait qu\u2019ils sont trop ancr\u00e9s dans leur contexte culturel, et c\u2019est probablement le cas pour de nombreux romans tch\u00e8ques sortis ces vingt derni\u00e8res ann\u00e9es. Il semble enfin que la g\u00e9n\u00e9ration tch\u00e8que actuelle peine \u00e0 produire des romanciers dont l\u2019\u0153uvre pourrait s\u2019inscrire au patrimoine litt\u00e9raire mondial, comme ce fut le cas pour certains au XXe si\u00e8cle. Cependant, l\u00e0 encore, la cons\u00e9cration n\u2019arrive-t-elle pas souvent tard, et de fa\u00e7on plut\u00f4t inattendue&#160;?<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s une travers\u00e9e du d\u00e9sert dans les ann\u00e9es 2000 et 2010, le nombre de titres traduits du tch\u00e8que et publi\u00e9s en fran\u00e7ais est donc en sensible augmentation ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Cette embellie est visible notamment \u00e0 travers le nombre de titres ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du programme d\u2019aide \u00e0 la traduction du Minist\u00e8re tch\u00e8que de la culture, lanc\u00e9 en 1998, et qui s\u2019est consid\u00e9rablement d\u00e9velopp\u00e9 depuis&#160;: entre 2015 et 2020, on passe de 83 \u00e0 280 titres financ\u00e9s sur l\u2019ensemble des langues concern\u00e9es. Pour le domaine fran\u00e7ais uniquement, en 2010, trois traductions (1 roman et 2 volumes de po\u00e9sie) b\u00e9n\u00e9ficiaient d\u2019un soutien \u00e0 la publication&#160;; en 2020, dix ans plus tard, elles \u00e9taient neuf (3 romans, 3 BD, 2 volumes de po\u00e9sie et 1 volume de philosophie). Cependant, cette augmentation num\u00e9rique est surtout due \u00e0 une diversification des genres traduits, et une forte progression de la bande dessin\u00e9e et de la litt\u00e9rature pour enfants. Il nous reste \u00e0 esp\u00e9rer qu\u2019il ne s\u2019agisse pas d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne exceptionnel mais d\u2019une tendance lourde qui confirmerait que l\u2019on assiste, selon l\u2019\u00e9diteur Jean-Luc Fromental (Deno\u00ebl), \u00e0 \u00ab&#160;l\u2019Europe en train de se faire&#160;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon Rad\u00edm Kop\u00e1\u010d, cette meilleure visibilit\u00e9 de la litt\u00e9rature tch\u00e8que en France, bien que toute relative, est principalement due \u00e0 deux facteurs&#160;: d\u2019une part, l\u2019apport du programme de subventions \u00e0 la traduction d\u2019\u0153uvres tch\u00e8ques, et d\u2019autre part, la cr\u00e9ation du Czechlit (\u010cesk\u00e9 Liter\u00e1rn\u00ed Centrum) en 2017, organisme charg\u00e9 de soutenir la cr\u00e9ation litt\u00e9raire sous tous ses aspects. Dans ce domaine, les traducteurs pourront confirmer le r\u00f4le essentiel de ces deux institutions&#160;: celui du Minist\u00e8re, dont les financements p\u00e8sent souvent dans la balance afin de convaincre les \u00e9diteurs frileux de publier de nouvelles traductions, et celui du Czechlit \u00e0 tous les niveaux du \u00ab&#160;passage&#160;\u00bb entre les deux litt\u00e9ratures&#160;: commandes de traduction d\u2019extraits&#160;; organisation de rencontres entre \u00e9diteurs, auteurs, traducteurs et \u00e9tudiants&#160;; conf\u00e9rences&#160;; participation aux salons&#160;; r\u00e9sidences&#160;; etc.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, il me semble que l\u2019essor actuel de la litt\u00e9rature tch\u00e8que en France, si tant est qu\u2019il existe, est aussi le fait du travail de traducteurs motiv\u00e9s qui cherchent \u00e0 placer les \u0153uvres qu\u2019ils aiment et qu\u2019ils veulent partager avec leur public, et celui d\u2019\u00e9diteurs tch\u00e8ques qui n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 communiquer et partager leur passion avec leurs homologues fran\u00e7ais (je pense ici par exemple aux \u00e9ditions Baobab). Et puis, surtout, on peut y voir un r\u00e9el regain d\u2019int\u00e9r\u00eat de la part du public fran\u00e7ais pour les litt\u00e9ratures \u00e9trang\u00e8res en g\u00e9n\u00e9ral. Car c\u2019est cet int\u00e9r\u00eat qui est \u00e0 l\u2019origine de la cr\u00e9ation de maisons d\u2019\u00e9ditions ind\u00e9pendantes qui prennent le risque de publier des romans traduits de langues dites \u00ab&#160;rares&#160;\u00bb&#160;: ce fut le cas lors de l\u2019aventure de Mirobole, \u00e0 Bordeaux, c\u2019est le cas plus r\u00e9cemment pour les \u00e9ditions Do ou les \u00e9ditions Bleu &amp; Jaune. Mais c\u2019est aussi celui de maisons plus \u00e9tablies, parfois traditionnellement tourn\u00e9es vers la litt\u00e9rature d\u2019Europe centrale, comme Le Sonneur, Cambourakis, Noir sur Blanc, La Baconni\u00e8re, La Contre-All\u00e9e, Non-Lieu, et de maisons plus anciennes&#160;: Deno\u00ebl, Actes Sud, La Diff\u00e9rence, Les Syrtes. Et c\u2019est le travail de ces \u00e9diteurs, au final, qui fait la diff\u00e9rence.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelle id\u00e9e se fait-on d\u2019une litt\u00e9rature \u00e9trang\u00e8re quand on n\u2019en traduit qu\u2019une (trop) petite partie&#160;&#160;? Quelles diff\u00e9rences apparaissent si l\u2019on compare le panorama litt\u00e9raire tch\u00e8que au paysage des ouvrages qui en sont traduits vers le fran\u00e7ais&#160;&#160;? 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