{"id":107919,"date":"2021-05-14T18:00:47","date_gmt":"2021-05-14T16:00:47","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=107919"},"modified":"2021-07-07T11:18:28","modified_gmt":"2021-07-07T09:18:28","slug":"sommet-de-paris-y-a-t-il-un-variant-chinois-de-la-dette-africaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2021\/05\/14\/sommet-de-paris-y-a-t-il-un-variant-chinois-de-la-dette-africaine\/","title":{"rendered":"Sommet de Paris : y a-t-il un variant chinois de la dette africaine ?"},"content":{"rendered":"\n
Le jeudi de l\u2019ascension, l\u2019\u00c9lys\u00e9e a confirm\u00e9 que le 18 mai prochain, le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique accueillera le Sommet sur le financement des \u00e9conomies africaines, au Grand Palais \u00c9ph\u00e9m\u00e8re, \u00e0 Paris. \u00ab Ce Sommet sur le financement des \u00e9conomies africaines fait suite \u00e0 la diffusion d\u2019une tribune de 18 dirigeants africains et europ\u00e9ens, publi\u00e9e le 15 avril 2020, en faveur d\u2019une mobilisation de la communaut\u00e9 internationale pour affronter les cons\u00e9quences de la crise sanitaire et \u00e9conomique caus\u00e9e en Afrique par la pand\u00e9mie \u00bb. Au premier chef, c\u2019est la dette qui pr\u00e9occupe les nombreux chefs d\u2019\u00c9tat africains qui seront pr\u00e9sents physiquement \u00e0 Paris d\u00e8s le 17 mai et qui dineront \u00e0 l\u2019\u00c9lys\u00e9e le m\u00eame jour. Et ce n’est pas une nouveaut\u00e9, car d\u00e8s le mois de mars, les Institutions de Bretton Woods (IBW) proclamaient la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un all\u00e8gement de la dette pour les nombreux pays \u00e9ligibles au guichet de financement des pauvres <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Si les IBW ont encore des instruments de contrainte et des facilit\u00e9s de liquidit\u00e9 pour les \u00c9tats clients de l\u2019Association Internationale pour le D\u00e9veloppement (IDA) <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>, elles d\u00e9faillent devant le chaos qu\u2019est devenu leur endettement souverain. Ce sont de grandes turbulences qui secouent les march\u00e9s de la dette souveraine et remettent en cause des pratiques dangereuses qu\u2019on ne sait pas vraiment, comme un virus malin, traiter, ainsi que le livre blanc de la banque Lazard le rappelait d\u00e8s septembre 2020 <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Au premier rang de ces maudits de la dette, l\u2019Afrique.<\/p>\n\n\n\n Ainsi, malgr\u00e9 le caract\u00e8re tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019intitul\u00e9 de la r\u00e9union du 18 mai, le but du Pr\u00e9sident fran\u00e7ais est d\u2019aider les dirigeants africains, en pleine tourmente politique, sociale et \u00e9conomique, \u00e0 trouver une solution \u00e0 la crise des remboursements \u00e0 laquelle leurs pays sont confront\u00e9s. Il ne s\u2019agit donc pas en principe d\u2019une simple n\u00e9gociation entre financiers, dont le Club de Paris est coutumier. Cette enceinte (le Club de Paris) g\u00e8re les restructurations des pr\u00eats consentis par les \u00c9tats et les agences publiques des pays occidentaux qui en sont membres. Elle n\u2019a pas l\u2019habitude de faire de cadeaux et comptabilise par exemple pour le Soudan des int\u00e9r\u00eats de retard depuis 1984 <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Le plus grave est que ces pays d\u00e9biteurs, traqu\u00e9s par leurs cr\u00e9anciers depuis des d\u00e9cennies <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>, se trouvent \u00eatre les plus pauvres de la plan\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n Avec la faim et \u00e0 la maladie, leurs populations connaissent guerres et dictatures depuis la p\u00e9riode coloniale <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span> <\/sup>et renouent, en temps de SARS-Cov-2, avec les vieilles recettes du FMI : d\u00e9valuation de la monnaie nationale <\/span>7<\/sup><\/a><\/span><\/span>, fin des subventions de l\u2019\u00c9tat et paiement de la dette. Ce bilan peu engageant s\u2019alourdit car le poids et la structure de la dette souveraine africaine ont \u00e9volu\u00e9 d\u00e9favorablement <\/span>8<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Le FMI et la Banque mondiale demandent \u00e0 l\u2019\u00c9thiopie, par exemple, de r\u00e9duire les importations et d\u2019accentuer les r\u00e9ductions de d\u00e9penses sociales pour que ce pays puisse rembourser la dette qu\u2019il a contract\u00e9 aupr\u00e8s de cr\u00e9anciers priv\u00e9s o\u00f9 l’on trouve des banques commerciales, des fournisseurs, des traders, des partenaires comme l\u2019Inde, la Chine, la Turquie qui n\u2019entendent pas se soumettre aux conditions pr\u00f4n\u00e9es en avril 2020 par le G20 dans le cadre de l\u2019Initiative pour la Suspension du Service de la Dette <\/span>9<\/sup><\/a><\/span><\/span> (DSSI). Ces nouveaux pr\u00eateurs ne se pr\u00e9cipiteront pas au Sommet du Palais \u00c9ph\u00e9m\u00e8re alors qu\u2019ils d\u00e9tiennent la cl\u00e9 d\u2019un traitement novateur souhait\u00e9 par le Pr\u00e9sident Macron.<\/p>\n\n\n\n Malgr\u00e9 le caract\u00e8re tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019intitul\u00e9 de la r\u00e9union du 18 mai, le but du Pr\u00e9sident fran\u00e7ais est d\u2019aider les dirigeants africains, en pleine tourmente politique, sociale et \u00e9conomique, \u00e0 trouver une solution \u00e0 la crise des remboursements \u00e0 laquelle leurs pays sont confront\u00e9s. Il ne s\u2019agit donc pas en principe d\u2019une simple n\u00e9gociation entre financiers, dont le Club de Paris est coutumier.<\/p>Olivier Vall\u00e9e<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Les plus lucides des analyses pr\u00e9disent en cette ann\u00e9e 2021 un double choc <\/span>10<\/sup><\/a><\/span><\/span> pour la partie la plus vuln\u00e9rable du continent africain. Si elle a soulag\u00e9 leur tr\u00e9sorerie budg\u00e9taire, la DSSI ne r\u00e9pond pas \u00e0 la mutation de la structure de la dette des \u00c9tats africains rassembl\u00e9s au Palais \u00c9ph\u00e9m\u00e8re le 18 mai. La seule C\u00f4te d\u2019Ivoire totalise un endettement de 13,6 milliards de dollars d\u2019Eurobond <\/span>11<\/sup><\/a><\/span><\/span> \u00e0 fin 2020 et en a emprunt\u00e9 de nouveau 1,3 milliard au dernier trimestre 2020 pour payer les int\u00e9r\u00eats sur les pr\u00e9c\u00e9dentes \u00e9missions <\/span>12<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Comme lors des pr\u00e9c\u00e9dentes crises syst\u00e9miques de la dette, \u00e0 travers la DSSI, les institutions financi\u00e8res internationales et les \u00c9tats occidentaux n\u2019ont servi qu\u2019\u00e0 garantir un flux minimal de service de la dette en faveur des d\u00e9tenteurs priv\u00e9s d\u2019obligations ou de cr\u00e9ances p\u00e9troli\u00e8res. Ce \u00ab vieux monde \u00bb de la finance internationale doit trouver encore un sch\u00e9ma plus ambitieux que celui qu\u2019offre le cadre commun de la DSSI.<\/p>\n\n\n\n Pour les dirigeants d\u2019\u00c9tats souvent d\u00e9crits comme en faillite, le SARS-Cov-2 a paradoxalement offert l\u2019opportunit\u00e9 de s\u2019extirper de la trappe de liquidit\u00e9 <\/span>13<\/sup><\/a><\/span><\/span> dans laquelle les pressions des pr\u00eateurs divers les poussent. Ils invoquent alors, comme Idriss Deby <\/span>14<\/sup><\/a><\/span><\/span>, peu de temps avant sa mort<\/a>, le \u00ab Common Framework \u00bb. Ce cadre commun de discussions et de traitement de la dette souveraine des pays pauvres et tr\u00e8s endett\u00e9s a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re <\/span>15<\/sup><\/a><\/span><\/span> par le G20 que l\u2019Arabie saoudite pr\u00e9sidait et le Club de Paris. Sa finalit\u00e9 \u00e9tait de r\u00e9soudre l\u2019insolvabilit\u00e9 des \u00c9tats endett\u00e9s, principalement africains, c\u2019est-\u00e0-dire de fournir des all\u00e8gements qui produisent des effets sur au moins une d\u00e9cennie et se traduisent par une reprise du d\u00e9veloppement en faveur des plus pauvres. Pourtant ces derniers, frapp\u00e9s par la maladie ou la famine (le k\u00e9r\u00e9 \u00e0 Madagascar <\/span>16<\/sup><\/a><\/span><\/span>) font toujours face au d\u00e9ficit des services publics. La directrice g\u00e9n\u00e9rale du FMI, dans sa lettre du 15 avril 2021 au pr\u00e9sident Sassou Nguesso, r\u00e9cemment r\u00e9\u00e9lu, lui signifiait une fois de plus que la dette congolaise \u00e9tait insoutenable. Et qu\u2019en cons\u00e9quence les d\u00e9caissements du FMI en faveur du Congo seraient interrompus. Ce propos sonne comme un aveu de l\u2019\u00e9chec du G20 \u00e0 contrarier la dynamique infernale d\u2019endettement \u00e0 des conditions commerciales des pays pauvres. Le Sommet de Paris ne signale pas une volont\u00e9 de rupture avec le mode insalubre de financement des d\u00e9s\u00e9quilibres structurels des amis africains de la France. Dans une note pour l\u2019action<\/a> du Groupe d\u2019\u00e9tudes g\u00e9opolitiques, l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, avec Alexandre Pointier, nous rappelions, \u00e0 propos de la dette en Afrique, le besoin d\u2019un espace financier pour sa recomposition en profondeur. Cela semblait en symbiose avec les transformations consid\u00e9rables de l\u2019\u00e9conomie de cette partie du monde et offrir des capitaux de long terme pour l\u2019investissement. Nombre de propositions originales <\/span>17<\/sup><\/a><\/span><\/span>, dans ce sens et bas\u00e9es sur un accord r\u00e9gional, ont vu jour \u00e0 ce moment. Elles semblent bien absentes de l\u2019agenda du 18 mai 2021. <\/p>\n\n\n\n Pourtant les pays riches et les IBW ne pourront ind\u00e9finiment \u00eatre \u00e0 la fois dicteurs de r\u00e8gles sur la dette et \u00ab en m\u00eame temps \u00bb cr\u00e9anciers, tandis que les financements priv\u00e9s devront prouver aussi leur conformit\u00e9 \u00e0 un minimum de d\u00e9ontologie, au contraire des scandaleux <\/span>18<\/sup><\/a><\/span><\/span> financements de thoniers au Mozambique. Comme \u00e0 chaque phase de d\u00e9rangement majeur des comportements hasardeux des banquiers, il faudrait d\u00e9passer l\u2019urgence du besoin de liquidit\u00e9 d\u2019\u00c9tats sans r\u00e9elle tr\u00e9sorerie et songer \u00e0 une relation de pr\u00eat qui soit en liaison avec le d\u00e9veloppement <\/span>19<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Dans le cas mozambicain<\/a>, les critiques de la soci\u00e9t\u00e9 civile contre le scandale de la dette cach\u00e9e seront-elles entendues par les autorit\u00e9s fran\u00e7aises qui, il y a peu encore, soutenaient le r\u00e9gime du FRELIMO dans sa lutte contre l\u2019insurrection du Cabo Delgado <\/span>20<\/sup><\/a><\/span><\/span> ? On peut en douter. Il semble m\u00eame qu\u2019a contrario<\/em> d\u2019une refondation de l\u2019offre de services publics, en particulier pendant le Covid-19, la ligne commune \u00e0 P\u00e9kin et \u00e0 Paris serait de ne pas consentir \u00e0 une restructuration massive <\/span>21<\/sup><\/a><\/span><\/span> de la dette africaine. Ce serait pourtant la premi\u00e8re marche d\u2019un nouvel \u00e9quilibre \u00e9conomique et social et une tentative de chasser les d\u00e9mons de la corruption et de l\u2019\u00e9vasion fiscale sur le continent africain. <\/p>\n\n\n\n Il semble m\u00eame qu\u2019a contrario<\/em> d\u2019une refondation de l\u2019offre de services publics, en particulier pendant le Covid-19, la ligne commune \u00e0 P\u00e9kin et \u00e0 Paris serait de ne pas consentir \u00e0 une restructuration massive de la dette africaine.<\/p>Olivier Vall\u00e9e<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n On en est loin, car en r\u00e9alit\u00e9 le souci imm\u00e9diat du Club de Paris, pr\u00e9sid\u00e9 par le Tr\u00e9sor fran\u00e7ais est de faire participer la Chine <\/span>22<\/sup><\/a><\/span><\/span> au \u00ab cadre commun de la dette \u00bb. La R\u00e9publique Populaire d\u00e9tient \u00e0 pr\u00e9sent une part notable des cr\u00e9ances globales sur le monde \u00e9mergent, du Venezuela au Sri Lanka, en passant par le Soudan et le Tchad. Il faudrait embarquer la Chine sur le m\u00eame bateau <\/span>23<\/sup><\/a><\/span><\/span> que les autres membres du G20 et lui demander, \u00e0 l\u2019\u00e8re Covid, de faciliter l\u2019adaptation des institutions de Bretton Woods et de l\u2019aide publique au d\u00e9veloppement. Certains pensent que ce serait aussi l\u2019occasion de concevoir une approche plus globale <\/span>24<\/sup><\/a><\/span><\/span> de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des richesses et de revaloriser le r\u00f4le de l\u2019Union europ\u00e9enne dans ce domaine. Mais cette derni\u00e8re reste bien timide, y compris pour formuler une d\u00e9marche uniforme entre ses \u00c9tats membres et pour rappeler son attachement \u00e0 la d\u00e9mocratie et aux droits de l\u2019homme comme base du partenariat pour la dette. <\/p>\n\n\n\n Il est assez remarquable d\u2019ailleurs qu\u2019une r\u00e9union qui se tiendra le 17 mai <\/span>25<\/sup><\/a><\/span><\/span> \u00e0 Paris, o\u00f9 le pr\u00e9sident Macron entend r\u00e9introduire le Soudan en tant que destination de l\u2019investissement <\/sup>\u00e9tranger direct (FDI) <\/span>26<\/sup><\/a><\/span><\/span>, ne comporte aucune personnalit\u00e9 connue de l\u2019Union europ\u00e9enne. Certes, elle met en exergue, ce qui est naturel, Madame Vera SONGWE, Secr\u00e9taire ex\u00e9cutive de la Commission \u00c9conomique pour l’Afrique <\/span>27<\/sup><\/a><\/span><\/span> des Nations Unies mais aussi Hafez GHANEM, Vice-Pr\u00e9sident Afrique de l\u2019Est et Australe (World Bank Group) <\/span>28<\/sup><\/a><\/span><\/span>, celui-ci venant tout droit de la p\u00e9riode glorieuse o\u00f9 la Banque mondiale suscitait des \u00e9meutes de la faim, de Madagascar au Maroc, et pr\u00f4nait la privatisation \u00e0 tout crin. Mais cette r\u00e9union du 17 mai, si elle s\u2019inscrit dans l\u2019aventure soudanaise de Paris, initi\u00e9e par une promesse de rembourser les arri\u00e9r\u00e9s de Khartoum vis-\u00e0-vis des IBW <\/span>29<\/sup><\/a><\/span><\/span> si les \u00c9mirats arabes unis levaient leurs sanctions, ne devrait conna\u00eetre son acm\u00e9 que le lendemain. \u00c0 cette occasion, la partie fran\u00e7aise voulait que le premier des Chinois soit pr\u00e9sent, ce qui ne sera pas le cas. Pourtant nombre des chefs des \u00c9tats lourdement endett\u00e9s aupr\u00e8s de P\u00e9kin devraient participer \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement. \u00ab C\u00f4t\u00e9 africain, outre la dizaine de chefs d’\u00c9tat annonc\u00e9s de longue date (Alassane Ouattara, Paul Kagame <\/span>30<\/sup><\/a><\/span><\/span>, F\u00e9lix Tshisekedi, Macky Sall, Muhammadu Buhari, Cyril Ramaphosa, Jo\u00e3o Louren\u00e7o, Uhuru Kenyatta, Alpha Cond\u00e9 ou encore Denis Sassou Nguesso), trois autres pr\u00e9sidents ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s fin avril : le Togolais Faure Gnassingb\u00e9, le Mozambicain Filipe Nyusi et le Nig\u00e9rien Mohamed Bazoum. De son c\u00f4t\u00e9, le pr\u00e9sident camerounais Paul Biya n’a pas re\u00e7u d’invitation, suscitant l’agacement du Palais d’Etoudi. \u00bb <\/span>31<\/sup><\/a><\/span><\/span> L\u2019enthousiasme chinois ne para\u00eet pas au rendez-vous et les r\u00e9unions du 17 mai, dont celle consacr\u00e9e au Soudan sous l\u2019\u00e9gide du MEDEF, seront un tour de piste. Il est difficile de croire \u00e0 un revirement chinois dans la mesure o\u00f9 le Quotidien du Peuple participe \u00e0 \u00ab une vaste campagne m\u00e9diatique dans la presse panafricaine en vantant, \u00e0 grands coups de publireportage, une approche \u00ab \u00e9quilibr\u00e9e et respectueuse \u00bb vis-\u00e0-vis des cr\u00e9anciers africains. \u00bb <\/span>32<\/sup><\/a><\/span><\/span> Le 18 mai, dans la discr\u00e9tion, il sera question de mettre en marche un programme de restructuration de la dette du Soudan. On attendait MBS d\u2019Arabie saoudite mais lui aussi d\u00e9clare forfait et peut-\u00eatre que Lazard obtiendra un mandat de conseil. Que ce soit les riches du Golfe ou les magiciens des reprofilages de dette et des pr\u00e9visions riantes de croissance comme Lazard, ils ne peuvent r\u00e9ellement avancer sans la Chine.<\/p>\n\n\n\n La dette tchadienne, comme celle du Soudan ou du Mozambique, est suppos\u00e9e pollu\u00e9e par les pr\u00eats chinois. En r\u00e9alit\u00e9, le Tchad conna\u00eet depuis plus de 10 ans de graves probl\u00e8mes budg\u00e9taires qui ne tiennent pas seulement \u00e0 ses emprunts chinois.<\/p>\n\n\n\n Il a en effet, pour s\u2019armer, gag\u00e9 son p\u00e9trole aupr\u00e8s du trader Glencore, \u00e9galement un des plus gros op\u00e9rateurs mondiaux pour les minerais strat\u00e9giques comme le cobalt. Et ainsi un partenaire strat\u00e9gique de poids de P\u00e9kin. Les cr\u00e9ances chinoises sur ce pays sont caract\u00e9ris\u00e9es par leur \u00e9ventail et donc la diversit\u00e9 de leur nature <\/span>34<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Il est donc difficile de pr\u00e9tendre leur appliquer la r\u00e8gle du Club de Paris en toute circonstance. La China National Petroleum Corporation (CNPC) pr\u00eate au Tchad sur des bases commerciales et n\u2019a aucune raison de consid\u00e9rer une restructuration selon les conditions du Club de Paris. Les financements de la CNPC sont, comme au Congo Brazzaville, assimilables \u00e0 ceux de Glencore ou de Trafigura. Les refus ou l\u2019incapacit\u00e9 de fournir les cargaisons promises \u00e0 la Chine selon les m\u00e9canismes des \u00ab Oil Backed Loans \u00bb <\/span>35<\/sup><\/a><\/span><\/span> peuvent valoir \u00e0 Ndjamena comme \u00e0 Juba <\/span>36<\/sup><\/a><\/span><\/span> des condamnations devant les cours de justice.<\/p>\n\n\n\n \u00c0 Khartoum, \u00e0 Niamey et \u00e0 Ndjamena, la Chine, \u00e0 la recherche d’hydrocarbures depuis au moins deux d\u00e9cennies, r\u00e9alise que ses partenaires locaux du secteur \u00e9nerg\u00e9tique ne sont pas s\u00fbrs. Leur pr\u00eater davantage, ce \u00e0 quoi aboutit en somme une restructuration de dette, ne pr\u00e9sente pas autant de garanties que celles disponibles chez les \u00ab nations off-shore \u00bb comme l\u2019Angola et le Congo Brazzaville. Dans ces deux pays, la Chine, comme les grands traders bas\u00e9s en Suisse et \u00e0 Duba\u00ef, peut contr\u00f4ler la production, l\u2019embarquement des cargaisons et la domiciliation de leurs ventes. <\/p>\n\n\n\n Une \u00e9tude <\/span>37<\/sup><\/a><\/span><\/span> toute r\u00e9cente et approfondie des financements chinois d\u00e9montre les \u00ab s\u00fbret\u00e9s \u00bb dont s\u2019entoure la Chine avec des \u00ab Oil Backed Loans \u00bb qui n\u2019ont rien \u00e0 envier \u00e0 Glencore ou \u00e0 Trafigura. L\u2019exemple \u00e9quatorien est parlant et de plus ne met pas en sc\u00e8ne la CNPC, mais PetroChina, bel exemple de la multiplicit\u00e9 et de la plasticit\u00e9 du cr\u00e9ancier chinois.<\/p>\n\n\n\n Cette plong\u00e9e dans la technique des montages financiers chinois affiche leur proximit\u00e9 avec les m\u00e9thodes des traders internationaux. C\u2019est aussi l\u2019occasion de constater que l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais lui-m\u00eame n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 emprunter des m\u00e9thodes contraignantes, peu transparentes et loin de l\u2019aide au d\u00e9veloppement avec les pays \u00ab amis \u00bb \u00e0 qui il pr\u00eate <\/span>38<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Cela explique peut-\u00eatre que Paul Biya ne soit pas convi\u00e9 \u00e0 Paris pour la rencontre du Palais \u00c9ph\u00e9m\u00e8re. Son pays a fait preuve pourtant d\u2019une exceptionnelle transparence en fournissant \u00e0 l\u2019enqu\u00eate mentionn\u00e9e <\/span>39<\/sup><\/a><\/span><\/span> toutes les informations sur les contrats de pr\u00eats, en principe secrets, de ses d\u00e9fiants partenaires au d\u00e9veloppement. <\/p>\n\n\n\n Il n\u2019est pas certain que la diplomatie chinoise soit attir\u00e9e par un retour en gr\u00e2ce du Soudan sur la sc\u00e8ne internationale. En effet, la perte du Sud Soudan relativise l\u2019int\u00e9r\u00eat de Khartoum <\/span>40<\/sup><\/a><\/span><\/span> comme fournisseur et comme emprunteur. Cependant ce pays reste une \u00e9tape de l’initiative des nouvelles routes de la soie. Mais d\u2019une importance bien moindre que Djibouti ou Nairobi. Quoiqu\u2019il en soit, par la diff\u00e9rence de nature des cr\u00e9ances et la tendance de la Chine \u00e0 s\u2019aligner, comme au Mozambique, sur les conditions des march\u00e9s financiers, on peut difficilement attendre que sa contribution \u00e0 un \u00ab Common Framework \u00bb \u00e9largi aux pays non-membres du Club de Paris soit significative <\/span>41<\/sup><\/a><\/span><\/span>. La Chine veut jouer les r\u00e8gles du march\u00e9 et non pas le \u00ab Common Framework \u00bb. De plus elle use parfois (involontairement peut-\u00eatre) de l\u2019impr\u00e9cision du glossaire de la dette qui fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un anglais souvent fabriqu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n Il n\u2019est pas certain que la diplomatie chinoise soit attir\u00e9e par un retour en gr\u00e2ce du Soudan sur la sc\u00e8ne internationale. En effet, la perte du Sud Soudan relativise l\u2019int\u00e9r\u00eat de Khartoum comme fournisseur et comme emprunteur. Cependant ce pays reste une \u00e9tape de l’initiative des nouvelles routes de la soie.<\/p>Olivier Vall\u00e9e<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Ainsi \u00ab debt relief \u00bb qui appartient plut\u00f4t au langage du Club de Paris et des IBW se trouve rapproch\u00e9 de \u00ab debt-write offs \u00bb souvent pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 par le gouvernement chinois pour effacer des arri\u00e9r\u00e9s en proportions minimes de ses partenaires africains <\/span>O\u00f9 sont les cr\u00e9anciers du troisi\u00e8me type ?<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
Les faiblesses du cadre commun<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
Le test soudanais ?<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
Le passager mandchou<\/strong> ? <\/span>33<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/h2>\n\n\n\n