{"id":10715,"date":"2018-06-16T23:08:09","date_gmt":"2018-06-16T22:08:09","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/?p=10715"},"modified":"2019-10-14T00:35:29","modified_gmt":"2019-10-13T22:35:29","slug":"un-grand-homme-de-province-en-hongrie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2018\/06\/16\/un-grand-homme-de-province-en-hongrie\/","title":{"rendered":"Un grand homme de province en Hongrie"},"content":{"rendered":"\n
\u00c0 l\u2019approche des \u00e9lections europ\u00e9ennes de 2019, le positionnement du dirigeant hongrois au sein de l\u2019Union europ\u00e9enne inqui\u00e8te des dirigeants de l’Union et suscite des pol\u00e9miques \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition : d\u2019apr\u00e8s un article r\u00e9cemment publi\u00e9 dans <\/a><\/em>Le Monde<\/a>, le Parti Populaire Europ\u00e9en (PPE) refuse d\u2019exclure de ses rangs les membres du Parti de Viktor Orban (Fidesz), vivement critiqu\u00e9 pour sa ligne politique illib\u00e9rale et contraire \u00e0 l\u2019Etat de droit. Cette r\u00e9ticence est due au fait que le PPE a besoin du soutien des sympathisants de la politique de Viktor Orban pour gagner les votes populistes lors des \u00e9lections europ\u00e9ennes. D\u00e8s lors, pour les dirigeants de la droite europ\u00e9enne, le Premier ministre hongrois appara\u00eet comme un acteur cl\u00e9 des \u00e9lections de 2019.<\/em><\/p>\n\n\n\n Quant \u00e0 la sc\u00e8ne nationale, le Parlement hongrois \u2013 o\u00f9 le parti de Viktor Orban a obtenu deux tiers des si\u00e8ges lors des \u00e9lections l\u00e9gislatives du 8 avril 2018 \u2013 votera dans les semaines \u00e0 venir sur la proposition de loi \u00ab Stop-Soros \u00bb soutenue et pouss\u00e9e par le Premier ministre. Cette loi vise notamment \u00e0 restreindre consid\u00e9rablement la marge de man\u0153uvre des ONG financi\u00e8rement soutenues par le milliardaire am\u00e9ricano-hongrois, George (Gy\u00f6rgy) Soros. L\u2019un de leurs objectifs est notamment d\u2019aider les migrants \u00e0 traverser la fronti\u00e8re hongroise et \u00e0 s\u2019installer dans le pays, ce qui constitue une menace constante pour la ligne politique du Premier ministre.<\/em><\/p>\n\n\n\n \u00ab Dans les huit derni\u00e8res ann\u00e9es, la soci\u00e9t\u00e9 hongroise a tout fait tout pour \u00e9viter que la Hongrie ait un dirigeant qui affirme qu\u2019\u00e0 part lui il n\u2019y a pas d\u2019autre alternative. Si un homme politique dit cela, il ne veut pas gouverner mais r\u00e9gner sur la soci\u00e9t\u00e9. \u00bb <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>, d\u00e9clarait Viktor Orb\u00e1n en 1998. Pourtant vingt ans apr\u00e8s, en 2018, c\u2019est le m\u00eame Viktor Orb\u00e1n qui va \u00e0 l\u2019encontre de ses propres propos en se pr\u00e9sentant comme le seul candidat capable de prot\u00e9ger le pays : \u00ab \u00c0 la fin de la campagne [de l\u2019\u00e9lection hongroise de 2018] les choses sont simples, il y a deux alternatives. L\u2019une est incarn\u00e9e par les candidats de Gy\u00f6rgy Soros [les partis de l\u2019opposition] l\u2019autre par les candidats du Fidesz [le parti d\u2019Orb\u00e1n]. Pour nous le plus important est la Hongrie, pour eux le pouvoir. Ils sont pr\u00eats \u00e0 tout faire pour l\u2019argent et pour le pouvoir. \u00bb <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Comment expliquer ce changement de comportement drastique de l\u2019actuel Premier ministre de la Hongrie ? Afin de r\u00e9pondre \u00e0 cette interrogation, retra\u00e7ons le parcours politique de Viktor Orb\u00e1n qui a commenc\u00e9 sa carri\u00e8re en tant que jeune homme politique lib\u00e9ral en 1988 et qui est en 2018 un dirigeant populiste tr\u00e8s controvers\u00e9, \u00e0 la t\u00eate d\u2019une d\u00e9mocratie qu\u2019il n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 revendiquer comme illib\u00e9rale.<\/p>\n\n\n\n \u00c0 la fin des ann\u00e9es 1980, \u00e9tudiant en droit, Viktor Orban critique vivement le r\u00e9gime du parti unique en Hongrie, alors dirig\u00e9 par le Parti socialiste ouvrier hongrois. Ce jeune homme, qui a consacr\u00e9 un m\u00e9moire \u00e0 Solidarnosc, veut mettre fin \u00e0 ce syst\u00e8me antid\u00e9mocratique en r\u00e9tablissant l\u2019\u00c9tat de droit dans le pays. C\u2019est avec cet objectif qu\u2019Orb\u00e1n et ses camarades de classe \u2013 venant majoritairement d\u2019un milieu intellectuel \u2013 fondent un nouveau parti politique lib\u00e9ral en 1988, le Fidesz (Fiatal Demokrat\u00e1k Sz\u00f6vets\u00e9ge\/Alliance des jeunes d\u00e9mocrates). Il devient connu \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale gr\u00e2ce \u00e0 \u00e0 une intervention d\u2019Orb\u00e1n le 16 juin 1989 \u00e0 l\u2019occasion de r\u00e9-enterrement d\u2019Imre Nagy, le Premier ministre ex\u00e9cut\u00e9 qui est devenue le symbole de la r\u00e9volution de 1956. Dans son \u00a0discours prononc\u00e9 \u00e0 cette occasion, Orb\u00e1n exige que les troupes sovi\u00e9tiques \u2013 pr\u00e9sentes en Hongrie depuis 1945 \u2013 quittent d\u00e9finitivement le pays :<\/p>\n\n\n\n Mes concitoyens,<\/em><\/p>\n\n\n\n Depuis la mise en place de la dictature communiste et l\u2019occupation russe de la Hongrie il se pr\u00e9sentait une seule opportunit\u00e9 [en 1956] pour notre nation qui arrivait \u00e0 recueillir toute sa force et tout son courage, pour arriver aux buts d\u00e9j\u00e0 revendiqu\u00e9es lors de la r\u00e9volution 1848 contre l\u2019oppression des Habsbourg. Ces buts sont l\u2019ind\u00e9pendance nationale et la libert\u00e9 politique. Nos objectifs n\u2019ont pas chang\u00e9 depuis. Comme on n\u2019oublie pas la r\u00e9volution de 1848 on n\u2019oublie pas celle de 1956 non plus, contre l\u2019oppression sovi\u00e9tique. Les jeunes qui croient dans la mise en place d\u2019un r\u00e9gime politique d\u00e9mocratique respectent [\u2026] Imre Nagy, Premier ministre ex\u00e9cut\u00e9 [qui \u00e9tait l\u2019un des victimes des repr\u00e9sailles sovi\u00e9tiques en 1956]<\/em>.<\/p>\n\n\n\n Ensuite, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019aide financi\u00e8re offerte par la Fondation de George, son d\u00e9sormais ennemi jur\u00e9, il obtient une bourse et peut partir \u00e0 Oxford pour faire des recherches sur l\u2019id\u00e9e de soci\u00e9t\u00e9 civile dans la philosophie politique europ\u00e9enne. Pourtant, Orb\u00e1n n\u2019y finit pas ses travaux universitaires car il rentre en Hongrie afin de participer aux premi\u00e8res \u00e9lections l\u00e9gislatives libres depuis la chute du rideau de fer en 1990. Il est \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 et si\u00e8ge dans la section lib\u00e9rale au Parlement.<\/p>\n\n\n\n \u00ab Ce jeune homme, qui a consacr\u00e9 un m\u00e9moire \u00e0 Solidarnosc, veut mettre fin \u00e0 ce syst\u00e8me antid\u00e9mocratique en r\u00e9tablissant l\u2019\u00c9tat de droit dans le pays. C\u2019est avec cet objectif qu\u2019Orb\u00e1n et ses camarades de classe \u2013 venant majoritairement d\u2019un milieu intellectuel \u2013 fondent un nouveau parti politique lib\u00e9ral en 1988, le Fidesz. \u00bb<\/p>Eszter Karacsony<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n C\u2019est en 1994, apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec du gouvernement MDF (Forum d\u00e9mocrate hongrois de tendance d\u00e9mocrate-chr\u00e9tien et lib\u00e9ral-conservatrice), notamment en lien avec l\u2019augmentation du taux de ch\u00f4mage, qu\u2019Orb\u00e1n change sa ligne politique. A partir de ce moment-l\u00e0, lui et son parti commencent \u00e0 pr\u00f4ner des valeurs conservatrices et nationales. Le Fidesz arrive \u00e0 combler la lacune politique laiss\u00e9e par le MDF et gagne les \u00e9lections l\u00e9gislatives en 1998. Orb\u00e1n devient Premier ministre pour la premi\u00e8re fois en fondant une alliance gouvernementale avec le FKgP (Parti civique ind\u00e9pendant des petits propri\u00e9taires et des travailleurs agraires). N\u00e9anmoins en raison de son style arriviste, cynique et m\u00eame parfois agressif, Orb\u00e1n et son parti perdent les \u00e9lections l\u00e9gislatives de 2002 et de 2006. Cependant, tant qu\u2019il est dans l\u2019opposition il arrive \u00e0 construire une base \u00e9lectorale extr\u00eamement solide d\u2019une part \u00e0 la campagne et d\u2019autre part parmi les Hongrois d\u2019outre fronti\u00e8res (notamment en Transylvanie).<\/p>\n\n\n\n La popularit\u00e9 d\u2019Orb\u00e1n au sein des Hongrois d\u2019outre-fronti\u00e8res (les minorit\u00e9s hongroises \u00e0 l\u2019\u00e9tranger qui, depuis le Trait\u00e9 de Trianon, vivent dans les pays frontaliers avec la Hongrie) remonte au r\u00e9f\u00e9rendum de 2004 sur l\u2019attribution ou non de la nationalit\u00e9 hongroise \u00e0 ces populations. Le Fidesz est le seul parti politique \u00e0 avoir fait une campagne en faveur de l\u2019attribution. Ainsi, Orb\u00e1n arrive \u00e0 gagner la sympathie des Hongrois d\u2019outre-fronti\u00e8res, qui \u2013 \u00e0 partir de ce moment-l\u00e0 \u2013 votent majoritairement pour lui.<\/p>\n\n\n\n Suite aux ann\u00e9es dans l\u2019opposition, en 2010 \u2013 en raison des scandales de corruption du parti gouvernant socio-d\u00e9mocrate (MSZP) et les effets n\u00e9gatifs de la crise financi\u00e8re \u2013 l\u2019occasion se pr\u00e9sente pour le dirigeant du Fidesz de gagner les \u00e9lections l\u00e9gislatives et d\u2019obtenir les deux tiers des si\u00e8ges au Parlement, ratio suffisant pour changer la Constitution. A partir de ce moment, Orb\u00e1n commence \u00e0 mettre en place, \u00e9tape par \u00e9tape, un \u00c9tat illib\u00e9ral<\/a>.<\/p>\n\n\n\n Premi\u00e8rement, il limite peu \u00e0 peu la s\u00e9paration des pouvoirs ex\u00e9cutif, l\u00e9gislatif et juridique en pla\u00e7ant ses proches et ses confidents (Tamas Sulyok, Peter Polt, Laszlo Domokos, L\u00e1szl\u00f3, Monika Karas. Laszl\u00f3 Sz\u00e9kely, T\u00fcnde Hando) \u00e0 la t\u00eate des diverses institutions de l\u2019Etat : l\u2019Ombudsman, le Procureur g\u00e9n\u00e9ral, le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, les juges de la Cour constitutionnelle.<\/p>\n\n\n\n Deuxi\u00e8mement, les membres du Fidesz (en majorit\u00e9 au Parlement : il repr\u00e9sente pr\u00e8s de deux tiers des si\u00e8ges et a obtenu en 2010 52,8 % des voix), votent la modification de la loi sur le syst\u00e8me \u00e9lectoral. Cette nouvelle loi facilite la participation des Hongrois d\u2019outre-fronti\u00e8res aux \u00e9lections l\u00e9gislatives en leur permettant de voter par lettre, contrairement aux Hongrois \u00e9migr\u00e9s dans d\u2019autres pays, souvent peu favorables au parti Fidesz, qui peuvent uniquement voter dans les ambassades ou les consulats. De plus, le d\u00e9coupage d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 des circonscriptions \u00e9lectorales est favorable au parti d\u2019Orb\u00e1n et contribue \u00e0 ses victoires accablantes en 2014 (44,2 % des voix) et en 2018 (49,3 %). Ce d\u00e9coupage vise \u00e0 morceler des grandes villes en les rattachant aux circonscriptions majoritairement compos\u00e9es des petits villages pro Fidesz.<\/p>\n\n\n\n Troisi\u00e8mement, Orb\u00e1n cherche \u00e0 contr\u00f4ler les m\u00e9dias publics et priv\u00e9s, soit en mettant \u00e0 leur t\u00eate ses proches (cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9vision M1, TV2), soit sous couvert des raisons \u00e9conomiques (le journal N\u00e9pszabads\u00e1g<\/em>). De ce fait, Orb\u00e1n va ouvertement \u00e0 l\u2019encontre du droit fondamental qu\u2019est la libert\u00e9 d\u2019expression. De surcro\u00eet, il attaque ouvertement les ONG et la soci\u00e9t\u00e9 civile, faisant ainsi obstacle \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019association.<\/p>\n\n\n\n Finalement, afin de rester au pouvoir, le dirigeant qui a r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9tablir une d\u00e9mocratie illib\u00e9rale o\u00f9 l\u2019Etat de droit et les libert\u00e9s fondamentales ne sont pas respect\u00e9s, cherche constamment \u00e0 cr\u00e9er des \u00ab ennemis \u00bb, que ce soit les migrants, le milliardaire hongrois Geroge Soros, les dirigeants de l\u2019Union europ\u00e9enne ou encore l\u2019ONU. L\u2019important pour Orb\u00e1n est d\u2019alimenter la peur des gens de ces \u00ab ennemis \u00bb ext\u00e9rieurs ou m\u00eame int\u00e9rieurs (les \u00ab agents \u00bb de Soros, incarn\u00e9s par les ONGs et les candidats des partis de l\u2019opposition). De ce fait, en jouant sur les craintes des \u00e9lecteurs <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>, il arrive \u00e0 se pr\u00e9senter comme le seul et unique protecteur de la nation.<\/p>\n\n\n\n Ces ph\u00e9nom\u00e8nes pr\u00e9c\u00e9demment mentionn\u00e9s expliquent la troisi\u00e8me victoire cons\u00e9cutive de Viktor Orb\u00e1n aux \u00e9lections l\u00e9gislatives d\u2019avril 2018. En raison de ces campagnes de haine contre ces \u00ab ennemis \u00bb, un syst\u00e8me \u00e9lectoral d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 et favorable au Fidesz et des m\u00e9dias principalement d\u00e9tenus par les proches du Premier ministre, le dirigeant populiste arrive de nouveau \u00e0 remporter les \u00e9lections l\u00e9gislatives en obtenant les deux tiers des si\u00e8ges au Parlement. Cependant des clivages importants se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s : un foss\u00e9 se creuse entre la capitale et la campagne. Budapest, la capitale, a vot\u00e9 majoritairement contre le Fidesz et plut\u00f4t pour les candidats des partis de la gauche, du centre gauche et du parti \u00e9cologiste. Par contre, la campagne et notamment les villages (plus de 90 %) ont vot\u00e9 presque unanimement pour le Fidesz. L\u2019extr\u00eame droite (Jobbik) a gagn\u00e9 dans une circonscription.<\/p>\n\n\n\n \u00ab L\u2019important pour Orb\u00e1n est d\u2019alimenter la peur des gens de ces \u00ab ennemis \u00bb ext\u00e9rieurs ou m\u00eame int\u00e9rieurs (les \u00ab agents \u00bb de Soros, incarn\u00e9s par les ONGs et les candidats des partis de l\u2019opposition). \u00bb<\/p>Eszter Karacsony<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n La raison qui pourrait expliquer la diff\u00e9rence significative quant \u00e0 la r\u00e9partition g\u00e9ographique des votes favorables au Fidesz et \u00e0 l\u2019opposition est la d\u00e9tention et la concentration des m\u00e9dias locaux entre les mains des proches d\u2019Orb\u00e1n. A la campagne, dans les villages, les habitants qui cherchent \u00e0 s\u2019informer n\u2019ont pratiquement pas d\u2019autre choix que de se pencher sur les nouvelles pr\u00e9sent\u00e9es par les m\u00e9dias locaux. Ces nouvelles sont, dans la majorit\u00e9 des cas, pr\u00e9sent\u00e9es d\u2019une mani\u00e8re subjective et dessinent une r\u00e9alit\u00e9 fausse. D\u00e8s lors, dans les r\u00e9gions o\u00f9 les m\u00e9dias nationaux critiques ou les m\u00e9dias internationaux sont difficilement accessibles, les citoyens peuvent uniquement suivre les actualit\u00e9s \u00e0 travers le prisme des m\u00e9dias locaux. De surcro\u00eet, des affiches x\u00e9nophobes contre les migrants venant du Moyen-Orient ainsi que du Nord de l\u2019Afrique et contre George Soros \u2013 qui d\u2019apr\u00e8s le Premier ministre vise \u00e0 d\u00e9truire la Hongrie par les migrants \u2013 envahissent le pays et notamment la campagne. De plus, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale, Orb\u00e1n m\u00e8ne une campagne contre les eurocrates et les dirigeants des institutions europ\u00e9ennes en utilisant le slogan \u00ab Arr\u00eatons Bruxelles ! \u00bb.<\/p>\n\n\n\n Cependant, la relation entre Viktor Orb\u00e1n et l\u2019Union europ\u00e9enne reste tr\u00e8s controvers\u00e9e et ambigu\u00eb. Le dirigeant populiste va ouvertement \u00e0 l\u2019encontre des valeurs europ\u00e9ennes et de l\u2019Etat du droit \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale. De plus, suite aux r\u00e9v\u00e9lations r\u00e9centes de l\u2019OLAF (Organisation europ\u00e9enne de la lutte antifraude), il est accus\u00e9 de fraude fiscale quant \u00e0 la gestion des fonds europ\u00e9ens attribu\u00e9s \u00e0 la Hongrie. D\u2019apr\u00e8s ces r\u00e9v\u00e9lations, Orb\u00e1n attribuait dans la plupart des cas les gestions des projets et des fonds \u00e0 ses proches et m\u00eame aux membres de sa famille comme, par exemple, \u00e0 son gendre, Istv\u00e1n Tiborcz.<\/p>\n\n\n\n N\u00e9anmoins, le Premier ministre \u00ab joue sur les deux tableaux : europhobe dans son pays, plus conciliable \u00e0 Bruxelles et \u00e0 Strasbourg \u00bb <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Malgr\u00e9 son discours antieurop\u00e9en sur la sc\u00e8ne nationale, comme le d\u00e9clare le journaliste Jean Quatremer \u00ab Orb\u00e1n est un excellent \u00e9l\u00e8ve europ\u00e9en. Quand il est \u00e0 Bruxelles par exemple, \u00e0 la diff\u00e9rence des Polonais [\u2026] Orb\u00e1n ne brandit jamais son droit de veto. [\u2026] [et] s\u2019il n\u2019est pas exclu du PPE (Parti Populaire Europ\u00e9en) c\u2019est parce qu’Angela Merkel le prot\u00e8ge. \u00bb <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n\n\n\n \u00ab Sur l’Europe, Orb\u00e1n joue sur les deux tableaux : europhobe \u00e0 l’int\u00e9rieur, conciliant \u00e0 Bruxelles. \u00bb<\/p>Eszter Karacsony<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n M\u00eame si les eurod\u00e9put\u00e9s du parti Fidesz peuvent en ce moment si\u00e9ger parmi les d\u00e9put\u00e9s du groupe PPE, leur position est souvent affaiblie. Cet affaiblissement se traduit par les d\u00e9clarations de certains d\u00e9put\u00e9s du PPE qui critiquent ouvertement la politique autoritaire d\u2019Orb\u00e1n, comme Sabine Verheyen (CDU) ou encore Christian Ehler (CDU) faisant tous les deux partie de la CDU. Cependant le CDU et le CSU reste divis\u00e9e quant \u00e0 leur opinion sur la politique du Premier ministre hongrois.<\/p>\n\n\n\n De surcro\u00eet, en faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019article 7 du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne, la majorit\u00e9 du Parlement europ\u00e9en est favorable \u00e0 la proposition d\u2019une activation de cette \u00ab bombe atomique \u00bb du Trait\u00e9 contre la Hongrie, afin de la sanctionner pour la violation grave des valeurs europ\u00e9ennes, mentionn\u00e9es dans l\u2019article 2 du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\n D\u00e8s lors, au vu de son positionnement actuel sur la sc\u00e8ne europ\u00e9enne et nationale l\u2019Orb\u00e1n de 2018 reconna\u00eetrait-il l\u2019Orb\u00e1n du d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 ? La r\u00e9ponse est clairement non si l\u2019on en croit ce qu\u2019il affirmait en 1993 : \u00ab \u00a0Personne ne peut d\u00e9passer ses propres limites. Si un homme politique ne reste pas fid\u00e8le \u00e0 ses id\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes et s\u2019il pense qu\u2019\u00e0 son succ\u00e8s instantan\u00e9, il s\u2019\u00e9loigne de lui-m\u00eame, de la personne ce qu\u2019il \u00e9tait, il deviendrait moralement mort. Vide comme la t\u00eate de pavot quand le vent souffle<\/em>. \u00bb <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n\n\n\n \u00ab Parlement europ\u00e9en : le grand oral du pr\u00e9sident Macron \u00bb, Toute l\u2019Europe<\/em>, le 18 avril 2018 Comment Victor Orban s’est-il transform\u00e9, d’un jeune homme politique lib\u00e9ral \u00e0 un dirigeant populiste qui s’autoproclame chef d\u2019une d\u00e9mocratie \u00ab illib\u00e9rale \u00bb ? <\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":10727,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"templates\/post-angles.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"footnotes":""},"categories":[1731],"tags":[],"geo":[1897],"class_list":["post-10715","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-politique","staff-eszter-karacsony","geo-budapest"],"acf":[],"yoast_head":"\nL\u2019ascension<\/h3>\n\n\n\n
La prise du pouvoir<\/h3>\n\n\n\n
Orban et l\u2019Union europ\u00e9enne <\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Sources<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
\u00ab Hongrie. Pourquoi Orb\u00e1n gagnera un troisi\u00e8me mandat \u00bb, Courrier internationale<\/em>, n\u00b0 1431 du au 11 avril 2018, p. 12-13.
J\u00c1MBOR Andr\u00e1s, \u00ab 5 pontban arr\u00f3l, Orb\u00e1n veje, Tiborcz Istv\u00e1n mi\u00e9rt \u00e9rintett a szervezett csal\u00e1s v\u00e1dj\u00e1ban \u00bb, M\u00e9rce<\/em>, le 10 f\u00e9vrier 2018, En ligne<\/a>
Le discours de Viktor Orb\u00e1n \u00e0 la cl\u00f4ture de la campagne de Fidesz<\/em>, le 6 avril 2018. En ligne<\/a>
Magyar Nemzet<\/em>, le 9 avril 1998
SZ\u00c1SZ Tibor, \u00ab A N\u00e9pszabads\u00e1g megsz\u00fcntet\u00e9se \u00bb, N\u00e9pszava<\/em>, le 12 octobre 2016, En ligne<\/a>
Triomphe des populistes en Hongrie : l\u2019Europe doit-elle r\u00e9agir ? \u2013 28 minutes, ARTE, le 10 avril 2018, En ligne<\/a>
BRZOZOWSKI Alexandra, \u00ab MEPs demand triggering Article 7 against Hungary \u00bb, Euractive<\/em>, le 13 avril 2018, En ligne<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"