{"id":106918,"date":"2021-04-30T08:46:25","date_gmt":"2021-04-30T06:46:25","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=106918"},"modified":"2021-04-30T08:46:37","modified_gmt":"2021-04-30T06:46:37","slug":"12-fictions-deurope-a-lire-en-mai","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2021\/04\/30\/12-fictions-deurope-a-lire-en-mai\/","title":{"rendered":"12 fictions d’Europe \u00e0 lire en mai"},"content":{"rendered":"\n

Victoria Durnak, Evelyns innboks<\/em> (La messagerie d\u2019Evelyn<\/em>), Oslo, Flamme Forlag, 2021<\/h2>\n\n\n\n\n\n
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Le jour de son cinquanti\u00e8me anniversaire, Evelyn d\u00e9couvre que sa messagerie priv\u00e9e a \u00e9t\u00e9 mise en ligne et se trouve maintenant en acc\u00e8s libre. Cet \u00e9pisode entra\u00eene une cascade de p\u00e9rip\u00e9ties : son mari demande le divorce, sa fille ne lui parle plus, elle est renvoy\u00e9e et finit par d\u00e9m\u00e9nager dans une cabane isol\u00e9e dans la montagne. Mais un jour, elle voit surgir Astrid.<\/p>\n\n\n\n

Evelyns innboks <\/em>est l\u2019histoire d\u00e9rangeante de ce qu\u2019Internet sait de nous. Par un m\u00e9lange d\u2019humour et de lucidit\u00e9 f\u00e9roce, Victoria Durnak dresse le portrait d\u2019une femme qui perd tout le jour o\u00f9 tout devient disponible en ligne.<\/p>\n\n\n\n

La messagerie en sait un bout sur vous. Un an d\u2019emails r\u00e9v\u00e8le o\u00f9 vous avez \u00e9t\u00e9, qui vous avez rencontr\u00e9, ce que vous appr\u00e9ciez et ce que vous n\u2019aimez pas, ce dont vous r\u00eavez et ce dont vous avez peur. Une messagerie est une image de vous compos\u00e9e d\u2019une infinit\u00e9 de petits pixels. Une image que je croyais priv\u00e9e, coll\u00e9e dans un album lui-m\u00eame rang\u00e9 dans une \u00e9tag\u00e8re bien cach\u00e9e dans une maison ferm\u00e9e \u00e0 cl\u00e9 et prot\u00e9g\u00e9e par une alarme.<\/em><\/p>\n\n\n\n

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Djaimilia Pereira de Almeida, Maremoto <\/em>(Tremblement de mer<\/em>), Lisbonne, Rel\u00f3gio D\u2019\u00c1gua, avril 2021<\/h2>\n\n\n\n\n\n
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Elle habite Rua do Loreto, \u00e0 l\u2019arr\u00eat 28. Lui, le combattant, gare des voitures quelques rues plus bas, dans la rue Ant\u00f3nio Maria Cardoso. Tremblement de mer<\/em> raconte l\u2019amiti\u00e9 entre les deux, grand-p\u00e8re et petite-fille accidentels, issus d\u2019une catastrophe et d\u2019un sauvetage. De Lisbonne \u00e0 un Bissau imaginaire, Boa Morte da Silva, voiturier, met des mots sur sa vie et s\u2019\u00e9crit \u00e0 lui-m\u00eame en s\u2019adressant \u00e0 sa fille qu\u2019il conna\u00eet \u00e0 peine. \u00ab Je rendrai ma douleur aveugle afin que ma douleur ne trouve pas ton c\u0153ur. Puisse ma douleur ne jamais trouver ton chemin, Aurora. Que ma douleur ne te trouve jamais. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

N\u00e9e en Angola et \u00e9lev\u00e9e au Portugal, Djaimilia Pereira de Almeida (Luanda, 1982) est une \u00e9crivaine qui se concentre sur les questions de \u00ab  race  \u00bb, de genre et d\u2019identit\u00e9. Apr\u00e8s avoir acquis une notori\u00e9t\u00e9 imm\u00e9diate avec son premier roman, une autofiction intitul\u00e9e Esse Cabelo <\/em>et traduite en diverses langues, elle s\u2019est affirm\u00e9e comme l\u2019une voix litt\u00e9raires les plus int\u00e9ressantes de sa g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n

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Teolinda Gers\u00e3o, O regresso de J\u00falia Mann \u00e0 Paraty <\/em>(Le retour de Julia Mann \u00e0 Paraty<\/em>), Porto, Porto Editora, janvier 2021<\/h2>\n\n\n\n\n\n
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Le dernier livre de Teolinda Gers\u00e3o se pr\u00e9sente formellement comme un ensemble de trois contes ind\u00e9pendants, qui cependant peuvent et demandent \u00e0 \u00eatre lus comme un roman, refusant une distinction rigide des genres litt\u00e9raires, ainsi que soustrayant \u00e0 une lin\u00e9arit\u00e9 chronologique qui dissout les vies dans les faits, la m\u00e9moire dans l\u2019externalisation de l\u2019exp\u00e9rience. Les trois vies qui s\u2019entrem\u00ealent int\u00e9rieurement ici sont celles de Sigmund Freud, de Thomas Mann et de la m\u00e8re de ce dernier, Julia Mann. N\u00e9e au Br\u00e9sil, ayant grandi \u00e0 L\u00fcbeck, loin de sa famille d\u2019origine, cette femme \u00ab  du Sud  \u00bb, inqui\u00e8te et passionn\u00e9e, qui ne s\u2019est jamais conform\u00e9e au Nord hans\u00e9atique et luth\u00e9rien, laissera une trace profonde dans la vie et l\u2019\u0153uvre de ses fils Thomas et Heinrich. Le n\u0153ud des relations familiales difficiles de la famille Mann est explor\u00e9 dans un long monologue int\u00e9rieur par Sigmund Freud qui, dans l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019\u00e9crivain allemand, suit la sienne, tissant les ficelles d\u2019un chemin existentiel parall\u00e8le, caract\u00e9ris\u00e9 par le g\u00e9nie et la relation douloureuse dans un contexte historique tragique.<\/p>\n\n\n\n

\u00ab La porte d\u2019entr\u00e9e est le num\u00e9ro 20 de cette nouvelle et ultime adresse de Maresfield Gardens, Hampstead, une agr\u00e9able banlieue de Londres. C\u2019est une maison \u00e0 deux \u00e9tages, o\u00f9 mon fils Ernst, aid\u00e9 par la d\u00e9vou\u00e9e Paula Fichtl, a tent\u00e9 de reconstituer l\u2019atmosph\u00e8re de notre ancienne habitation de la Berggasse. Presque tout a \u00e9t\u00e9 apport\u00e9 – meubles, tableaux, tapis, objets, et surtout le divan, avec sa couverture aux couleurs chaudes – afin que, autant que possible, je puisse me sentir dans l\u2019environnement familier auquel je me suis habitu\u00e9. […] Cependant, ce n\u2019est pas la maison de la Berggasse 19, o\u00f9 j\u2019ai v\u00e9cu pendant pr\u00e8s de cinq d\u00e9cennies, et je ne suis pas \u00e0 Vienne, ma ville depuis soixante-dix-neuf ans, o\u00f9 je ne reviendrai pas.  \u00bb (extrait du conte \u00ab Freud pense \u00e0 Thomas Mann en d\u00e9cembre 1938  \u00bb)<\/p>\n\n\n\n

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P\u0159emysl Krej\u010d\u00edk, \u010cokol\u00e1da pro wehrmacht (Du Chocolat pour la Wehrmacht)<\/em>, Prague, Host, 2021<\/h2>\n\n\n\n\n\n
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Un roman \u00ab dieselpunk \u00bb situ\u00e9 dans une Seconde Guerre mondiale alternative.<\/p>\n\n\n\n

Bienvenue \u00e0 Prague, en 1942, dans une ville \u00e0 l’esth\u00e9tique dieselpunk, avec ses machines gigantesques et ses soir\u00e9es jazz d\u00e9jant\u00e9es, mais aussi sa peur de la r\u00e9pression nazie omnipr\u00e9sente. Dans les rues, des motards au volant d’engins futuristes prennent en chasse des unit\u00e9s de collaborateurs qui projettent de prendre la place d’Hitler, tandis que la jeunesse de Prague a succomb\u00e9 aux charmes de la musique moderne naissante.<\/p>\n\n\n\n

Londres a refus\u00e9 le projet d’attentat contre Heydrich, chef du Protectorat de Boh\u00eame-Moravie, et a enti\u00e8rement revu sa strat\u00e9gie de soutien \u00e0 la r\u00e9sistance tch\u00e9coslovaque. Les membres des unit\u00e9s de parachutistes rest\u00e9s en URSS doivent donc se chercher une nouvelle cible. Zemek et \u0160k\u00e1cha, de l’unit\u00e9 Silver B, second\u00e9s par Kola\u0159\u00edk, de l’unit\u00e9 Out Distance, re\u00e7oivent pour mission de contacter une l\u00e9gende vivante surnomm\u00e9e le \u00ab Pieux pistolero \u00bb, et, au cours d’une op\u00e9ration secr\u00e8te au nom de code \u00ab Golem \u00bb, de r\u00e9cup\u00e9rer les plans d’une arme futuriste : un andro\u00efde aux fondements mythiques.<\/p>\n\n\n\n

Les ennemis tentent bien s\u00fbr eux aussi d’obtenir ces plans entour\u00e9s de l\u00e9gende qui permettraient de cr\u00e9er un homme m\u00e9canique. Mais au bout du compte, existent-ils vraiment ? Et, si c’est le cas, les machines sont-elles vraiment telles qu’on les imagine ?<\/p>\n\n\n\n

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Avrom Sutzkever, Heures rapi\u00e9c\u00e9es. Po\u00e8mes en vers et en prose<\/em> (traduit du yiddish par Rachel Ertel), Paris, \u00c9ditions de l\u2019\u00c9clat, avril 2021<\/h2>\n\n\n\n\n\n
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L\u2019\u0153uvre \u2014 comme la vie \u2014 d\u2019Avrom Sutzkever est exemplaire \u00e0 plus d\u2019un titre. Elle traverse le si\u00e8cle et porte l\u2019espoir paradoxal de la po\u00e9sie qui, en plusieurs occasions, lui a litt\u00e9ralement sauv\u00e9 la vie, quand, ayant d\u00fb traverser un champ de mines sous la neige dans la for\u00eat de Narotch, il a accord\u00e9 ses pas au rythme d\u2019un po\u00e8me r\u00e9cit\u00e9 \u00e0 voix basse. C\u2019est \u00e9galement avec la po\u00e9sie qu\u2019il affrontera la ville secr\u00e8te<\/em> des \u00e9gouts de Wilno et la mort d\u2019un enfant, et c\u2019est avec la po\u00e9sie qu\u2019il rena\u00eetra sur la terre spirituelle<\/em> de sa langue, le yiddish, flamm\u00e8che vacillante sur une bougie orpheline<\/em>, qu\u2019il gardera viss\u00e9e au corps. Figurent dans cette anthologie des po\u00e8mes de tous ses ouvrages publi\u00e9s, depuis Sib\u00e9rie<\/em> (1936) jusqu\u2019\u00e0 Murs effondr\u00e9s<\/em> (1996), et si une partie importante est consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9criture quotidienne du ghetto et de sa r\u00e9sistance, l\u2019ensemble de pr\u00e8s de 400 po\u00e8mes en vers et prose, extraits de 22 recueils, r\u00e9sonne au-del\u00e0 de la seule r\u00e9alit\u00e9 politique \u00e0 laquelle Sutzkever fut confront\u00e9. On peut parler alors d\u2019un v\u00e9ritable engagement po\u00e9tique<\/em> visant \u00e0 garder m\u00e9moire des visages et des mots de ceux que la barbarie a voulu effacer, les inscrivant en lettres plus \u00e9ternelles que le temps<\/em> dans le livre de la vie.<\/p>\n\n\n\n

enfant de demain,<\/em><\/p>\n\n\n\n

si ton r\u00eave exhume nos corps \u2014<\/em><\/p>\n\n\n\n

des mains qui se tendent avec force<\/em><\/p>\n\n\n\n

vers des visages de chiffons jaunes \u2014,<\/em><\/p>\n\n\n\n

\u00e9touffe \u00e9trangle la gorge du r\u00eave<\/em><\/p>\n\n\n\n

et enfouis dans la cendre tes larmes.<\/em><\/p>\n\n\n\n

car notre foi est devenue<\/em><\/p>\n\n\n\n

oiseau de proie.<\/em><\/p>\n\n\n\n

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Raquel Taranilla, Mi cuerpo tambi\u00e9n<\/em> (Mon corps aussi<\/em>), Madrid, Seix Barral, avril 2021<\/h2>\n\n\n\n\n\n
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Fin 2008, \u00e0 l’\u00e2ge de vingt-sept ans, un cancer du sang est diagnostiqu\u00e9 chez Raquel Taranilla. Ce qui n’\u00e9tait au d\u00e9part qu’un mal de dos a fini par devenir un long et douloureux processus d’h\u00f4pitaux, d’op\u00e9rations, de rapports et de m\u00e9dicaments qui a abouti \u00e0 un lent r\u00e9tablissement. Pendant des mois, tra\u00een\u00e9e par un appareil m\u00e9dical qui l’emp\u00eachait de prendre des d\u00e9cisions, elle n’a pas eu besoin d’\u00e9crire sur son exp\u00e9rience. Elle ne pouvait m\u00eame pas revendiquer comme sien ce corps malade dont le gouvernement \u00e9tait entre les mains d’autres personnes.<\/p>\n\n\n\n

\u00c9vitant d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment le livre-t\u00e9moignage d’une survivante, toute morale ou conseil sur la mani\u00e8re d’affronter et de surmonter le cancer, Mon corps aussi<\/em> cherche \u00e0 redonner au patient le pouvoir de raconter sa propre histoire, au-del\u00e0 du r\u00e9cit officiel que l’histoire clinique implique, ainsi qu’\u00e0 lui donner le pouvoir de remettre en question l’autorit\u00e9 m\u00e9dicale. \u00c9crite avec le recul n\u00e9cessaire donn\u00e9 par le passage du temps, cette \u00e9dition comprend \u00e9galement un nouvel \u00e9pilogue de l\u2019autrice.<\/p>\n\n\n\n

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Tiina Raevaara, Tourbillon polaire<\/em> (Polaaripy\u00f6rre<\/em>), Helsinki, Like Kustannus, mars 2021<\/h2>\n\n\n\n\n\n
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Ce roman est la suite de Double h\u00e9lice<\/em> (Kaksoiskierre<\/em>), thriller scientifique dans lequel Eerika, une jeune biologiste, \u00e9tait sollicit\u00e9e par son ancien directeur de th\u00e8se pour participer \u00e0 un projet de technologie g\u00e9n\u00e9tique aussi r\u00e9volutionnaire qu\u2019ill\u00e9gal. Cette fois, elle tente de fuir son pass\u00e9 en partant avec sa fille pour l\u2019archipel du Svalbard. Elle y travaille comme assistante oc\u00e9anographe, dans une zone o\u00f9 des rumeurs affirment que des navires de guerre non identifi\u00e9s circulent au pied des glaciers. L\u2019exp\u00e9dition dont elle fait partie d\u00e9couvre dans le perg\u00e9lisol de l\u2019Arctique, en train de fondre sous l\u2019effet du r\u00e9chauffement climatique, un organisme inconnu qui menace non seulement la s\u00e9curit\u00e9 d\u2019Eerika et de ses proches mais \u00e9galement l\u2019avenir de l\u2019esp\u00e8ce humaine. Le petit groupe de chercheurs finlandais va se d\u00e9chirer autour de la conduite \u00e0 tenir et des informations qu\u2019il s\u2019agit de divulguer ou non aupr\u00e8s du grand public.<\/p>\n\n\n\n

Ce roman a \u00e9t\u00e9 salu\u00e9 en Finlande pour l\u2019efficacit\u00e9 de son m\u00e9lange des genres et sa cr\u00e9dibilit\u00e9 scientifique \u2014 Tiina Raevaara est d\u2019ailleurs elle-m\u00eame biologiste en marge de ses travaux d\u2019\u00e9crivain.<\/p>\n\n\n\n

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Inese Zandere, Puika ar suni. Bunkurs<\/em> (Le petit gar\u00e7on au chien. Le bunker), illustrations de Reinis P\u0113tersons, Riga, Liels un mazs, avril 2021<\/h2>\n\n\n\n

L\u2019action se d\u00e9roule en 1941 sur l\u2019\u00eele de \u0136\u012bpsala, rive gauche de la Daugava, face \u00e0 la vieille ville de Riga. La narratrice, Silvija, une petite dizaine d\u2019ann\u00e9es, est une fille contemplative ; elle passe le plus clair de son temps \u00e0 observer \u2013 la vie, la ville, la guerre, et aussi les activit\u00e9s de son petit voisin Zigfr\u012bds, dit \u00ab Zigis \u00bb, et de son chien Jerry. Zigis est un spectacle \u00e0 lui tout seul : il sculpte avec son couteau toutes sortes de figurines en bois ; avec les chenapans du coin, il joue au foot dans son jardin ou se baigne dans le fleuve. Mais surtout, Zigis est le plus jeune fils de \u017danis et Johanna Lipke chez qui des gens vont et viennent, sans que l\u2019on comprenne bien ce qu\u2019ils font.\u00a0 Car il faut savoir qu\u2019apr\u00e8s-guerre, \u017danis et Johanna Lipke furent reconnus \u00ab Justes parmi les nations \u00bb par le centre Yad Vashem, et l\u2019on estime qu\u2019ils ont sauv\u00e9 la vie \u00e0 une cinquantaine de Juifs \u2013 sachant que le nombre total des sauvetages pour la Lettonie n\u2019exc\u00e8de pas les cinq-cents (sur une population juive de quelque 90 000 personnes avant-guerre). \u017danis Lipke est docker, et il a \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9 par la Luftwaffe qui a \u00e9tabli ses quartiers dans les entrep\u00f4ts jouxtant le march\u00e9 central, soit \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres du ghetto. Jusqu\u2019\u00e0 la d\u00e9b\u00e2cle nazie, les Lipke r\u00e9ussirent, avec une audace folle, \u00e0 sortir des gens de l’enfer, et \u00e0 les cacher, notamment dans un \u00ab bunker \u00bb creus\u00e9 sous la grange, dans leur jardin. C\u2019est ce bunker qui est au c\u0153ur de Puika ar suni. Bunkurs<\/em>, le deuxi\u00e8me volume de la trilogie que signe Inese Zandere dans le cadre d\u2019un projet avec le M\u00e9morial \u017danis Lipke<\/a>.<\/p>\n\n\n\n

Inese Zandere (n\u00e9e en 1958) est une personnalit\u00e9 centrale de la sc\u00e8ne litt\u00e9raire en Lettonie. Po\u00e8te de la g\u00e9n\u00e9ration de la R\u00e9volution chantante, c\u2019est une actrice importante du monde de l\u2019\u00e9dition, du journalisme culturel et des revues. Figure g\u00e9n\u00e9reuse et fraternelle, elle doit ses plus grands succ\u00e8s \u00e0 son \u0153uvre \u00e0 destination de la jeunesse.<\/p>\n\n\n\n

Soutenu par les dessins faussement r\u00e9tro de Reinis P\u0113tersons, le texte de Zandere touche par sa pr\u00e9cision, sa franchise \u2013 on dirait m\u00eame sa rudesse, car il cogne parfois douloureusement, et impressionne par sa capacit\u00e9 \u00e0 maintenir l\u2019\u00e9quilibre entre diff\u00e9rents niveaux et registres : la v\u00e9rit\u00e9 historique et l\u2019exactitude factuelle, la fiction et la fantaisie, la consistance des personnages et la fluidit\u00e9 du r\u00e9cit, les enjeux \u00e9thiques surtout.<\/p>\n\n\n\n

Associ\u00e9 par la force des choses \u00e0 l’action clandestine, le jeune Zigis fait face \u00e0 la violence brute, au deuil, \u00e0 l\u2019effroi, au d\u00e9sespoir et \u00e0 la trahison. Les adultes autour de lui ne trichent pas, et leurs difficult\u00e9s pratiques ou morales ne lui sont pas cach\u00e9es. Terrienne, sensuelle, proche de la nature, Zandere excelle \u00e0 rendre la mat\u00e9rialit\u00e9 de ce monde en guerre \u2013 les go\u00fbts, les odeurs, les textures. Elle sait peindre avec pudeur et humanit\u00e9 les relations qui se nouent entre l\u2019enfant et les r\u00e9fugi\u00e9s du bunker \u2013 Sacha, le skipper qui a parcouru les mers, Vilis le dentiste \u00e0 la voix si douce qui lui enseigne la g\u00e9ographie.<\/p>\n\n\n\n

Comme le travelling au cin\u00e9ma, le point de vue de narration en litt\u00e9rature est une question \u00e9thique \u2013 d\u2019autant plus sensible, lorsqu\u2019un livre entend affronter l\u2019histoire sombre du XXe<\/sup> si\u00e8cle, les g\u00e9nocides, et qu’il vise un lectorat jeune. L\u2019invention de Silvija appara\u00eet \u00e0 ce titre comme l\u2019innovation magistrale qui donne \u00e0 ce texte son \u00e9lan, sa profondeur et sa gr\u00e2ce. T\u00e9moin privil\u00e9gi\u00e9e sans \u00eatre actrice, elle est concern\u00e9e sans \u00eatre meurtrie dans sa chair, parfois ignorante et parfois omnisciente (comment fait-elle pour savoir tant de choses ?), \u00e0 distance, mais aussi surplombante. La responsabilit\u00e9 de Silvija n\u2019est pas d\u2019agir, mais de dire. Puisqu\u2019elle a vu, puisqu\u2019elle sait, il faut bien qu’elle raconte, et ce faisant, elle retourne aussi le miroir vers le lecteur d\u2019aujourd\u2019hui : et toi alors, tu fais quoi ?<\/p>\n\n\n\n

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Marcin Wicha, Kierunek zwiedzania<\/em> [Sens de la visite], Krak\u00f3w, Wydawnictwo Karakter, 2021<\/h2>\n\n\n\n\n\n
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Qui est le protagoniste de cette histoire ? Un cr\u00e9ateur, un proph\u00e8te ou peut-\u00eatre un grand mystificateur ? Dans le livre de Marcin Wicha, une promenade \u00e0 travers une exposition imaginaire d’\u0153uvres de Malevitch devient le pr\u00e9texte \u00e0 une histoire sur les projets utopiques et les r\u00eaves non r\u00e9alis\u00e9s, sur la r\u00e9volution russe et notre \u00e9poque contemporaine.<\/p>\n\n\n\n

Les objets expos\u00e9s ici sont des peintures, des signes de ponctuation, des betteraves \u00e0 sucre et des destins humains. L’auteur se d\u00e9tourne de la narration mus\u00e9ologique, joue avec la convention de la biographie artistique avec un sourire et non sans ironie, et en m\u00eame temps, tr\u00e8s s\u00e9rieusement, essaie de trouver un langage capable de saisir l’essence de la peinture – tout en donnant une extraordinaire d\u00e9monstration de talent litt\u00e9raire.<\/p>\n\n\n\n

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Eva Koff, Kirgas uni<\/em> (Le brillant sommeil<\/em>), Tallinn, H\u00e4rra Tee & proua Kohvi, avril 2021<\/h2>\n\n\n\n\n\n
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Le sommeil et les r\u00eaves sont au centre de ce tr\u00e8s singulier roman d\u2019Eva Koff (n\u00e9e en 1973) qui, apr\u00e8s le succ\u00e8s d\u2019un premier roman historique (La Colline bleue<\/em>, 2017), renouvelle ici brillamment son univers. Vers la mi-juin, \u00e0 l\u2019approche du solstice d\u2019\u00e9t\u00e9, la vie des quatre personnages principaux est soudain affect\u00e9e par le surgissement de visions myst\u00e9rieuses, des rencontres avec des \u00eatres issus de leur m\u00e9moire ou enfant\u00e9s par leur imagination. Dans le th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 sa troupe s\u2019est enferm\u00e9e avant la premi\u00e8re de sa pi\u00e8ce inspir\u00e9e de L\u2019Idiot<\/em>, Guido croise une petite fille inconnue et voit sa m\u00e8re d\u00e9c\u00e9d\u00e9e appara\u00eetre sur une affiche. F\u00e9rue de cristalloth\u00e9rapie, Anastassia aper\u00e7oit dans une \u00e9glise son ex-patron en train de manger une main de femme. Son fils, Jaan, entretient dans ses r\u00eaves une amiti\u00e9 avec une jeune Palestinienne dont la r\u00e9alit\u00e9 ne fait pour lui aucun doute. Hele, une neuroscientifique sp\u00e9cialis\u00e9e dans l\u2019\u00e9tude du sommeil, se fait aborder dans la rue par un homme v\u00eatu d\u2019une vieille tunique qui pr\u00e9tend \u00eatre saint Louis. Si la plupart de ces d\u00e9chirures dans la trame du r\u00e9el peuvent s\u2019interpr\u00e9ter comme des hallucinations ou des r\u00eaves \u00e9veill\u00e9s, une \u00e9nigme plus insoluble forme l\u2019axe autour duquel s\u2019entrecroisent les destins des protagonistes : des employ\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 Aletheia, dont Anastassia vient de d\u00e9missionner, ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s sur leur lieu de travail dans une \u00e9trange l\u00e9thargie, p\u00e9trifi\u00e9s, inconscients, mais sans que leurs fonctions vitales soient affect\u00e9es. Hele fait partie du groupe d\u2019experts charg\u00e9s d\u2019\u00e9lucider le myst\u00e8re\u2026<\/p>\n\n\n\n

Au fil des chapitres, d\u2019une \u00e9criture sobre et pr\u00e9cise, l\u2019auteur d\u00e9voile peu \u00e0 peu les profondeurs de ses personnages et fait monter la tension en instillant dans son r\u00e9cit des doses soigneusement mesur\u00e9es de fantastique et d\u2019onirisme.<\/p>\n\n\n\n

\u00ab Guido tend l\u2019oreille : oui, c\u2019est le rire de notre maison. Le rire nocturne de notre th\u00e9\u00e2tre. D\u2019apr\u00e8s le timbre, il y a deux possibilit\u00e9s : un enfant ou une jeune fille. Il en est toujours ainsi quand Guido passe la nuit au th\u00e9\u00e2tre : vers minuit, un rire clair r\u00e9sonne quelque part. On dirait qu\u2019il vient du bout du couloir, mais quand on va voir, tout est silencieux. Puis on l\u2019entend derri\u00e8re la sc\u00e8ne, sous la console d\u2019\u00e9clairage, dans le caf\u00e9\u2026 Et quand on va v\u00e9rifier : silence. Il n\u2019y a rien d\u2019horrible ni d\u2019hostile dans ce rire. Cet \u00eatre qui rit dans le th\u00e9\u00e2tre est manifestement amical, peut-\u00eatre est-ce m\u00eame un ami du th\u00e9\u00e2tre ? Tel est du moins ce que lui dit son instinct, et Guido fait confiance \u00e0 son instinct. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Mario Desiati, Spatriati<\/em> (Expatri\u00e9s<\/em>), Turin, Einaudi, avril 2021<\/h2>\n\n\n\n\n\n
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Expatri\u00e9 est le participe pass\u00e9 du verbe \u00ab expatrier \u00bb qui signifie \u00ab obliger quelqu\u2019un \u00e0 quitter sa patrie \u00bb. Dans certains dialectes du Sud de l\u2019Italie, comme celui parl\u00e9 \u00e0 Martina Franca (province de Tarente), le terme a \u00e9galement d\u2019autres significations : \u00ab incertain \u00bb, \u00ab d\u00e9sorient\u00e9  \u00bb, \u00ab errant \u00bb, \u00ab sans rien, sans m\u00e9tier \u00bb, voire \u00ab orphelin \u00bb ; d\u2019apr\u00e8s son \u00e9tymologie latine (la \u00ab patrie \u00bb \u00e9tant \u00ab le pays des p\u00e8res \u00bb), il signifie \u00ab sans p\u00e8res \u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n

Apr\u00e8s le tr\u00e8s remarqu\u00e9 Candore<\/em> (Einaudi, 2016) qui nous proposait les errances romantiques et existentielles de Martino Bux, jeune homme obs\u00e9d\u00e9 par le sexe et la pornographie, Mario Desiati (Bari, 1977) fait son retour sur le devant de la sc\u00e8ne litt\u00e9raire italienne avec un beau roman sur l\u2019amiti\u00e9 fraternelle, le d\u00e9sir et le passage \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte.<\/p>\n\n\n\n

Comme l\u2019auteur, Francesco et Claudia ont grandi \u00e0 Martina Franca (provice de Tarente), dans les Pouilles, une fois de plus pr\u00e9sentes dans la prose de Desiati. Adolescents, ils se sont connus dans la cour du lyc\u00e9e. Leurs parents \u2013 respectivement la m\u00e8re de Francesco et le p\u00e8re de Claudia \u2013 sont tomb\u00e9s amoureux et entretiennent une relation sentimentale ; eux, li\u00e9s tacitement par ce lien semi-fraternel, ne se quitteront plus. Leur rencontre est une fulgurance, une \u00e9vidence.<\/p>\n\n\n\n

Claudia, excentrique et libre, est toujours en fuite : Londres, Milan, enfin Berlin, la capitale europ\u00e9enne des expatri\u00e9s<\/em> et de la transgression. Passionn\u00e9e de po\u00e9sie, sa biblioth\u00e8que essentielle, que Desiati nous glisse discr\u00e8tement parmi d\u2019autres nombreuses r\u00e9f\u00e9rences litt\u00e9raires et culturelles, est un hommage \u00e0 la litt\u00e9rature italienne, surtout f\u00e9minine, du XX\u00e8me si\u00e8cle. Francesco est solitaire et introverti. Il se cherche \u00e0 l\u2019abri des regards et m\u00e8ne une existence inqui\u00e8te et intimiste. Son exp\u00e9rience de l\u2019exil est une parenth\u00e8se dans la parenth\u00e8se. Apr\u00e8s avoir rejoint Claudia \u00e0 Berlin, il rentrera en Italie, dans sa terre natale, et choisira de vivre \u00e0 la campagne.<\/p>\n\n\n\n

Leurs d\u00e9racinements ne se ressemblent pas mais se rejoignent dans l\u2019incarnation d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration, celle de l\u2019auteur, excentr\u00e9e et en errance perp\u00e9tuelle.<\/p>\n\n\n\n

Mario Desiati est \u00e9crivain, journaliste et \u00e9diteur. Ses romans ne sont pas traduits en fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n

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Camille de Toledo et Alexander Pavlenko, Le Fant\u00f4me d\u2019Odessa<\/em>, Paris, Deno\u00ebl, mai 2021<\/h2>\n\n\n\n\n\n
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Mai 1939. L’\u00e9crivain Isaac Babel est incarc\u00e9r\u00e9 \u00e0 la prison de la Loubianka. Il y sera interrog\u00e9 et tortur\u00e9 durant huit mois avant d’\u00eatre secr\u00e8tement ex\u00e9cut\u00e9 le 27 janvier 1940, sur ordre de Staline. Pour tenir, il \u00e9crit \u00e0 sa fille Nathalie, r\u00e9fugi\u00e9e en France avec sa m\u00e8re. La lettre du condamn\u00e9 \u00e0 mort prend la forme d’un examen de conscience. Comment ses id\u00e9aux de libert\u00e9, son refus des dogmes, son humanisme l’ont-ils \u00e9cart\u00e9 de cette r\u00e9volution \u00e0 laquelle il a cru ? Les visions qui lui reviennent sont celles de sa jeunesse \u00e0 Odessa, la ville turbulente, affranchie, \u00e9clatante de vie, de couleurs et de drames des bandits juifs emmen\u00e9s par le \u00ab Roi \u00bb B\u00e9nia Krik, qu’il a peinte dans ses premiers r\u00e9cits. Les images du sc\u00e9nario qu’il a tir\u00e9 de ces contes pour S. M. Eisentein et que le cin\u00e9aste, accapar\u00e9 par son Potemkine, n’a jamais tourn\u00e9, affluent \u00e0 sa m\u00e9moire. Relatant les hauts faits de l’indomptable B\u00e9nia, anarchiste associ\u00e9 aux bolch\u00e9viques puis trahi par eux, elles s’imposent soudain comme la parfaite pr\u00e9monition de son propre destin\u2026<\/p>\n\n\n\n

Parution le 12 mai 2021<\/p>\n\n\n\n

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D’Oslo \u00e0 Lisbonne en passant par Turin  ; du yiddish au finnois  ; de l’Internet novel<\/em> au roman graphique  : la s\u00e9lection litt\u00e9raire du mois de mai par les correspondants europ\u00e9ens du Grand Continent met dix langues \u00e0 l’honneur.<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":106980,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-angles.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"footnotes":""},"categories":[1728],"tags":[],"geo":[1917],"class_list":["post-106918","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-arts","staff-le-grand-continent","geo-europe"],"acf":{"open_in_webview":false,"accent":false},"yoast_head":"\n12 fictions d'Europe \u00e0 lire en mai | Le Grand Continent<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" 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