{"id":10691,"date":"2018-06-16T09:15:17","date_gmt":"2018-06-16T08:15:17","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/?p=10691"},"modified":"2018-06-16T09:15:17","modified_gmt":"2018-06-16T08:15:17","slug":"litalie-est-elle-encore-europeiste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2018\/06\/16\/litalie-est-elle-encore-europeiste\/","title":{"rendered":"L\u2019Italie est-elle encore europ\u00e9iste&#160;?"},"content":{"rendered":"<p><em>Alors que la rencontre d&rsquo;hier entre Macron et Conte est l&rsquo;occasion de relire l&rsquo;analyse des rapports entre <a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/2018\/04\/12\/france-italie-et-europe-une-relation-fragile\/\">France, Europe et Italie<\/a>\u00a0que Jean-Pierre Darnis nous avait propos\u00e9e il y a quelques semaines sur <\/em>Le Grand Continent<em>, l&rsquo;auteur s&rsquo;int\u00e9resse ici \u00e0 la g\u00e9n\u00e9alogie de l&rsquo;anti-europ\u00e9isme italien alors m\u00eame que le pays a, depuis la Seconde Guerre mondiale et longtemps \u00e9t\u00e9 associ\u00e9 \u00e0 son europhilie. Selon lui, au-del\u00e0 de l&rsquo;apparente contradiction qui sous-tend le n\u00e9o-souverainisme italien, il est surtout urgent de s&rsquo;int\u00e9resser aux comp\u00e9titions territoriales et pour les ressources de l&rsquo;Union europ\u00e9enne qu&rsquo;il r\u00e9v\u00e8le.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: right\"><em><span style=\"font-weight: 400\">Par Jean-Pierre Darnis, <\/span><\/em><em><span style=\"font-weight: 400\">Ma\u00eetre de Conf\u00e9rences (HDR) \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Nice Sophia Antipolis,\u00a0<\/span><\/em><em><span style=\"font-weight: 400\">Conseiller Scientifique de l\u2019Istituto Affari Internazionali (Rome)<\/span><\/em><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Entre id\u00e9al et opportunit\u00e9 \u00e9conomique, l\u2019Italie a longtemps compt\u00e9 parmi les pays europhiles de l\u2019Union, avec un fort consensus partag\u00e9 autour de l\u2019id\u00e9e europ\u00e9enne. Les convulsions politiques r\u00e9centes ont vu les opinions favorables \u00e0 l\u2019Europe se rar\u00e9fier et ce processus a culmin\u00e9 avec l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir de partis politiques qui se pr\u00e9sentent en opposition au \u00ab&#160;syst\u00e8me&#160;\u00bb comme le <a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/2018\/03\/10\/de-quoi-le-movimento-cinque-stelle-est-il-le-nom\/\">Mouvement Cinq Etoiles<\/a> (M5S) et la Ligue. Le contenu du contrat de gouvernement et la candidature d\u2019un \u00e9conomiste eurocritique au portefeuille minist\u00e9riel de l\u2019\u00e9conomie et des finances ont provoqu\u00e9 des doutes sur le maintien de ce pays dans la zone euro. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">Pour mieux comprendre cette crise qui se r\u00e9percute dans l\u2019Europe enti\u00e8re, il est opportun de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l\u2019\u00e9volution du rapport entre l\u2019Italie et l\u2019Europe, en d\u00e9crivant les racines de l\u2019invocation croissante d\u2019un \u00e9chelon national, jusqu\u2019\u00e0 la critique directe des \u00ab&#160;impositions&#160;\u00bb de l\u2019Europe au cours des derniers gouvernements. L\u2019ex\u00e9cutif M5S-Lega semble pr\u00eat \u00e0 franchir le Rubicon de la rupture avec l\u2019Europe et parach\u00e8ve le parcours n\u00e9gatif d\u2019une Europe affubl\u00e9e de tous les maux italiens et que l\u2019on culpabilise au nom de la crise migratoire. La nouvelle attitude italienne est d\u2019autant plus frappante si l\u2019on se souvient que l\u2019Europe a, dans une certaine mesure, contribu\u00e9 \u00e0 nourrir l\u2019identit\u00e9 collective du pays alors que le patriotisme italien apparaissait comme faible par rapport \u00e0 celui d\u2019autres \u00c9tats-membres, comme la France. <\/span><\/p>\n<h5><b>Le choix europ\u00e9en de la R\u00e9publique italienne <\/b><\/h5>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, la R\u00e9publique italienne a fait de l\u2019Europe \u00e0 la fois un projet politique et une dimension d\u2019opportunit\u00e9 \u00e9conomique fondamentale pour la reconstruction et la croissance du pays. De grandes figures politiques comme le d\u00e9mocrate-chr\u00e9tien Alcide De Gasperi ont incarn\u00e9 cette id\u00e9e d\u2019une Italie qui ne pouvait exister que dans et par l\u2019Europe. Cette vision d\u2019une Italie d\u00e9mocratique et europ\u00e9enne prenait ses racines dans un courant historique datant du Risorgimento mais \u00e9galement dans des visions catholiques et la\u00efques d\u2019opposants au fascisme qui voyaient dans l\u2019Europe le plus s\u00fbr moyen d\u2019\u00e9viter de retomber dans les travers du nationalisme. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\"><a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/2018\/06\/11\/enseigner-lunite-europeenne\/\">D\u00e9j\u00e0 au XIX\u00e8me si\u00e8cle, la construction nationale italienne est intimement li\u00e9e au contexte europ\u00e9en<\/a>. Tout d\u2019abord, elle est le fruit d\u2019un processus dans lequel on assiste \u00e0 une comp\u00e9tition entre puissances \u00ab&#160;italiennes&#160;\u00bb (le Royaume de Pi\u00e9mont-Sardaigne, le Royaume de Naples et des Deux Siciles, les \u00c9tats du Pape pour citer les principaux acteurs) qui entretiennent chacune des rapports avec d\u2019autres puissances europ\u00e9ennes. Ainsi, l\u2019\u00e9chiquier italien appara\u00eet lors du XIX\u00e8me comme un enjeu pour les Europ\u00e9ens. On assiste \u00e9galement \u00e0 une comp\u00e9tition entre diff\u00e9rents courants id\u00e9ologiques patriotes qui d\u00e9veloppent une vision europ\u00e9enne. Par exemple, la \u00ab&#160;Jeune Italie&#160;\u00bb, cr\u00e9\u00e9e par Giuseppe Mazzini en 1831, allait de pair avec une \u00ab&#160;Jeune Europe&#160;\u00bb dans une vision des nations comme garantie d\u2019un futur pacifique en Europe. La question du rapport avec les autres nations europ\u00e9ennes marque le jeune royaume d\u2019Italie, qui oscille entre l\u2019alliance avec la France et celle avec l\u2019Allemagne, une dialectique pr\u00e9sente jusqu\u2019\u00e0 la Seconde Guerre mondiale. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">Apr\u00e8s le deuxi\u00e8me conflit mondial, c\u2019est certainement parmi les opposants au fascisme que florissent les id\u00e9es d\u2019int\u00e9gration europ\u00e9enne. Le \u00ab&#160;Manifeste de Ventotenne&#160;\u00bb \u00e9crit en 1941 par Altiero Spinelli et Alberto Rossi, exil\u00e9s par le r\u00e9gime sur la petite \u00eele m\u00e9diterran\u00e9enne, place l\u2019Europe au centre d\u2019un projet r\u00e9formiste d\u00e9mocratique italien qui s\u2019inscrit dans un dessein de paix universelle. C\u00f4t\u00e9 catholique, le \u00ab&#160;Code de Camaldoli&#160;\u00bb, \u00e9labor\u00e9 en 1943 par un groupe de personnalit\u00e9s parmi lesquelles on compte de nombreux futurs cadres de la D\u00e9mocratie Chr\u00e9tienne, pr\u00e9voit un d\u00e9passement des nationalismes et d\u00e9fend une conception ouverte de la soci\u00e9t\u00e9. \u00a0L\u2019alliance entre d\u00e9mocrates-chr\u00e9tiens et la\u00efcs va structurer la vie politique italienne \u00e0 partir de 1948, alors que la D\u00e9mocratie chr\u00e9tienne s\u2019affirme dans les urnes comme le principal parti italien. Les points cardinaux internationaux de l\u2019Italie de l\u2019apr\u00e8s-guerre seront l\u2019Alliance Atlantique (\u00e0 la fois d\u00e9fense et rapport transatlantique) ainsi que l\u2019int\u00e9gration europ\u00e9enne. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">S\u2019observent \u00e0 partir de l\u00e0 deux types de m\u00e9canismes. Le premier est la convergence id\u00e9ologique entre les forces de majorit\u00e9, d\u00e9mocrates-chr\u00e9tiens en t\u00eate, qui consid\u00e8rent que seule l\u2019Europe peut offrir les garanties d\u2019un futur politique qui permette de classer les erreurs du nationalisme fasciste. A cette vision s\u2019ajoute l\u2019effet d\u2019aubaine repr\u00e9sent\u00e9 par l\u2019ouverture des march\u00e9s europ\u00e9ens&#160;: l\u2019Italie va tirer profit de ses faibles co\u00fbts de production pour relancer l\u2019ensemble de son appareil industriel gr\u00e2ce aux exportations en Europe. Ce m\u00e9canisme contribuera aux remarquables r\u00e9sultats de l\u2019\u00e9conomie italienne dans les ann\u00e9es 1950 et 1960. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">Dans cette s\u00e9quence historique, il faut cependant rappeler que le retour au pouvoir du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle en 1958 et la r\u00e9orientation fran\u00e7aise en faveur d\u2019une Europe des nations, euph\u00e9misme d\u00e9signant un mod\u00e8le intergouvernemental, brise les \u00e9lans f\u00e9d\u00e9ralistes europ\u00e9ens. Ceci va provoquer une forme de divorce entre le courant f\u00e9d\u00e9raliste italien et la progression intergouvernementale des politiques europ\u00e9ennes. Ainsi dans les ann\u00e9es 1960 et 1970, les Italiens poursuivent leur chemin europ\u00e9en mais ce parcours ne b\u00e9n\u00e9ficie plus de la force id\u00e9elle qui \u00e9tait la sienne au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Cela est d\u2019autant plus vrai que pendant la d\u00e9cennie 1970, les esprits sont accapar\u00e9s par le terrorisme. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">Une autre des caract\u00e9ristiques du rapport entre l\u2019Italie et l\u2019Europe est repr\u00e9sent\u00e9e par ce que les Italiens surnomment parfois la \u00ab&#160;contrainte externe&#160;\u00bb&#160;: le fait que l\u2019Europe impose \u00e0 l\u2019Italie une s\u00e9rie de r\u00e9formes qu\u2019elle n\u2019arriverait pas \u00e0 faire passer en interne. Les autres \u00c9tats europ\u00e9ens et l\u2019Union en tant que telle repr\u00e9sentent donc \u00e0 la fois un mod\u00e8le \u00e0 suivre et un syst\u00e8me qui contraint le pays \u00e0 respecter des r\u00e8gles (notamment \u00e0 un niveau budg\u00e9taire) qu\u2019elle seule serait moins en capacit\u00e9 de s\u2019imposer.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">La R\u00e9publique italienne est caract\u00e9ris\u00e9e par la s\u00e9paration des pouvoirs, scrupuleusement assur\u00e9e dans le cadre d\u2019une r\u00e9publique parlementaire. Les \u00e9lections se font au scrutin proportionnel, ce qui provoque des difficult\u00e9s profondes et r\u00e9currentes apr\u00e8s la phase de domination historique de la D\u00e9mocratie Chr\u00e9tienne sur le panorama politique italien et la disparition d\u2019Alcide de Gasperi. Cela se traduit notamment par une instabilit\u00e9 gouvernementale qui peut rappeler la Quatri\u00e8me R\u00e9publique fran\u00e7aise. Dans ce cadre, le recours \u00e0 l\u2019Europe peut appara\u00eetre comme un subterfuge discret pour des responsables de gouvernement qui, n\u2019arrivant pas \u00e0 cr\u00e9er les conditions internes d\u2019un consensus r\u00e9formiste, passent par la cr\u00e9ation de consensus externes au sein des institutions europ\u00e9ennes pour aboutir \u00e0 leurs fins. Cette pratique, somme toute classique dans l\u2019ensemble des pays de l\u2019Union, renforce cependant, et ce depuis longtemps, l\u2019id\u00e9e fausse que l\u2019Italie subirait une Europe non d\u00e9sir\u00e9e. Les responsables politiques nationaux se proclament alors victimes de Bruxelles, souvent pour ne pas froisser telle ou telle client\u00e8le et assurer leur r\u00e9\u00e9lection. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">L\u2019identit\u00e9 europ\u00e9enne de l\u2019Italie de l\u2019apr\u00e8s-guerre venait \u00e9galement combler un vide, celui de la r\u00e9f\u00e9rence nationale italienne. En effet, le rejet a posteriori du r\u00e9gime fasciste s\u2019op\u00e8re \u00e9galement vis-\u00e0-vis de la \u00ab&#160;nation&#160;\u00bb et de la \u00ab&#160;patrie&#160;\u00bb, qui apparaissent alors comme synonyme des d\u00e9rives totalitaires et imp\u00e9rialistes du r\u00e9gime mussolinien. L\u2019Europe repr\u00e9sente donc une identit\u00e9 de rechange id\u00e9ale, alors que la d\u00e9fense est confi\u00e9e \u00e0 l\u2019OTAN dans le contexte de la guerre froide. Il faudra attendre les ann\u00e9es 1980 pour voir \u00e9merger \u00e0 nouveau un discours politique reprenant la r\u00e9f\u00e9rence nationale comme valeur positive, lorsque certains socialistes italiens se mettent \u00e0 interpr\u00e9ter un th\u00e8me qui \u00e9tait jusqu\u2019alors confin\u00e9 dans les soupentes de l\u2019extr\u00e9misme de droite, celles du Movimento Sociale Italiano (MSI, un parti n\u00e9o-fasciste). Mais c\u2019est surtout \u00e0 partir des ann\u00e9es 1990 que la r\u00e9f\u00e9rence nationale va retrouver une certaine vigueur en Italie. <\/span><\/p>\n<h5><b>Les ann\u00e9es 1990 et la reprise d\u2019un discours national <\/b><\/h5>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Cette d\u00e9cennie repr\u00e9sente un basculement pour la gauche italienne. Dans l\u2019apr\u00e8s Seconde Guerre mondiale, le Parti Communiste Italien \u00e9tait le grand parti de l\u2019opposition. Il a d\u00e9fendu les institutions de la R\u00e9publique mais son discours international \u00e9tait marqu\u00e9 par la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019internationalisme communiste et au soutien de l\u2019URSS. Ainsi, l\u2019Europe a longtemps repr\u00e9sent\u00e9 une dimension absente ou m\u00eame critiqu\u00e9e au nom de l\u2019anticapitalisme. Il faudra attendre la fin des ann\u00e9es 1970 et la premi\u00e8re campagne pour les \u00e9lections au Parlement europ\u00e9en pour voir appara\u00eetre ce th\u00e8me comme enjeu politique pour les communistes. Apr\u00e8s la chute du mur de Berlin, les communistes italiens se transforment compl\u00e8tement en donnant naissance au Parti D\u00e9mocrate de Gauche et \u00e0 l\u2019Alliance des progressistes (l\u2019Ulivo). C\u2019est ce nouveau courant progressiste, auquel s\u2019adjoindront des membres de l\u2019aile gauche de l\u2019ancienne D\u00e9mocratie Chr\u00e9tienne, dissoute en 1994, qui s\u2019affirme comme le principal mouvement de la gauche des ann\u00e9es 1990. Et ce camp politique, longtemps d\u00e9fini par son opposition \u00e0 la coalition de droite emmen\u00e9e par Silvio Berlusconi, va afficher son europ\u00e9isme tout en concentrant une bonne dose du savoir-faire technocratique italien en mati\u00e8re europ\u00e9enne. <\/span><br \/>\n<figure id=\"attachment_10700\" aria-describedby=\"caption-attachment-10700\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-10700\" src=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2018\/06\/TAngetopoli-300x161.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"161\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-10700\" class=\"wp-caption-text\">A partir de 1992, une vague d&rsquo;enqu\u00eates judiciaires en Italie vise \u00e0 mettre \u00e0 bas \u00ab&#160;Tangentopoli&#160;\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire un vaste syst\u00e8me de corruption et de financement politique.<\/figcaption><\/figure><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">Cette gauche renouvel\u00e9e est aliment\u00e9e par la transformation d\u2019anciens courants europ\u00e9istes de la D\u00e9mocratie Chr\u00e9tienne, ceux repr\u00e9sent\u00e9s par des personnalit\u00e9s comme Beniamino Andreatta ou Romano Prodi. Mais il faut toutefois relever la dimension de discontinuit\u00e9 que repr\u00e9sente la c\u00e9sure de Tangentopoli en mati\u00e8re d\u2019europ\u00e9isme&#160;: \u00e0 partir de 1994 c\u2019est un paysage politique compl\u00e8tement renouvel\u00e9 qui se pr\u00e9sente devant les \u00e9lecteurs, avec deux camps de droite et de gauche qui se positionnent \u00e0 propos des questions nationales et europ\u00e9ennes. Et le nom m\u00eame de la nouvelle formation de droite lanc\u00e9e par Silvio Berlusconi, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Forza Italia<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> (une formule \u00e9quivalente au slogan fran\u00e7ais \u00ab&#160;Allez les Bleus&#160;!&#160;\u00bb), illustre la reprise de la r\u00e9f\u00e9rence nationale. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">Les alternances entre les majorit\u00e9s de droite et de gauche qui auront cours en Italie de 1994 \u00e0 2018 ne vont jamais v\u00e9ritablement remettre en cause l\u2019appartenance \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne. Mais la volont\u00e9 de valoriser l\u2019\u00e9chelon national fait flor\u00e8s, avec par exemple un consensus transversal autour de la promotion du \u00ab&#160;syst\u00e8me pays&#160;\u00bb, une version technocratique et \u00e9dulcor\u00e9e de la r\u00e9f\u00e9rence nationale. Il faut ici rappeler la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique de Carlo Azeglio Ciampi de 1999 \u00e0 2006 qui va relancer un discours patriotique italien, dans une version qui est en m\u00eame temps pro-europ\u00e9enne et patriote italienne. La mise sur le m\u00eame niveau des deux r\u00e9f\u00e9rences est remarquable car elle va r\u00e9habiliter l\u2019id\u00e9e patriotique, avec par exemple la reprise accrue de l\u2019utilisation des symboles nationaux comme l\u2019hymne et le drapeau. Mais elle marque \u00e9galement un point de croisement pour les perceptions italiennes, une v\u00e9ritable bascule entre une nation qui acquiert ses lettres de noblesses et une Europe qui est sur une pente descendante. Ainsi la pr\u00e9sidence de l\u2019europ\u00e9iste Ciampi repr\u00e9sente une cons\u00e9cration du th\u00e8me national et c\u2019est cet h\u00e9ritage qui demeure ensuite alors que l\u2019Europe devient un espace pr\u00e9sent\u00e9 comme toujours plus hostile. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">La croissance ininterrompue de l\u2019utilisation de la r\u00e9f\u00e9rence nationale depuis les ann\u00e9es 1990 se poursuit dans les ann\u00e9es 2000 en devenant un moyen de revendication et de comp\u00e9tition dans l\u2019espace europ\u00e9en, reprenant un concept de comp\u00e9tition territoriale qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 apparu avec les vell\u00e9it\u00e9s d\u2019autonomie du nord de l\u2019Italie. <\/span><\/p>\n<h5><b>L\u2019impact de la question septentrionale sur le d\u00e9bat europ\u00e9en <\/b><\/h5>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Les r\u00e9gions septentrionales de l\u2019Italie se sentent particuli\u00e8rement int\u00e9gr\u00e9es \u00e0 l\u2019Europe. C\u2019est \u00e0 la fois une question de bagage historique mais aussi d\u2019une proximit\u00e9 synonyme d\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique et de flux constants entre le nord extr\u00eamement dense d\u2019un point de vue industriel et les pays avoisinants. Le renforcement du march\u00e9 europ\u00e9en ainsi que son \u00e9largissement, en particulier vers l\u2019Est, ont repr\u00e9sent\u00e9 une s\u00e9rie d\u2019opportunit\u00e9s croissantes pour ces r\u00e9gions du nord de l\u2019Italie, un int\u00e9r\u00eat qui est soulign\u00e9 par l\u2019ensemble des entrepreneurs, en particulier les diff\u00e9rentes \u00e9manations territoriales de l\u2019association nationale des entreprises, Confindustria dont le pr\u00e9sident pour la V\u00e9n\u00e9tie, Matteo Zoppas, d\u00e9clarait r\u00e9cemment son soutien \u00e0 l\u2019Europe et \u00e0 l\u2019Euro. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">C\u2019est \u00e9galement au nord de l\u2019Italie qu\u2019apparaissent d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1980 des mouvement autonomistes qui revendiquent l\u2019ind\u00e9pendance de ces territoires du reste de la p\u00e9ninsule. Le parti que nous d\u00e9signons aujourd\u2019hui comme la \u00ab&#160;Lega&#160;\u00bb est l\u2019h\u00e9riti\u00e8re de cette \u00ab&#160;Ligue du Nord, Ligue pour l\u2019ind\u00e9pendance de la Padanie&#160;\u00bb, un mouvement qui avait d\u2019ailleurs englob\u00e9 la \u00ab&#160;Ligue Lombarde&#160;\u00bb ainsi que la \u00ab&#160;Ligue V\u00e9nitienne&#160;\u00bb. Cette force politique s\u2019affirme elle aussi au cours des ann\u00e9es 1990, profitant du vide laiss\u00e9 par la faillite des partis classiques, dont le personnel est mis en accusation dans une s\u00e9rie d\u2019affaires de corruptions \u00a0(le grand scandale de Tangentopoli) et contraint \u00e0 d\u00e9missionner ou \u00e0 disparaitre, comme la D\u00e9mocratie chr\u00e9tienne et le Parti socialiste, et devient un partenaire habituel des coalitions de centre-droit, en passant d\u2019une revendication d\u2019autonomie tout court \u00e0 la recherche d\u2019un f\u00e9d\u00e9ralisme fiscal, projet dans lequel ce sont les r\u00e9gions qui doivent exercer une s\u00e9rie de pr\u00e9rogatives qui \u00e9taient traditionnellement d\u00e9volues \u00e0 l\u2019\u00c9tat italien. La Ligue actuelle a op\u00e9r\u00e9 une transformation importante au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es. A la suite de la crise migratoire de 2011 et du d\u00e9clin du chef historique Umberto Bossi, un nouveau leader a \u00e9merg\u00e9&#160;: Matteo Salvini devient le synonyme d\u2019une Ligue nationale qui s\u2019\u00e9rige en paladin de la nation italienne, tout d\u2019abord \u00e0 propos de la lutte contre l\u2019immigration mais aussi de la d\u00e9fense de l\u2019Italie contre l\u2019Europe, allant jusqu\u2019\u00e0 r\u00e9clamer la sortie de l\u2019Italie de l\u2019Euro. Ce faisant la Ligue de Matteo Salvini se rapproche de forces souverainistes comme le Front National de Marine Le Pen avec lequel elle si\u00e8ge au Parlement europ\u00e9en, et cela malgr\u00e9 une base territoriale li\u00e9e au tissu entrepreneurial du Nord-est qui tire profit du march\u00e9 unique. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">Par ailleurs la Ligue n\u2019abandonne pas l\u2019agenda r\u00e9gionaliste&#160;; elle pousse \u00e0 l\u2019obtention d\u2019une \u00ab&#160;autonomie diff\u00e9renci\u00e9e&#160;\u00bb pour la V\u00e9n\u00e9tie, la Lombardie (qui ont pl\u00e9biscit\u00e9 la proposition <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">via<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> un r\u00e9f\u00e9rendum en 2017) et l\u2019Emilie-Romagne (qui, gouvern\u00e9e par le centre-gauche, a choisi la n\u00e9gociation avec l\u2019\u00c9tat). Ainsi, nous nous trouvons face \u00e0 l\u2019\u00e9trange m\u00e9lange d\u2019un nationalisme d\u00e9fensif d\u00e9clar\u00e9 et d\u2019un f\u00e9d\u00e9ralisme r\u00e9gional substantiel. La Ligue affiche une double identit\u00e9, celle d\u2019un parti protestataire au niveau national et d\u2019un parti gestionnaire et f\u00e9d\u00e9raliste au niveau local. On peut consid\u00e9rer que les attaques contre l\u2019Europe font partie de la premi\u00e8re partie de ce registre, celle protestataire. En d\u00e9finitive, la Ligue est la championne de la comp\u00e9tition territoriale&#160;: quand ce n\u2019est pas le nord contre le sud, c\u2019est l\u2019Italie contre l\u2019Europe&#160;! Et il faut aujourd\u2019hui observer combien la Ligue est comp\u00e9titive. Cette performance est li\u00e9e aux qualit\u00e9s politiques de son leader, Matteo Salvini lorsqu\u2019il se fait l\u2019habile champion d\u2019un discours n\u00e9o-nationaliste, surfant \u00e9galement sur la vague du souverainisme trumpien. <\/span><br \/>\n<b>L\u2019Europe, synonyme d\u2019un douloureux r\u00e9formisme \u00e9conomique <\/b><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">La parabole europ\u00e9iste a connu un moment fort dans les ann\u00e9es 1990 lorsque face \u00e0 la crise de la classe politique et des finances publiques, c\u2019est un r\u00e9formisme europ\u00e9en qui a \u00e9t\u00e9 mis en place dans une Italie qui a choisi de lib\u00e9raliser ses march\u00e9s ainsi que de faire l\u2019effort de rentrer dans l\u2019Euro de fa\u00e7on. Elle s\u2019est ainsi auto-impos\u00e9 une cure de cheval pour sortir de l\u2019orni\u00e8re un \u00c9tat qui apparaissait quasiment en faillite au printemps 1992. A partir du gouvernement Amato de 1992, les membres de l\u2019ex\u00e9cutif italien vont faire face \u00e0 la crise des finances publiques, provoqu\u00e9e par la gabegie de la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dente, en limitant les d\u00e9penses et en r\u00e9cup\u00e9rant des ressources, pour l\u2019essentiel obtenues par le biais d\u2019un ambitieux plan de privatisations. Mais pour utiliser au mieux ces changements dans une s\u00e9rie de secteurs clefs, les gouvernements vont s\u2019appuyer sur l\u2019agenda des lib\u00e9ralisations de march\u00e9s en Europe de fa\u00e7on \u00e0 op\u00e9rer une s\u00e9rie de r\u00e9formes qui puissent permettre \u00e0 l\u2019Italie de recouvrer sa comp\u00e9titivit\u00e9 tout en assainissant les finances publiques. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">Cet objectif a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 en partie, avec la mise en place d\u2019une ma\u00eetrise des d\u00e9penses sans toutefois que le stock de dette diminue de fa\u00e7on significative. En ce qui concerne les march\u00e9s lib\u00e9ralis\u00e9s, les chocs vont \u00eatre nombreux. Ils sont d\u2019abord provoqu\u00e9s par la crise de certaines entreprises publiques, li\u00e9es aux habitudes client\u00e9listes de la p\u00e9riode pr\u00e9-Tangentopoli. Mais les r\u00e9formes vont \u00e9galement se traduire par l\u2019entr\u00e9e de groupes \u00e9trangers sur les march\u00e9s. Ces mouvements s\u2019accompagnent de restructurations dans les entreprises concern\u00e9es. Ainsi l\u2019\u00e9conomie de l\u2019Italie appara\u00eet depuis les ann\u00e9es 1990 comme un terrain d\u2019investissements privil\u00e9gi\u00e9 pour les grands groupes europ\u00e9ens, un flux qui provoque parfois des commentaires critiques, lorsque la mainmise de telle ou telle entreprise \u00e9trang\u00e8re sur un secteur productif est point\u00e9e du doigt. C\u2019est ainsi par exemple que le nombre d\u2019investissements d\u2019origine fran\u00e7aise dans les secteurs de la banque et de l\u2019assurance, du luxe ou de l\u2019agro-alimentaire alimente un sentiment de suzerainet\u00e9 de la part des commentateurs italiens. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">Pour des raisons internes, l\u2019ouverture des march\u00e9s europ\u00e9ens a \u00e9t\u00e9 lourde de cons\u00e9quences en Italie, et elle a nourri l\u2019id\u00e9e d\u2019une conqu\u00eate du march\u00e9 italien par les investisseurs europ\u00e9ens sans que des groupes nationaux puissent s\u2019affirmer. Cette perception n\u00e9gative explique les vell\u00e9it\u00e9s quelque peu anachroniques d\u2019intervention \u00e9tatique dans l\u2019\u00e9conomie qui apparaissent lors des campagnes \u00e9lectorales en Italie, en particulier dans les programme des forces populistes. Ici encore, nous constatons qu\u2019une s\u00e9rie de probl\u00e9matiques li\u00e9es \u00e0 une mauvaise gestion nationale, par exemple l\u2019explosion des d\u00e9ficits et l\u2019accumulation de la dette, produit une situation de contrainte dans laquelle l\u2019Europe est d\u00e9sign\u00e9e comme bouc \u00e9missaire. On retrouve ce m\u00eame m\u00e9canisme critique dans le cas des d\u00e9tracteurs de l\u2019appartenance de l\u2019Italie \u00e0 la zone euro, ce qui provoque un d\u00e9bat permanent sur le degr\u00e9 de responsabilit\u00e9 nationale, en particulier en ce qui concerne le contr\u00f4le des d\u00e9penses publiques, et la contrainte exerc\u00e9e par les institutions europ\u00e9ennes. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">Il n\u2019est donc pas \u00e9tonnant que la question de l\u2019appartenance \u00e0 l\u2019euro, en tant que questionnement vis-\u00e0-vis de la relation \u00e9conomique entre l\u2019Italie et l\u2019Europe, ait constitu\u00e9 un point d\u2019achoppement lors de la composition du gouvernement M5S-Lega. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">Il faut \u00e9galement relever que ce d\u00e9bat \u00e9conomique suscite des prises de positions parfois extr\u00eamement virulentes vis-\u00e0-vis de l\u2019Allemagne, une reprise d\u2019un discours anti-germaniste qui ne s\u2019embarrasse plus d\u2019aucune prudence historique. A ceci il convient d\u2019ajouter les flamb\u00e9es anti-fran\u00e7aises qui secouent l\u2019Italie de fa\u00e7on p\u00e9riodique, et ce en particulier depuis l\u2019intervention en Libye en 2011 et le d\u00e9but d\u2019une crise migratoire qui ne s\u2019est depuis jamais v\u00e9ritablement tarie. Et que ces perceptions italiennes tr\u00e8s critiques vont \u00e0 leur tour produire des effets sur les partenaires de l\u2019Italie qui peuvent se raidir dans leurs rapports, en particulier dans le cas allemand. <\/span><\/p>\n<h5><b>Europ\u00e9isme et nationalisme, un jeu \u00e0 somme nulle voire m\u00eame d\u00e9croissante&#160;?<\/b><\/h5>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Sous la pr\u00e9sidence Ciampi, nous pouvions avancer qu\u2019europ\u00e9isme et patriotisme pouvaient repr\u00e9senter un jeu \u00e0 somme positive, avec la gestion d\u2019une identit\u00e9 nationale revendiqu\u00e9e et de l\u2019engagement europ\u00e9en. Dans la situation actuelle les r\u00e9f\u00e9rences europ\u00e9ennes et nationales semblent au contraire constituer un jeu \u00e0 somme nulle. Alors qu\u2019en Italie, la dimension nationale avait \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9e dans la p\u00e9riode de l\u2019apr\u00e8s-guerre, la reprise du nationalisme au XXI\u00e8me si\u00e8cle accompagne la remise en cause de l\u2019appartenance europ\u00e9enne. Ici, comme dans d\u2019autres cas, s\u2019op\u00e8re un processus de mise \u00e0 distance de l\u2019Europe, un vide que devrait combler l\u2019\u00e9chelon national. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">Le probl\u00e8me est que si les id\u00e9ologies nationales et europ\u00e9ennes semblent suivre la logique d\u2019un espace clos dans lequel s\u2019op\u00e9reraient des transferts de souverainet\u00e9s \u00e0 somme \u00e9gale, la r\u00e9alit\u00e9 est nettement plus complexe. La multiplication des d\u00e9fis de la soci\u00e9t\u00e9 globale requiert une r\u00e9ponse croissante qui passe par une expansion des souverainet\u00e9s \u00e0 diff\u00e9rents niveaux, et ce d\u2019autant plus que des probl\u00e8mes comme la technologie ou l\u2019environnement repr\u00e9sentent autant de bo\u00eetes de Pandore pour les politiques publiques. Nous assistons en Europe \u00e0 des revendications de souverainet\u00e9 r\u00e9gionales ou nationales, comme l\u2019indiquent les cas r\u00e9cents de l\u2019Espagne et de l\u2019Italie. Au sein m\u00eame de l\u2019Italie, le destin des r\u00e9gions septentrionales semble \u00e9galement suivre cette voie. Ces revendications repr\u00e9sentent des discours construits, des constructions sociales qui peuvent appara\u00eetre comme tout aussi l\u00e9gitimes que les constructions li\u00e9es \u00e0 ce que nous d\u00e9signons parfois comme les \u00ab&#160;histoires nationales&#160;\u00bb. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">Une des grandes forces du mod\u00e8le de l\u2019Union europ\u00e9enne est de r\u00e9ussir \u00e0 accommoder ces diff\u00e9rentes lectures, c\u2019est-\u00e0-dire de prendre en compte l\u2019existence des croyances dans diff\u00e9rents faits nationaux (ou r\u00e9gionaux) et de ne pas opposer un \u00ab&#160;fait europ\u00e9en&#160;\u00bb synonyme d\u2019une comp\u00e9tition dans la mobilisation historique. Cette absence d\u2019un \u00ab&#160;<\/span><span style=\"font-weight: 400\">nationalisme europ\u00e9en&#160;\u00bb est un \u00e9l\u00e9ment souvent reproch\u00e9 d\u2019ailleurs \u00e0 l\u2019Europe par des d\u00e9tracteurs qui se font aussi les chantres de tels ou tels \u00ab&#160;faits nationaux&#160;\u00bb. Pendant longtemps, la faiblesse du nationalisme italien semblait marquer la relative sagesse d\u2019un \u00c9tat-membre qui avait pris ses distances vis-\u00e0-vis des dangers de l\u2019absolutisme de l\u2019univocit\u00e9 du fait national, en puisant dans la lecture d\u2019une construction nationale marqu\u00e9e \u00e0 bien des \u00e9gards par les contradictions une forme de relativisme pragmatique, c\u2019est-\u00e0-dire par exemple de bon sens vis-\u00e0-vis de la diff\u00e9renciation des histoires des diff\u00e9rents territoires de l\u2019Italie et des difficult\u00e9s de construire un r\u00e9cit univoque entre, par exemple, Siciliens et V\u00e9nitiens. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">Et somme toute ce mod\u00e8le de d\u00e9mocratie semblait fonctionner en parall\u00e8le avec une Europe forc\u00e9ment bancale, jamais achev\u00e9e, mais surtout pas absolue, ce qui constitue une de ses principales qualit\u00e9s. Cette Europe s\u2019est \u00e9galement construite en suivant un projet de d\u00e9veloppement et d\u2019harmonisation des territoires, ce qui passe par des transferts de revenus, signe tr\u00e8s tangible de la solidarit\u00e9 europ\u00e9enne et \u00e9l\u00e9ment dont l\u2019Italie a largement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">C\u2019est ici que se situe l\u2019enjeu actuel de l\u2019Italie et de l\u2019Europe, un enjeu qui est commun avec l\u2019ensemble des \u00c9tats-membres comme l\u2019illustrent les cas britanniques ou espagnol. Cet enjeu est celui de l\u2019acceptation et de la gestion de tendances contradictoires, celle de la croissance des besoins de souverainet\u00e9s qui ne peut \u00eatre exauc\u00e9e par le simple renforcement de l\u2019\u00e9chelon national ou r\u00e9gional, celles de la recherche de marqueurs identitaires, autant de petits \u00ab&#160;faits nationaux&#160;\u00bb, qui constituent des balises dans une soci\u00e9t\u00e9 de plus en plus acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e. La crise de l\u2019id\u00e9e europ\u00e9enne en Italie repr\u00e9sente \u00e9galement la crise de ce diagnostic. Et comme souvent les r\u00e9ponses peuvent apparaitre comme contradictoires. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">Le vote contraire au r\u00e9f\u00e9rendum de 2016 portant sur la modification de la constitution italienne a \u00e9t\u00e9 analys\u00e9, \u00e0 juste titre, comme un rejet de son principal artisan, Matteo Renzi. C\u2019est certainement vrai, mais les Italiens ont ainsi manifest\u00e9 une forte volont\u00e9 de conservation vis-\u00e0-vis d\u2019une constitution qui inscrivait dans les tables de la loi la tutelle de la d\u00e9mocratie italienne et la prudence vis-\u00e0-vis des id\u00e9ologies fortes, c\u2019est-\u00e0-dire la sup\u00e9riorit\u00e9 du droit, et en particulier de la protection des droits individuels, vis-\u00e0-vis des \u00ab&#160;faits nationaux&#160;\u00bb. Et il faut relever que le Conseil constitutionnel a r\u00e9cemment bloqu\u00e9 une loi r\u00e9gionale promue par la r\u00e9gion V\u00e9n\u00e9tie, loi qui voulait instaurer un syst\u00e8me de pr\u00e9f\u00e9rence r\u00e9gionale dans l\u2019attribution des places en cr\u00e8che. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">C\u2019est \u00e9galement dans le cas du fonctionnement de ces pouvoirs constitutionnels que le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique a obtenu que le gouvernement soit retoqu\u00e9 au nom de l\u2019appartenance de l\u2019Italie \u00e0 l\u2019Euro. Ces contradictions, et le fait par exemple que le rejet du r\u00e9f\u00e9rendum constitutionnel en 2016 ait \u00e9t\u00e9 vot\u00e9 en large partie par l\u2019\u00e9lectorat qui a port\u00e9 le M5S-Lega au pouvoir, nous montrent que la question n\u2019est absolument pas tranch\u00e9e, et qu\u2019elle ne le sera peut-\u00eatre jamais ce qui, apr\u00e8s tout, reste le signe principal du fonctionnement difficile d\u2019une dialectique d\u00e9mocratique italienne et donc europ\u00e9enne. M\u00eame si le n\u00e9o-souverainisme italien inqui\u00e8te de par le caract\u00e8re simpliste de ses constats, l\u2019Italie continue \u00e0 pr\u00e9senter des contradictions manifestes, ce qui vaut bien une destin\u00e9e. Mais les comp\u00e9titions territoriales (par exemple la comp\u00e9tition nord sud en Italie) ainsi que celles pour les ressources au sein de l\u2019Union font peser une atmosph\u00e8re lourde car elles menacent la promotion d\u2019un bien commun europ\u00e9en, un d\u00e9nominateur politique et \u00e9thique minimal n\u00e9cessaire pour la bonne marche de l\u2019Union. Le cas italien n\u2019est pas l\u2019unique r\u00e9v\u00e9lateur de ces tendances mais il ne faut absolument pas en sous-\u00e9valuer la port\u00e9e<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-2890\" src=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/screenshot-2017-08-24-23-44-37.png\" alt=\"Screenshot 2017-08-24 23.44.37\" width=\"20\" height=\"20\" \/><\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\"><strong>Pour approfondir<\/strong> <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">Vayssi\u00e8re, Bertrand. \u00ab&#160;Le manifeste de Ventotene (1941)&#160;: acte de naissance du f\u00e9d\u00e9ralisme europ\u00e9en&#160;\u00bb,<em> Guerres mondiales et conflits contemporains<\/em>, vol. 217, no. 1, 2005, p. 69-76. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">Durand Jean-Dominique.\u00ab&#160;L&rsquo;action catholique italienne sous les pontificats de Pie XI et Pie XII (1922-1958)&#160;\u00bb,<em> M\u00e9langes de l&rsquo;Ecole fran\u00e7aise de Rome. Moyen-Age, Temps modernes<\/em>, tome 98, n\u00b02. 1986. p. 863-888. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">Caciagli Mario, N\u00e9grier Emmanuel.\u00ab&#160;Sur la faible identit\u00e9 nationale des Italiens&#160;\u00bb, <em>P\u00f4le Sud<\/em>, n\u00b014, 2001. <em>\u00c9tat ou nation(s)&#160;?<\/em> sous la direction de Mohammad-Said Darviche . p. 29-39. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">Bartolini, Stefano, and D&rsquo;Alimonte, Roberto.\u00ab&#160;Les \u00e9lections parlementaires de 1994 en Italie, Comp\u00e9tition majoritaire et r\u00e9alignement partisan.&#160;\u00bb ,\u00a0<em>Revue Fran\u00e7aise De Science Politique<\/em>, vol. 45, no. 6, 1995, p. 915\u2013954 <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">Rampini, Federico.\u00ab&#160;L&rsquo;Italie En Vacance De L&rsquo;Europe.&#160;\u00bb <em>Politique \u00c9trang\u00e8re<\/em>, vol. 61, no. 1, 1996, p. 61\u201372 <\/span><br \/>\n<span style=\"font-weight: 400\">Allegranti, Matteo, <em>Le Pen, che destra che fa,<\/em> Fandango, 2016<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&#160;La nouvelle attitude italienne vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Union est d\u2019autant plus frappante si l\u2019on se souvient que l\u2019Europe a, dans une certaine mesure, contribu\u00e9 \u00e0 nourrir l\u2019identit\u00e9 collective du pays alors que le patriotisme italien apparaissait comme faible&#160;\u00bb<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":10696,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"staff":[],"editorial_format":[],"serie":[],"audience":[],"geo":[],"class_list":["post-10691","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-uncategorised"],"acf":{"open_in_webview":false,"accent":false},"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.1.1 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>L\u2019Italie est-elle encore europ\u00e9iste ? 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