{"id":103461,"date":"2021-03-19T17:07:51","date_gmt":"2021-03-19T16:07:51","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=103461"},"modified":"2021-03-19T17:07:59","modified_gmt":"2021-03-19T16:07:59","slug":"commune-andre-leo-guerre-sociale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2021\/03\/19\/commune-andre-leo-guerre-sociale\/","title":{"rendered":"Raconter la Commune par la guerre sociale"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"intro\">Le 27 septembre 1871 a lieu \u00e0 Lausanne un congr\u00e8s de la Ligue de la paix et de la libert\u00e9. Form\u00e9e en 1867 \u00e0 Gen\u00e8ve, l\u2019organisation s\u2019inscrit dans le droit fil d\u2019un romantisme politique vivace au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, qui lui inspire son pacifisme. Elle concurrence l\u2019Alliance internationale de la d\u00e9mocratie socialiste (bakouniniste), qui elle-m\u00eame a rejoint pour un temps l\u2019Association internationale des travailleurs (domin\u00e9e par les marxistes). Ce jour-l\u00e0, la ligue invite les communards (ou communeux\u2026) r\u00e9fugi\u00e9s pour beaucoup en Suisse \u00e0 s\u2019exprimer sur leur exp\u00e9rience de la guerre civile parisienne. La parole est confi\u00e9e par eux \u00e0 Andr\u00e9 L\u00e9o, pseudonyme de L\u00e9odile B\u00e9ra, journaliste et romanci\u00e8re fran\u00e7aise membre de l\u2019Internationale et r\u00e9fugi\u00e9e \u00e0 B\u00e2le.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"intro\">L\u2019int\u00e9r\u00eat de ce discours r\u00e9side notamment dans le scandale qu\u2019il suscite&#160;: d\u00e8s les premi\u00e8res minutes, la communarde est chahut\u00e9e puis interrompue par l\u2019assistance. Pourquoi&#160;? On lui reproche de ne pas respecter l\u2019ordre du jour. \u00c9tonnant&#160;: il s\u2019agissait de \u00ab&#160;la question sociale&#160;\u00bb. Plus vraisemblablement, Andr\u00e9 L\u00e9o propose de basculer d\u2019un paradigme id\u00e9aliste, celui de la paix avant tout, \u00e0 une analyse qui refuse les oppositions formelles entre r\u00e9publique et monarchie, entre aristocratie et bourgeoisie&#160;: sous des formes diff\u00e9rentes et des apparences soign\u00e9es, il s\u2019agit toujours de l\u2019exploitation du travail par le capital. La lutte sociale, et \u00e0 la limite la lutte de classe arm\u00e9e, s\u2019av\u00e8rent selon elle le d\u00e9voilement d\u2019une guerre autrement violente, celle des profiteurs contre les travailleurs. C\u2019est pourquoi, \u00e0 la publication, Andr\u00e9 L\u00e9o intitulera son discours <em>La Guerre sociale<\/em>&#160;: \u00ab&#160;car les aristocraties ne peuvent pas exterminer le peuple, mais le peuple peut exterminer les aristocraties.&#160;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"intro\">Nous proposons de nous arr\u00eater ici sur deux moments du discours. Son ouverture interrompue d\u2019abord, qui constitue une apologie de la Commune&#160;: en racontant et d\u00e9fendant l\u2019insurrection, il s\u2019agit de faire pi\u00e8ce au r\u00e9cit dominant, celui du gouvernement victorieux de Thiers. Dans son d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur, la position d\u2019Andr\u00e9 L\u00e9o pr\u00e9sente ensuite des nuances int\u00e9ressantes&#160;: partisane, avec Vall\u00e8s, Varlin ou Courbet, de la malheureuse \u00ab&#160;minorit\u00e9&#160;\u00bb de la Commune, elle d\u00e9plore les \u00ab&#160;enfantillages d\u00e9molisseurs&#160;\u00bb de la colonne Vend\u00f4me, ou le plagiat de Terreur men\u00e9 par le Comit\u00e9 de Salut public et la \u00ab&#160;majorit\u00e9&#160;\u00bb, emmen\u00e9e par Raoul Rigault ou Th\u00e9ophile Ferr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"intro\">Lire ce discours est une occasion de d\u00e9partager, aujourd\u2019hui encore, entre une mythologie \u00e9tablie par les vainqueurs pour discr\u00e9diter l\u2019exp\u00e9rience de la Commune, et la vision de ses partisans. C\u2019est aussi percevoir les nouvelles lignes de fracture de la gauche, qui depuis Paris la recomposent dans toute l\u2019Europe pour les ann\u00e9es \u00e0 venir\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&#160;Mesdames, Messieurs,<\/p>\n\n\n\n<p>En 1867, quand la Ligue de la paix et de la libert\u00e9 s\u2019est form\u00e9e, elle \u00e9tait l\u2019expression en Europe, et surtout en France, d\u2019une pens\u00e9e tr\u00e8s morale, tr\u00e8s juste, qui s\u2019\u00e9tonnait de trouver encore dans le code des nations civilis\u00e9es, ou se disant telles, des lois de la guerre&#160;; qui s\u2019indignait que, de temps \u00e0 autre, des menaces, des bruits de guerre, prissent place dans la politique des cours et vinssent troubler les affaires publiques. Il y eut alors, de la part des litt\u00e9rateurs et des publicistes, une sorte de croisade, \u00e0 laquelle votre ligue donna plus de consistance, et dont elle prolongea le retentissement. Elle se trouva \u00eatre, en m\u00eame temps, une protestation contre ces pouvoirs imp\u00e9riaux et royaux qui disposent de la vie des hommes, et qui n\u2019\u00e9coutent qu\u2019eux-m\u00eames et leurs monstrueux calculs. Ils ont en effet, malgr\u00e9 vous, malgr\u00e9 l\u2019opinion, fait la guerre de 1870. Les monarques sont inconvertissables. Heureusement, il n\u2019en n\u2019est pas de m\u00eame du sens public. Celui-ci avait compris. Le sentiment des maux de la guerre et de leur folie s\u2019\u00e9tait propag\u00e9 rapidement jusque dans le peuple, et ce sentiment fut pour beaucoup dans la stup\u00e9faction, dans l\u2019indignation, que causa en France la d\u00e9claration de guerre du 15 juillet. On peut le dire avec certitude, et vous le reconnaissez&#160;: les guerres, faussement appel\u00e9es nationales, ne sont que des guerres monarchiques. La guerre et la monarchie se tiennent&#160;; elles vivent et mourront ensemble. Votre ligue est r\u00e9publicaine. Sur ce point vous n\u2019h\u00e9sitez pas, et votre \u0153uvre est d\u00e9finie, aussi bien que votre action.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il est une autre guerre, \u00e0 laquelle vous n\u2019aviez pas song\u00e9, et qui d\u00e9passe l\u2019autre de beaucoup en ravages et en fr\u00e9n\u00e9sie. Je parle de la guerre civile.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle existe en France depuis 1848&#160;; mais beaucoup s\u2019obstinaient \u00e0 ne pas la voir. Aujourd\u2019hui, quel sourd n\u2019a entendu les canons de Paris et de Versailles&#160;? Et ces fusillades dans les parcs, dans les cimeti\u00e8res, dans les terrains vagues, et dans les villages autour de Paris&#160;? &#8211; Quel aveugle n\u2019a vu ces charret\u00e9es de cadavres qu\u2019on transportait, le jour d\u2019abord, puis la nuit&#160;; ces prisonniers, hommes, femmes, enfants, que l\u2019on conduisait \u00e0 la mort par centaines, sous les feux de peloton ou les mitrailleuses&#160;? Et ces longues files de malheureux, d\u00e9faits, d\u00e9chir\u00e9s, que l\u2019on insultait, que l\u2019on crossait, que l\u2019on courbait \u00e0 genoux, \u00e0 la honte de l\u2019humanit\u00e9, sur le chemin de Versailles&#160;? Qui n\u2019entend dans son c\u0153ur (\u00e0 moins de n\u2019en pas avoir) le cri de ces 40.000 transport\u00e9s sans jugement, entass\u00e9s depuis quatre mois, six mois, dans les pontons de nos ports&#160;?<\/p>\n\n\n\n<p>On a r\u00e9pandu sur ces horreurs, comme des voiles, tous les mots que la langue pr\u00eate aux rh\u00e9teurs pour combattre la v\u00e9rit\u00e9. \u00c9tant si coupable, on a beaucoup accus\u00e9. On a beaucoup cri\u00e9, pour emp\u00eacher d\u2019entendre. Depuis quatre mois, pendant les deux premiers mois surtout, la calomnie a coul\u00e9 \u00e0 pleins bords, de toutes ces feuilles venimeuses, qui marquent d\u2019infamie les causes qu\u2019elles embrassent. Et les autres, prises de peur, sous la terreur qui r\u00e9gnait, ont l\u00e2chement, sans examen, r\u00e9p\u00e9t\u00e9 ces accusations, ces calomnies. On a fl\u00e9tri du nom d\u2019assassins les assassin\u00e9s, de voleurs les vol\u00e9s, de bourreaux les victimes.<\/p>\n\n\n\n<p>Je sais ce qu\u2019on peut dire contre la Commune. Plus que personne, j\u2019ai d\u00e9plor\u00e9, j\u2019ai maudit l\u2019aveuglement de ces hommes &#8211; je parle de la majorit\u00e9 &#8211; dont la stupide incapacit\u00e9 a perdu la plus belle cause.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelle souffrance, jour \u00e0 jour, \u00e0 la voir p\u00e9rir&#160;! Mais aujourd\u2019hui, ce ressentiment expire dans la piti\u00e9. Ces torts de la Commune, depuis Mai, j\u2019ai besoin de les rappeler \u00e0 ma m\u00e9moire.<\/p>\n\n\n\n<p>Un tel d\u00e9bordement de crimes a pass\u00e9 sur eux qu\u2019on ne les voit plus. Une telle d\u00e9bauche d\u2019infamies a succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 ces fautes, qu\u2019elles sont devenues honorables en comparaison.<\/p>\n\n\n\n<p>Permettez-moi, pour r\u00e9pondre aux doutes qui existent probablement \u00e0 ce sujet dans beaucoup d\u2019esprits, de mettre en regard, le plus succinctement possible, les actes des deux partis. Car il s\u2019agit pour vous \u00e0 mon sens, de prendre parti dans ce drame terrible, qui n\u2019est pas fini, qui ne finira pas de longtemps, et qui n\u2019admet pas de neutres. Vous ne pouvez pas vous appeler la Ligue de la paix et de la libert\u00e9, et demeurer indiff\u00e9rents \u00e0 ces massacres, \u00e0 ces violences.<\/p>\n\n\n\n<p>De quoi sont accus\u00e9s les r\u00e9volutionnaires de Paris&#160;? De pillage, de meurtre, d\u2019incendie. Le pillage, ce pillage des maisons de Paris sous la Commune, c\u2019est une calomnie sign\u00e9e Thiers, et r\u00e9pandue \u00e0 des milliers d\u2019exemplaires, avec l\u2019argent de la France, pour tromper la France. Il n\u2019y a pas eu de pillage.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a eu des mesures financi\u00e8res contestables, soit&#160;; moins contestables peut-\u00eatre que celles de M. Pouyer-Quertier&nbsp;<span class='whitespace-nowrap'><span id='easy-footnote-1-103461' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2021\/03\/19\/commune-andre-leo-guerre-sociale\/#easy-footnote-bottom-1-103461' title='Ministre des finances depuis f\u00e9vrier 1871, Augustin Pouyer-Quertier n\u00e9gocia le trait\u00e9 de Francfort et l\u2019indemnit\u00e9 d\u2019occupation de cinq milliards vers\u00e9e par la France \u00e0 l\u2019Allemagne&amp;#160;; il haussa les imp\u00f4ts pour la payer.'><sup>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>&#160;; mais quelques confiscations arbitraires qui ont eu lieu, ont \u00e9t\u00e9 de suite bl\u00e2m\u00e9es et r\u00e9par\u00e9es, et l\u2019ordre &#8211; je parle du v\u00e9ritable, de celui qui est \u00e0 la fois la s\u00e9curit\u00e9 et la d\u00e9cence, un ordre tout diff\u00e9rent de l\u2019ordre du luxe, du despotisme et de la d\u00e9bauche, et de cet ordre de Varsovie qui r\u00e8gne actuellement \u00e0 Paris &#8211; l\u2019ordre v\u00e9ritable a exist\u00e9 pendant ces deux mois, o\u00f9 Paris fut tout entier dans la main du pauvre.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceux qui l\u2019ont habit\u00e9 le savent. S\u2019il y a eu \u00e7\u00e0 et l\u00e0 des exceptions, elles ont \u00e9t\u00e9 rares. Les pr\u00eatres seuls ont \u00e9t\u00e9 l\u2019objet de pers\u00e9cutions personnelles regrettables &#8211; je ne pr\u00e9tends pas tout excuser, je dis la v\u00e9rit\u00e9 et je compare. &#8211; Certaines gens vous parleront des dangers qu\u2019ils ont courus.<\/p>\n\n\n\n<p>Interrogez-les bien&#160;: ils n\u2019ont subi que leurs propres frayeurs. Qu\u2019ils vous montrent leurs blessures. Dans quelques services, par le fait de certains agents, des dilapidations ont eu lieu. \u2013&nbsp; Les administrations monarchiques sont-elles exemptes de ces accidents&#160;? Tous les services \u00e9taient d\u00e9sorganis\u00e9s et l\u2019on a eu moins de deux mois, de combats journaliers, pour tout recr\u00e9er et mettre en ordre. Certes, il restait beaucoup \u00e0 faire&#160;; mais le temps a manqu\u00e9. Au moins r\u00e9gnait-il une grande \u00e9conomie relative, une grande simplicit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale. Au minist\u00e8re de l\u2019instruction publique, au lieu de cette troupe de gens en livr\u00e9e qu\u2019avait conserv\u00e9s le 4 septembre, on trouvait une bonne \u00e0 tout faire, un employ\u00e9 d\u2019antichambre et un portier.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis, que s\u2019est-il pass\u00e9 dans ce Paris, rendu au pouvoir des gens de l\u2019ordre&#160;? Toutes les maisons ont \u00e9t\u00e9 fouill\u00e9es, perquisitionn\u00e9es de fond en comble, non pas seulement une fois, mais deux, trois et quatre. Et dans ces perquisitions, des vols, des saccages, ont \u00e9t\u00e9 fr\u00e9quemment commis. J\u2019ai beaucoup de faits particuliers&#160;; je n\u2019en citerai qu\u2019un g\u00e9n\u00e9ral. Tous ceux qu\u2019on fusillait \u00e9taient d\u00e9pouill\u00e9s de ce qu\u2019ils portaient sur eux, argent et bijoux. Et l\u2019argent, et souvent les bijoux, \u00e9taient distribu\u00e9s aux soldats, prime de meurtre.<\/p>\n\n\n\n<p>Les meurtres, il n\u2019y en a pas eu sous la Commune, sauf l\u2019ex\u00e9cution aux avant-postes de quelques espions (sept en tout), fait habituel de la guerre.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout ce grand fracas, toutes ces menaces, tout ce pastiche de 93, que fit la majorit\u00e9 de la Commune, consista seulement en mots, en phrases, en d\u00e9crets. Ce fut de la pose.<\/p>\n\n\n\n<p>La loi des otages ne fut pas appliqu\u00e9e, gr\u00e2ce \u00e0 la minorit\u00e9&#160;; gr\u00e2ce aussi, je le crois, \u00e0 la secr\u00e8te r\u00e9pugnance de ces copistes de la Terreur, qui en d\u00e9pit d\u2019eux-m\u00eames \u00e9taient de leur temps et de leur parti &#8211; car la d\u00e9mocratie actuelle est humaine. La loi des otages ne fut appliqu\u00e9e que le 23 [mai 1871] au soir, quand le pouvoir communal n\u2019existait plus de fait (sa derni\u00e8re s\u00e9ance est du 22).<\/p>\n\n\n\n<p>Ces ex\u00e9cutions eurent lieu par les ordres seuls de Raoul Rigault et de Ferr\u00e9, deux des plus malheureuses personnalit\u00e9s de la Commune, qui jusque-l\u00e0 n\u2019avaient cess\u00e9, toujours en vain, de r\u00e9clamer des mesures sanglantes.<\/p>\n\n\n\n<p>[\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>Sur les incendies, il y a toute une enqu\u00eate \u00e0 faire. Mais trois points certains doivent \u00eatre \u00e9tablis&#160;:<\/p>\n\n\n\n<p>1\u00b0 Ces incendies ont \u00e9t\u00e9 surfaits, exag\u00e9r\u00e9s outre mesure, et l\u2019on s\u2019en est servi d\u2019une fa\u00e7on odieuse pour les besoins de la vengeance.<\/p>\n\n\n\n<p>2\u00b0 Plusieurs ont \u00e9t\u00e9 allum\u00e9s par les obus des assaillants.<\/p>\n\n\n\n<p>3\u00b0 Les maisons incendi\u00e9es par les f\u00e9d\u00e9r\u00e9s ne l\u2019ont \u00e9t\u00e9 que pour les n\u00e9cessit\u00e9s de la d\u00e9fense, et non pas avec ce projet fantastique qu\u2019on leur impute de br\u00fbler Paris. Les soldats s\u2019introduisaient par derri\u00e8re dans les maisons attenantes aux barricades et de l\u00e0 tiraient \u00e0 feu plongeant sur les d\u00e9fenseurs. Il fallait donc&#160;: ou br\u00fbler ces maisons \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, ou abandonner le combat.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 l\u2019incendie des Tuileries, de la Pr\u00e9fecture de police, du Palais de justice, de la L\u00e9gion d\u2019honneur, etc., le nom des coupables n\u2019est pas connu, et quand on se rappelle le premier incendie manqu\u00e9 de la Pr\u00e9fecture de police, au mois de novembre pr\u00e9c\u00e9dent&#160;; quand on songe \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019avaient telles gens \u00e0 la destruction de certains papiers&#160;; aux agents de Versailles qui remplissaient Paris&#160;; \u00e0 l\u2019intelligence des flammes, qui ont respect\u00e9 tout ce dont la perte, en monuments ou en collections, e\u00fbt \u00e9t\u00e9 irr\u00e9parable&#160;; quand on pense \u00e0 la situation douteuse du pouvoir l\u00e9gal vis-\u00e0-vis de la France, qui lui \u00e9tait hostile, et qui si elle n\u2019approuvait pas la Commune, reconnaissait du moins la l\u00e9gitimit\u00e9 des r\u00e9clamations de Paris&#160;; au danger d\u00e8s lors qu\u2019offrait l\u2019ex\u00e9cution du plan d\u2019extermination, dict\u00e9 par une politique \u00e0 la M\u00e9dicis, en m\u00eame temps que caress\u00e9 par une haine implacable, &#8211; danger tel que le vainqueur pouvait succomber par sa victoire &#8211; on comprend qu\u2019un grand crime, attribu\u00e9 aux f\u00e9d\u00e9r\u00e9s, pouvait seul, en excitant la col\u00e8re publique, permettre cette extermination, ces vengeances&#160;; et l\u2019on peut soup\u00e7onner, sous cet incendie de Paris, un des plus \u00e9pouvantables myst\u00e8res que l\u2019histoire ait \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer.<\/p>\n\n\n\n<p>[\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>Les monarchistes, on le sait bien, n\u2019eurent jamais de patrie, pas plus que leurs princes&#160;; ainsi voit-on ceux-ci, d\u00e8s que la France est abattue, accourir sans pudeur, chacals affam\u00e9s, sur cette proie. Le premier souci des faux r\u00e9publicains du 4 Septembre n\u2019est pas l\u2019ennemi national, c\u2019est la d\u00e9mocratie populaire. Apr\u00e8s tout, Guillaume est un roi&#160;; entre rois et conservateurs on s\u2019arrange toujours&#160;; le pis est de payer, et c\u2019est le peuple que cela regarde&#160;! Mais la d\u00e9magogie&#160;! mais le socialisme&#160;! Grands dieux&#160;! Avoir le peuple pour ma\u00eetre au lieu de le gouverner&#160;! Se voir disputer cette oisivet\u00e9 dor\u00e9e, qu\u2019on a conquise, au prix, d\u00e9j\u00e0, de tant d\u2019autres capitulations&#160;! &#8211; Ils n\u2019eurent plus que cet objet, que cette peur, et lui sacrifi\u00e8rent la France. La R\u00e9publique victorieuse, arrachant le pays \u00e0 l\u2019ab\u00eeme o\u00f9 l\u2019avait jet\u00e9 la monarchie, cela pouvait \u00eatre la fin du vieux monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Paris surtout, Paris&#160;! c\u2019est lui qui excitait leur terreur. Paris socialiste, Paris arm\u00e9, d\u00e9lib\u00e9rant dans ses clubs, dans son conseil et s\u2019administrant lui-m\u00eame&#160;! Ce g\u00e9nie si longtemps captif, et m\u00eame alors dangereux&#160;! enfin d\u00e9livr\u00e9&#160;! Quel exemple&#160;! Quelle propagande&#160;! Quel p\u00e9ril&#160;!<\/p>\n\n\n\n<p>[\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019on excitait la France contre Paris, qui avait fait la R\u00e9publique et la voulait maintenir. C\u2019est ainsi qu\u2019on fl\u00e9trissait la victime avant de l\u2019ex\u00e9cuter, et qu\u2019on ruinait autour d\u2019elle toutes les sympathies, avant de tendre le pi\u00e8ge o\u00f9 elle devait p\u00e9rir. De l\u2019aveu de tous les journaux mod\u00e9r\u00e9s, l\u2019attaque du 18 mars fut une provocation. Le d\u00e9part imm\u00e9diat du gouvernement de tous les services publics, l\u2019enl\u00e8vement des caisses et de tout le mat\u00e9riel de l\u2019administration, montre un plan arr\u00eat\u00e9 d\u2019avance. L\u2019\u00e9meute devint une r\u00e9volution. Le grand courage du petit machiniste de ce drame ne faiblit pas.<\/p>\n\n\n\n<p>[\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai beau faire. Je ne vois du c\u00f4t\u00e9 de la Commune que 64 victimes &#8211; si l\u2019on persiste \u00e0 lui attribuer l\u2019ex\u00e9cution des otages, qu\u2019elle n\u2019a pas ordonn\u00e9e &#8211; et de l\u2019autre, j\u2019en vois, suivant le chiffre le plus bas, 15.000 &#8211; beaucoup disent 20.000. &#8211; Mais qui peut savoir le compte des morts dans une tuerie sans frein, dans un massacre sans jugement, dont toute la r\u00e8gle est le plus ou moins d\u2019ivresse du soldat, le plus ou moins de fureur politique de l\u2019officier&#160;? Demandez aux familles qui cherchent en vain un p\u00e8re, un fr\u00e8re, un fils disparu, dont elles n\u2019auront jamais l\u2019extrait mortuaire.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>[\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>Vous croyez tous que la paix du monde actuel est attach\u00e9e au d\u00e9veloppement de l\u2019intelligence, de la moralit\u00e9 et du bien-\u00eatre des peuples. Or, comment le gouvernement de Versailles, ce gouvernement qui se pr\u00e9tend lui aussi le sauveur de l\u2019ordre, de la morale et du bien public, comment remplit-il ce triple but&#160;?<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce par ses lois financi\u00e8res, qui font peser sur la consommation du pauvre les frais de la guerre&#160;? et qui ne trouvent pas mieux \u00e0 imposer, autre part, que les besoins de la pens\u00e9e&#160;? Est-ce par la haine immense dont il a rempli les \u00e2mes&#160;? Est-ce par ses meurtres, ses insultes, ses proscriptions&#160;?<\/p>\n\n\n\n<p>On sait dans quel \u00e9tat ces conservateurs ont mis l\u2019industrie. D\u00e9j\u00e0 d\u00e9peupl\u00e9 par le cimeti\u00e8re, l\u2019atelier devient d\u00e9sert par l\u2019\u00e9migration, qui pour la premi\u00e8re fois se produit \u00e0 Paris et y prend des proportions irlandaises. Nos meilleurs ouvriers, (parmi ceux qui restent) vont porter \u00e0 l\u2019\u00e9tranger leur habilet\u00e9, leurs proc\u00e9d\u00e9s, et la France, encore une fois, comme au lendemain de la R\u00e9forme, comme apr\u00e8s la r\u00e9vocation de l\u2019\u00e9dit de Nantes, saign\u00e9e par le fer meurtrier de ses forces les plus vitales, va \u00e9parpiller le reste dans le monde entier. Remarquons en passant que ces proscriptions, autrefois, avaient lieu du moins pour des croyances&#160;; aujourd\u2019hui pour des app\u00e9tits.<\/p>\n\n\n\n<p>Votre conviction \u00e0 tous est qu\u2019il n\u2019est d\u2019autre issue \u00e0 la p\u00e9riode fatale o\u00f9 nous sommes, que par l\u2019\u00e9ducation populaire, il faut &#8211; il n\u2019y a pas de milieu &#8211; vivre du suffrage universel, ou en mourir. S\u2019il reste dans les t\u00e9n\u00e8bres o\u00f9 il est plong\u00e9, nous en mourrons &#8211; et l\u2019on ne saurait nier que la France d\u00e9j\u00e0 n\u2019en soit bien malade et bien diminu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>[\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, beaucoup de gens, que les mots affolent, ne voient de malheur \u00e0 craindre que dans le r\u00e9tablissement de la monarchie. Ceux-l\u00e0 sont difficiles \u00e0 convaincre.<\/p>\n\n\n\n<p>La France, abandonn\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tranger&#160;; les trahisons et les malversations de 1870&#160;; l\u2019armistice et la paix de 1871, la guerre civile, l\u2019\u00e9gorgement de Paris, la terreur tricolore, l\u2019instruction publique aux pr\u00eatres, la presse aux financiers, la justice aux entremetteurs, l\u2019arm\u00e9e aux assassins, l\u2019administration aux corrompus, la politique aux Basiles, que peut faire de mieux une monarchie&#160;? Cessons de nous acharner sur les effets au profit des causes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le tr\u00f4ne n\u2019est autre chose qu\u2019une barricade \u00e0 l\u2019usage des aristocraties. Il occupe l\u2019ennemi, re\u00e7oit les coups, et quand au bout de quinze ou vingt ans, il est emport\u00e9, elles en sont quittes pour d\u00e9clarer qu\u2019il ne valait rien, faire des proclamations aux vainqueurs, et travailler imm\u00e9diatement \u00e0 en reb\u00e2tir un autre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*\u00a0* *<\/p>\n\n\n\n<p>[\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>Le grand point qui divise les d\u00e9mocrates lib\u00e9raux et les socialistes, c\u2019est la question du capital, la m\u00eame, sous une forme plus pr\u00e9cise, que cette question de libert\u00e9 et d\u2019\u00e9galit\u00e9, dont je parlais tout \u00e0 l\u2019heure. Je ne puis songer \u00e0 la traiter ici avec \u00e9tendue&#160;; je veux seulement indiquer un fait aussi vrai que peu compris g\u00e9n\u00e9ralement&#160;: c\u2019est que la plus grande partie de la bourgeoisie, toute la bourgeoisie moyenne et pauvre, souffre autant que le peuple du r\u00e9gime actuel du capital.<\/p>\n\n\n\n<p>[\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>Cette loi du capital est donc de nature aristocratique&#160;; elle tend de plus en plus \u00e0 concentrer le pouvoir en un petit nombre de mains&#160;; elle cr\u00e9e fatalement une oligarchie, ma\u00eetresse des forces nationales&#160;; elle est donc non seulement anti-\u00e9galitaire, mais anti-d\u00e9mocratique&#160;; elle sert l\u2019int\u00e9r\u00eat de quelques-uns contre l\u2019int\u00e9r\u00eat de tous. Elle est une des expressions, non de la v\u00e9rit\u00e9 nouvelle, mais de cette conception du pass\u00e9 qui, sur terre comme au ciel, en religion comme en politique, n\u2019admet toujours qu\u2019un petit nombre d\u2019\u00e9lus. Elle est donc en opposition avec la conception nouvelle de la Justice&#160;; avec la tendance irr\u00e9sistible qui fait tout pencher en ce temps-ci du c\u00f4t\u00e9 du nombre&#160;; avec cet instinct qui de plus en plus p\u00e9n\u00e8tre les masses &#8211; instinct dont il faudrait se h\u00e2ter de faire une morale et une science, avant que, croissant in\u00e9vitablement en force et en puissance, il s\u2019en prenne lui-m\u00eame aux faits, plus brutalement peut-\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette loi enfin, je le r\u00e9p\u00e8te, est en opposition avec l\u2019int\u00e9r\u00eat m\u00eame de la plupart de ceux qui la d\u00e9fendent&#160;; avec l\u2019int\u00e9r\u00eat de tous ceux qui n\u2019ont pas trouv\u00e9 dans leur berceau la clef d\u2019or qui ouvre les portes de la vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle tient en servage, tout comme le pauvre, cette grande majorit\u00e9 de la bourgeoisie qui vit de son travail, de sa capacit\u00e9, et qui m\u00eame, peut-\u00eatre, d\u00e9pend plus que le man\u0153uvre du bon plaisir et de la faveur des capitalistes, des grands. Seulement, plus proche des sources de la fortune, elle croit pouvoir y tremper plus facilement ses l\u00e8vres, et m\u00eame quand le flot la fuit, esp\u00e8re toujours, &#8211; ou ne se d\u00e9salt\u00e8re qu\u2019au prix de ces complaisances, de ces abdications, qui sont la honte, la faiblesse et le malheur de ce temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour beaucoup d\u2019esprits, cependant, cette loi du capital est fatale, insurmontable. &#8211; C\u2019est la superstition du fait. &#8211; Il n\u2019y a rien de fatal contre la justice. Des solutions ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9es&#160;; elles sont \u00e0 examiner sans parti pris.<\/p>\n\n\n\n<p>[\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>Une doctrine qui proclame le droit des d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s, qui rend la soci\u00e9t\u00e9 responsable des vices du pauvre, qui fl\u00e9trit toutes les injustices et d\u00e9clare le bonheur possible pour tous, doit n\u00e9cessairement attirer \u00e0 elle, non pas seulement, &#8211; et malheureusement pas assez, &#8211; le peuple mis\u00e9rable, mais aussi tous les m\u00e9contents de l\u2019ordre actuel, tous les \u00e9go\u00efsmes froiss\u00e9s, toutes les ambitions tromp\u00e9es, l\u00e9gitimes ou non, saines ou malsaines.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, Madeleine, Simon, les Samaritains, compromettaient J\u00e9sus. On admire cela&#8230; dans l\u2019\u00c9vangile. Au club, on s\u2019indigne et on se retire, en secouant ses souliers. De fait, les p\u00e9cheurs de J\u00e9sus \u00e9taient repentants&#160;; les nouveaux ne le sont gu\u00e8re. Mais que fait cela&#160;? La d\u00e9mocratie est une gu\u00e9risseuse&#160;; elle tra\u00eene \u00e0 sa suite un h\u00f4pital. C\u2019est son malheur, et sa gloire. Heureuse, si elle n\u2019avait que ses clients populaires et si la bourgeoisie ne lui envoyait ses rebuts, ses fruits secs, et les incapacit\u00e9s vaniteuses, qu\u2019elle s\u2019entend si bien \u00e0 produire&#160;! Car ce sont eux surtout qui, pour se mieux faire entendre, crient les choses insens\u00e9es&#160;; qui \u00e9blouissent ais\u00e9ment le peuple par une rh\u00e9torique pleine de mots, et vide de bon sens&#160;; qui, pour le plaisir de se faire chefs, l\u2019entra\u00eenent \u00e0 des entreprises folles et d\u00e9sastreuses&#160;; qui, au lieu de le porter \u00e0 la r\u00e9flexion, de l\u2019instruire dans la justice, n\u2019excitent en lui que la haine et la passion. Ce sont ces \u00e9chapp\u00e9s de coll\u00e8ge qui, n\u2019ayant dans la t\u00eate que des souvenirs et des phrases de livre, font, de l\u2019id\u00e9e communale, diffusion de la libert\u00e9, le Comit\u00e9 de Salut public, son contraire.- Car, ce qu\u2019on ne sait pas assez, ce qu\u2019il faut dire et redire, c\u2019est que la r\u00e9volution du 18 Mars n\u2019a point \u00e9t\u00e9 aux mains du socialisme, comme on l\u2019affirme avec intention&#160;; mais encore et toujours, aux mains du Jacobinisme, du Jacobinisme bourgeois, par sa majorit\u00e9, compos\u00e9e surtout de journalistes, d\u2019hommes de 1848, d\u2019\u00e9tudiants, de clubistes. La minorit\u00e9, ouvri\u00e8re et socialiste, emp\u00eacha quelquefois, protesta presque toujours, mais ne put jamais imprimer aux affaires sa direction.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/p>\n\n\n\n<p>Mais, que le parti d\u00e9mocratique ne soit pas parfait dans tous ses membres, &#8211; ce qui d\u2019ailleurs est le fait de tous les partis,- qu\u2019importent les personnes \u00e0 qui croit profond\u00e9ment aux principes, et sent son devoir de travailler ardemment \u00e0 leur r\u00e9alisation&#160;? En ce monde, et en ce temps, le combat est partout&#160;; mais il faut combattre ou p\u00e9rir.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 27 septembre 1871 d&rsquo;un congr\u00e8s de la Ligue de la paix et de la libert\u00e9 tenu \u00e0 Lausanne, la parole est confi\u00e9e est \u00e0 Andr\u00e9 L\u00e9o, pseudonyme de L\u00e9odile B\u00e9ra, journaliste et romanci\u00e8re fran\u00e7aise membre de l\u2019Internationale et r\u00e9fugi\u00e9e \u00e0 B\u00e2le. 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