{"id":10284,"date":"2018-11-25T22:00:28","date_gmt":"2018-11-25T21:00:28","guid":{"rendered":"https:\/\/lldl.eu\/?p=10284"},"modified":"2019-04-05T12:32:46","modified_gmt":"2019-04-05T10:32:46","slug":"la-belgique-signera-le-pacte-mais-qui-gouvernera-la-belgique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2018\/11\/25\/la-belgique-signera-le-pacte-mais-qui-gouvernera-la-belgique\/","title":{"rendered":"La Belgique signera le Pacte, mais qui gouvernera la Belgique ?"},"content":{"rendered":"\n

Bruxelles. <\/em>Alors que le prochain scrutin doit avoir lieu le 26 mai prochain en parall\u00e8le des \u00e9lections europ\u00e9ennes, les scrupules des nationalistes flamands vis-\u00e0-vis du Pacte mondial pour les migrations s\u00fbres, ordonn\u00e9es et r\u00e9guli\u00e8res<\/em> de l\u2018ONU menacent l\u2018unit\u00e9 du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n

Dirig\u00e9e depuis 2014 par le Wallon Charles Michel (Mouvement r\u00e9formateur (MR), ALDE), la coalition pr\u00e9sentait \u00e0 l\u2018\u00e9poque un caract\u00e8re in\u00e9dit : une seule formation francophone, celle du premier ministre, s\u2018alliant \u00e0 trois formations n\u00e9erlandophones, les Lib\u00e9raux et d\u00e9mocrates flamands (Open Vld, ALDE), les Chr\u00e9tiens-d\u00e9mocrates et flamands (CD&V, PPE), mais surtout les nationalistes de l\u2018Alliance n\u00e9o-flamande (N-VA, ALE). Une formation qui avait tout d\u2018un pari pour le MR, cinqui\u00e8me parti du pays ; propulsant son pr\u00e9sident \u00e0 la t\u00eate du gouvernement en \u00e9vin\u00e7ant les autres partis francophones, il r\u00e9coltait de ce fait, selon les prescriptions de la constitution f\u00e9d\u00e9rale belge, la moiti\u00e9 des postes minist\u00e9riels. Une condition avait toutefois \u00e9t\u00e9 fix\u00e9e pour faire cohabiter les lib\u00e9raux francophones du MR et les ind\u00e9pendantistes flamands de la N-VA : celle d\u2018une politique centr\u00e9e sur les questions socio-\u00e9conomiques plut\u00f4t que communautaires.<\/p>\n\n\n\n

Ce fragile \u00e9quilibre, qui avait tenu depuis 2014, semble d\u00e9sormais s\u2018effriter, \u00e0 l\u2018occasion de la ratification par la Belgique du pacte onusien. Lundi, la N-VA a ainsi d\u00e9clar\u00e9 que \u00ab le parti \u00e9tait tr\u00e8s inquiet des possibles implications juridiques du pacte \u00bb (3<\/strong>), le jugeant contradictoire avec leur propre programme, et craignant une perte d e souverainet\u00e9 de la politique migratoire belge. Le premier ministre et les deux autres formations gouvernementales n\u2018ont pourtant pas chang\u00e9 de ligne en faveur du pacte, d\u2018autant plus que Michel lui-m\u00eame l\u2018avait d\u00e9fendu en septembre \u00e0 la tribune des Nations unies, et que la Belgique doit entrer en 2019 au Conseil de s\u00e9curit\u00e9 (1<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n

De son c\u00f4t\u00e9, la branche radicale de la N-VA semble avoir choisi l\u2018affrontement ; une d\u00e9claration publique r\u00e9cente du Secr\u00e9taire d\u2018\u00c9tat \u00e0 l\u2018asile et \u00e0 la migration Theo Francken (N-VA), dans laquelle il affirme \u00ab s\u2018inspirer parfois des textes \u00bb du Vlaams Belang, le parti d\u2018extr\u00eame-droite flamand, a suscit\u00e9 l\u2018indignation au centre et \u00e0 gauche. Son porte-parole a certes relativis\u00e9 (6<\/strong>) ; mais alors que le m\u00eame Theo Francken a fait entrer en vigueur vendredi une limitation des enregistrements de demandes d\u2018asile \u00e0 une cinquantaine par jour (5<\/strong>) suite \u00e0 une hausse du nombre de demandes d\u00e9pos\u00e9es en octobre, les mots et les actes des nationalistes ont contribu\u00e9 \u00e0 renforcer les clivages au sein de la majorit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

Au sommet du gouvernement, on se montre toutefois serein. Vendredi, le Premier ministre a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2018il avait \u00ab confiance dans cette \u00e9quipe \u00bb. M\u00eame le vice-premier ministre Jan Jambon (N-VA) a pr\u00e9sent\u00e9 une position conciliante (7<\/strong>). Les vice-premiers ministres Open Vld et CD&V disaient ne pas croire \u00e0 l\u2018\u00e9clatement, tout en rappelant la responsabilit\u00e9 exclusive de la N-VA dans le d\u00e9clenchement de la crise. Alors que Michel a vigoureusement exclu de ne pas ratifier le texte, restent deux sc\u00e9narios envisageables : d\u2018une part celui d\u2018un compromis au sein de la coalition, qui pourrait \u00e9ventuellement passer selon les souhaits des nationalistes par l\u2018ajout d\u2018une \u00ab notice interpr\u00e9tative \u00bb de la position belge (4<\/strong>) ; d\u2018autre part celui d\u2018une rupture franche entre les nationalistes et le reste du gouvernement. Un gouvernement de minorit\u00e9 sans la N-VA pourrait pr\u00e9sider aux destin\u00e9es du pays jusqu\u2018\u00e0 l\u2018\u00e9lection de mai.<\/p>\n\n\n\n

Le pacte dit \u00ab de Marrakech \u00bb (2<\/strong>) n\u2018est pas juridiquement contraignant. Les deux ans de n\u00e9gociations qui ont abouti au texte final ont impliqu\u00e9 tant les pays d\u2018origine que les pays de destination des flux migratoires. Il fixe vingt-trois objectifs g\u00e9n\u00e9raux pour des \u00ab migrations s\u00fbres, ordonn\u00e9es et r\u00e9guli\u00e8res \u00bb qui visent \u00e0 apporter une r\u00e9ponse internationale coordonn\u00e9e aux probl\u00e9matiques migratoires. Son approche r\u00e9solument multilat\u00e9rale lui a valu l\u2018opposition des gouvernements souverainistes, notamment celui du chancelier Autrichien Kurz (8<\/strong>). Les \u00c9tats-Unis, l\u2018Australie, Isra\u00ebl et la Suisse, mais aussi six \u00c9tats de l\u2018Union (Autriche, Bulgarie, Croatie, Estonie, Hongrie, Pologne) ont d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9 qu\u2018ils ne le signeraient pas.<\/p>\n\n\n\n

La Belgique, quant \u00e0 elle, signera. Il lui reste deux semaines pour savoi \u00e0 quel prix.<\/p>\n\n\n\n

Perspectives :<\/strong><\/h4>\n\n\n\n