{"id":101504,"date":"2021-03-02T19:42:25","date_gmt":"2021-03-02T18:42:25","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=101504"},"modified":"2021-03-03T08:31:33","modified_gmt":"2021-03-03T07:31:33","slug":"la-transition-politique-sinueuse-aux-etats-unis-et-les-defis-de-ladministration-biden-en-amerique-latine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2021\/03\/02\/la-transition-politique-sinueuse-aux-etats-unis-et-les-defis-de-ladministration-biden-en-amerique-latine\/","title":{"rendered":"La transition politique sinueuse aux \u00c9tats-Unis et les d\u00e9fis de l\u2019administration Biden en Am\u00e9rique latine"},"content":{"rendered":"\n
Joseph Biden est entr\u00e9 en fonction en \u00e9tant le pr\u00e9sident le plus \u00e2g\u00e9 de l’histoire am\u00e9ricaine, ce qui n’est pas un d\u00e9tail si l’on consid\u00e8re qu’il devra diriger une puissance mondiale d\u00e9chue et remise en question. En outre, il sera le pr\u00e9sident d\u2019un unique mandat, selon ses propres d\u00e9clarations, ouvrant ainsi la voie \u00e0 la jeune direction d\u00e9mocrate \u00e9mergente. Rappelons que les rivaux les plus coriaces de Biden durant les primaires \u00e9taient deux personnages historiques tout comme lui, Elizabeth Warren et Bernie Sanders. Apr\u00e8s eux, venait la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de d\u00e9mocrates, dont est issue l\u2019actuelle vice-pr\u00e9sidente Kamala Harris. Ils se sont tous caract\u00e9ris\u00e9s par leur discours critique vis-\u00e0-vis de Donald Trump mais aussi vis-\u00e0-vis de la tendance mod\u00e9r\u00e9e de leur propre parti.<\/p>\n\n\n\n
Pour l\u2019instant, c\u2019est cette aile mod\u00e9r\u00e9e et historique, son \u00ab centre \u00bb autrement dit, qui a gagn\u00e9 l\u2019\u00e9lection. Avec Biden c\u2019est une \u00e9quipe exp\u00e9riment\u00e9e, ayant servi sous l\u2019administration Obama, qui arrive au pouvoir.<\/p>\n\n\n\n
Cependant, les d\u00e9bats publics actuels sont men\u00e9s par le secteur le plus radical, le plus contestataire et le plus contest\u00e9 des d\u00e9mocrates, dont font partie Ocasio Cortez ou Ilham Omar, qui jouissent d’une importante l\u00e9gitimit\u00e9 politique. Il convient de noter qu’une r\u00e9volution est en cours au sein du parti qui contr\u00f4lera l’ex\u00e9cutif et les deux chambres en 2021 et 2023. La position exprim\u00e9e par plusieurs dirigeants de ce camp sur le mouvement Black Lives Matter<\/em> en est un bon indicateur.<\/p>\n\n\n\n Dressons un parall\u00e8le. La pr\u00e9sidence de Trump a \u00e9t\u00e9 le point culminant du mouvement du Tea Party<\/em>, initi\u00e9 au lendemain de la crise de 2008. La cons\u00e9quence directe a \u00e9t\u00e9 la candidature \u00e0 la vice-pr\u00e9sidence d’une gouverneure jusque-l\u00e0 inconnue de l’Alaska, Sarah Palin, qui faisait alors partie de l’aile la plus radicale du parti r\u00e9publicain, le Tea Party<\/em>.<\/p>\n\n\n\n Un candidat traditionnel comme le s\u00e9nateur John McCain a vu en elle l’opportunit\u00e9 d’unir le parti, en incorporant une femme dans le ticket gagnant, modernisant ainsi les r\u00e9publicains. Son pari a \u00e9chou\u00e9, mais le Tea Party a pu prendre de l\u2019ascendant. Lors des \u00e9lections au Congr\u00e8s de 2010, ils ont obtenu des si\u00e8ges qui leur ont donn\u00e9 la notori\u00e9t\u00e9 et la pertinence n\u00e9cessaires pour faire peser leurs conditions au sein du parti r\u00e9publicain qui est devenu captif des d\u00e9sirs des conservateurs. Si Trump est le r\u00e9sultat d’un mouvement conservateur comme celui mentionn\u00e9 ci-dessus, peut-\u00eatre sommes-nous face au dernier candidat mod\u00e9r\u00e9 du parti d\u00e9mocrate, qui commence \u00e0 \u00eatre captif de ceux qui exigent toutes sortes de revendications. <\/p>\n\n\n\n En ce sens, nous pouvons anticiper deux questions relatives \u00e0 l’avenir de la politique am\u00e9ricaine : premi\u00e8rement, les leaders associ\u00e9s \u00e0 l’agenda traditionnel ont vieilli, en \u00e2ge et peut-\u00eatre en id\u00e9es. Ils ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s \u00e0 la lumi\u00e8re de la guerre froide, menant une transition avec des succ\u00e8s et des \u00e9checs dans un monde unipolaire bas\u00e9 sur leur exp\u00e9rience ant\u00e9rieure. H\u00e9ritiers de l’ordre lib\u00e9ral cr\u00e9\u00e9 par leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs, ils l’ont \u00e9largi et d\u00e9fendu, mais il n’est pas certain qu’ils puissent diriger cette \u00e9tape du monde post-lib\u00e9ral. Aujourd’hui, les nouveaux leaders sont en train d’\u00e9merger. On ne sait pas combien de ces jeunes leaders seront captur\u00e9s par l’aile la plus radicale du parti d\u00e9mocrate et combien pourront rester au centre. Ce qui se traduit par des questions concr\u00e8tes : la logique de l’interventionnisme lib\u00e9ral va-t-elle se poursuivre ? Ou bien vont-ils d\u00e9velopper une politique plus proche de la \u00ab retenue strat\u00e9gique \u00bb, en assumant moins d’engagements dans le monde ? <\/p>\n\n\n\n Si Biden aspire \u00e0 mettre fins aux divisions existantes, accentu\u00e9es par Trump, il devra travailler sur le bipartisme.<\/p>\n\n\n\n Le premier point nous am\u00e8ne \u00e0 la deuxi\u00e8me question. En raison d’une \u00e9lite plus divis\u00e9e, avec moins de place pour les positions qui ne polarisent pas, le pr\u00e9sident n’aura pas une grande marge de man\u0153uvre pour refermer les fissures politiques internes qu’il h\u00e9rite de l’administration sortante. Trop de frustration et d’incr\u00e9dulit\u00e9 signifie que le jeu politique int\u00e9rieur est vu en termes de somme nulle. <\/p>\n\n\n\n Le magazine The Economist<\/em>, dans une enqu\u00eate du professeur Adam Bonica, montre qu’\u00e0 partir des ann\u00e9es 1980, le terrain d’entente entre les \u00e9lecteurs s’est r\u00e9tr\u00e9ci. En 2000, il y avait d\u00e9j\u00e0 deux bulles bien \u00e9tablies, ce qui rendait difficile un consensus bipartite sur un programme commun. Cela explique pourquoi tant d’appels \u00e0 travailler pour des mesures communes de la part des deux partis n’ont abouti \u00e0 rien. Sans un tel consensus, il est difficile de mettre en \u0153uvre une strat\u00e9gie de grande envergure. <\/p>\n\n\n\n Biden devra donner la priorit\u00e9 en ressources et en temps \u00e0 la politique int\u00e9rieure, en essayant de maintenir un \u00e9quilibre avec la politique \u00e9trang\u00e8re, qui pose de nombreux d\u00e9fis dans un monde qui regarde les \u00c9tats-Unis mais qui souhaite que leur action internationale soit moindre car il consid\u00e8re l\u2019existence d\u2019une alternative.<\/p>\n\n\n\n L’id\u00e9e des \u00ab Etats-Unis d’abord \u00bb ne sera pas mentionn\u00e9e \u00e0 voix haute, mais il est clair qu’ils devront travailler pour tenir un programme int\u00e9rieur, ce qui est plus urgent que de d\u00e9fendre le soi-disant ordre lib\u00e9ral. Richard Haass, pr\u00e9sident du Council of Foreign Relations, le souligne de fa\u00e7on \u00e9loquente dans son livre \u00ab Foreign Policy Begins at home<\/em> \u00bb (2013).<\/p>\n\n\n\n Voil\u00e0 le contexte dans lequel les latino-am\u00e9ricains examinent les diff\u00e9rentes possibilit\u00e9s pour renouer une relation avec les Etats-Unis. \u00c0 la question traditionnelle de savoir si l’Am\u00e9rique latine est l’Am\u00e9rique latine pour les \u00c9tats-Unis, la r\u00e9ponse, du moins pour cette administration, est relativement claire : ce n’est pas une priorit\u00e9, mais elle repr\u00e9sente une opportunit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n Biden trouve une Am\u00e9rique latine similaire \u00e0 celle qui existait lorsqu’il \u00e9tait vice-pr\u00e9sident d’Obama, sauf que le diagnostic post-pand\u00e9mique est plus sombre, avec des pays qui ont besoin de plus d’aide \u00e9trang\u00e8re et avec des gouvernements qui vont de l\u2019opposition compl\u00e8te aux \u00c9tats-Unis comme le Venezuela, Cuba et dans une moindre mesure l’Argentine, \u00e0 des gouvernements d\u00e9sireux de travailler main dans la main avec ce pays, comme le Br\u00e9sil, le Chili, la Colombie, le P\u00e9rou et d’autres.<\/p>\n\n\n\n Officieusement, il est pr\u00e9vu que l\u2019agenda du pr\u00e9sident sera marqu\u00e9 par des questions importantes au niveau mondial mais secondaires par rapport aux besoins et aux urgences des pays de la r\u00e9gion. Ces questions pourraient \u00e9galement g\u00e9n\u00e9rer des frictions avec divers pays de la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n En ce sens, le commerce, les droits de l’homme, l’environnement et les migrations seront les priorit\u00e9s d\u00e9mocratiques des diff\u00e9rentes parties en termes de multilat\u00e9ralisme. Cependant, le fait qu’il y ait moins de ressources destin\u00e9es la r\u00e9gion rend incertaine la fa\u00e7on dont ces priorit\u00e9s vont \u00e9voluer. <\/p>\n\n\n\n Par exemple, le programme sur le changement climatique peut causer des frictions avec des pays comme le Br\u00e9sil, surtout avec une administration Bolsonaro \u00e0 qui il reste plus d’un an de mandat et qui a une position souverainiste sur certaines questions. Elle aura des difficult\u00e9s \u00e0 coop\u00e9rer avec les \u00c9tats-Unis sur l’impact environnemental de l’Amazonie.<\/p>\n\n\n\n Le Venezuela est une affaire inachev\u00e9e pour l’administration sortante, et ce sera un casse-t\u00eate pour l\u2019\u00e9quipe du D\u00e9partement d’\u00c9tat et du D\u00e9partement de la d\u00e9fense. Les d\u00e9cisions de la nouvelle administration vont provoquer des frictions avec le groupe de Lima ou le groupe de Montevideo. Quel degr\u00e9 d’engagement seront-ils pr\u00eats \u00e0 maintenir pour que Maduro quitte le pouvoir et qu’une transition d\u00e9mocratique soit r\u00e9tablie dans ce pays ?<\/p>\n\n\n\n Juan Guaido, qui occupait le poste de pr\u00e9sident en charge, n’a pas atteint son objectif de renverser le r\u00e9gime de Maduro. Au contraire, le pr\u00e9sident v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien s\u2019en est retrouv\u00e9 renforc\u00e9 et a re\u00e7u des soutiens controvers\u00e9s de la part de tous les concurrents am\u00e9ricains : la Chine, la Russie et l\u2019Iran. Dans cette situation, l’Am\u00e9rique du Sud est moins dispos\u00e9e \u00e0 engager du capital politique dans la crise v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne. Il y a aussi un mauvais pr\u00e9c\u00e9dent, l’Europe a cess\u00e9 de reconna\u00eetre Juan Guaido comme pr\u00e9sident int\u00e9rimaire.<\/p>\n\n\n\n Christian Paz, dans un article r\u00e9cent publi\u00e9 dans l’Atlantic Monthly<\/em>, a soulign\u00e9 que la relance des relations avec le monde devrait commencer par l’Am\u00e9rique latine en raison de l’exp\u00e9rience que Joe Biden a acquise en g\u00e9n\u00e9rant des engagements soutenus et un programme relativement positif pour cette r\u00e9gion. En tant que vice-pr\u00e9sident, il s’est rendu 16 fois en Am\u00e9rique latine et a \u00e9tabli des relations personnelles avec de nombreux dirigeants. Il conna\u00eet la dynamique des pays de la r\u00e9gion et il y a une chance que les Sud-Am\u00e9ricains r\u00e9agissent \u00e0 un leadership am\u00e9ricain renouvel\u00e9. <\/p>\n\n\n\n Un autre facteur positif, disent ceux qui connaissent sa personnalit\u00e9, est sa foi catholique, qui lui a permis de d\u00e9velopper un lien plus fort avec notre r\u00e9gion qu’avec d’autres sur la plan\u00e8te. Si le XXIe si\u00e8cle est un si\u00e8cle o\u00f9 les croyances pr\u00e9valent, les religions apporteront leur contribution \u00e0 l’ordre ou au d\u00e9sordre international, comme on l’a vu au cours des deux premi\u00e8res d\u00e9cennies.<\/p>\n\n\n\n Un pr\u00e9sident catholique \u00e0 la Maison Blanche peut g\u00e9n\u00e9rer des espaces de travail mutuel, gr\u00e2ce \u00e0 une composante catholique tr\u00e8s sensible au Mexique, en Am\u00e9rique centrale et dans certains pays d’Am\u00e9rique du Sud. La solidarit\u00e9 et le bon voisinage peuvent \u00eatre une bonne strat\u00e9gie pour susciter des engagements avec ses voisins moins d\u00e9velopp\u00e9s du sud. Rappelons \u00e9galement que Biden a jou\u00e9 un r\u00f4le actif dans l’accord qui a \u00e9t\u00e9 conclu sous l’administration Obama pour r\u00e9tablir les relations avec Cuba et qui avait comme m\u00e9diateur id\u00e9al le pape Fran\u00e7ois. <\/p>\n\n\n\n Le moment est mal choisi pour le d\u00e9nomm\u00e9 \u00ab soft power<\/em> \u00bb am\u00e9ricain – cette condition qui d\u00e9coule de la combinaison de la culture, des id\u00e9es, de la politique gouvernementale et de la politique \u00e9trang\u00e8re – qui offre des avantages dans l’administration d’un ordre, puisqu’elle apporte une l\u00e9gitimit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n Le classement mondial du soft power \u00e9tabli par Portland Consulting<\/em> a class\u00e9 les \u00c9tats-Unis au 5e rang en 2019, tandis que la Chine \u00e9tait class\u00e9e au 27e rang. En 2021, les Etats-Unis auront probablement perdu plusieurs places. Comme chacun le reconna\u00eet, les notations d’approbation permettent l’action politique. Selon le Pew Research Center,<\/em> dans sa derni\u00e8re enqu\u00eate sur la fa\u00e7on dont le monde per\u00e7oit les \u00c9tats-Unis, par rapport aux deux cas extr\u00eames qu’ont \u00e9t\u00e9 les administrations Bush et Trump, le couple Obama-Biden est pond\u00e9r\u00e9 avec une forte approbation.<\/p>\n\n\n\n Malgr\u00e9 Trump, les \u00c9tats-Unis conserveront certainement une influence, mais ils d\u00e9pendront plus que jamais de la quantit\u00e9 de ressources \u00e9conomiques qu’ils pourront verser dans le syst\u00e8me international, bien qu’il existe de s\u00e9rieuses contraintes d\u00e9coulant d’un budget public plus restreint et des principaux besoins de reconstruction post-pand\u00e9mique.<\/p>\n\n\n\n Washington DC s’inqui\u00e8te de l’influence que la Chine exerce dans toute l’Am\u00e9rique latine. Comme dans d’autres parties du monde, la concurrence entre les grandes puissances est en vigueur dans la r\u00e9gion, la Chine rempla\u00e7ant de plus en plus les \u00c9tats-Unis comme principal partenaire commercial des pays de l’h\u00e9misph\u00e8re et avec un discours plus avenant pour la r\u00e9gion : commerce, affaires et non-ing\u00e9rence contre le discours du commerce, des affaires, des r\u00e9formes, de la corruption et de la s\u00e9curit\u00e9 venant de Washington et de ses institutions. La question que se posent les Latino-am\u00e9ricains est de savoir quelle sera la position de Biden \u00e0 cet \u00e9gard.<\/p>\n\n\n\n Sous l’administration Trump, un programme d’exclusion a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9, \u00ab c’est soit avec nous, soit avec la Chine \u00bb. Elle a ainsi cherch\u00e9 \u00e0 conditionner les relations des pays de la r\u00e9gion en mati\u00e8re technologique. L’argument selon lequel la Chine est un danger, alors que les Latino-am\u00e9ricains la per\u00e7oivent comme une opportunit\u00e9, devra \u00eatre revu et affin\u00e9 si nous voulons travailler en tant que pairs dans ce domaine. Apr\u00e8s tout, Snowden a d\u00e9montr\u00e9 \u00e0 maintes reprises comment la NSA a viol\u00e9 la vie priv\u00e9e des dirigeants d’Am\u00e9rique latine. Les Chinois l’ont peut-\u00eatre fait aussi, mais nous avons eu la confirmation que les \u00c9tats-Unis l’ont fait, sapant ainsi leur argument sur le caract\u00e8re \u00ab pervers \u00bb du r\u00e9gime chinois.<\/p>\n\n\n\n Dans le domaine de la s\u00e9curit\u00e9 internationale, le Commandement Sud continue d’attirer l’attention des dirigeants du Congr\u00e8s sur l’incapacit\u00e9 croissante des \u00c9tats de la r\u00e9gion \u00e0 r\u00e9duire la violence dans leurs pays, sur la mont\u00e9e du crime organis\u00e9 transnational, sur la perte croissante de march\u00e9s militaires en raison des restrictions souvent impos\u00e9es aux pays d’Am\u00e9rique latine en mati\u00e8re de coop\u00e9ration dans le domaine des \u00e9quipements militaires, et sur la pr\u00e9sence croissante d’acteurs extra-r\u00e9gionaux.<\/p>\n\n\n\n Le trafic de drogue, le crime organis\u00e9, les catastrophes humanitaires, le Venezuela en tant qu'\u00a0\u00bb\u00c9tat voyou \u00bb, la pr\u00e9sence militaire croissante de la Chine dans la r\u00e9gion, comme le souligne Evan Ellis, sp\u00e9cialiste de la National Defense University, domineront l’agenda de l’administration dans ce domaine.<\/p>\n\n\n\n Enfin, l’administration Biden est confront\u00e9e \u00e0 un dilemme suppl\u00e9mentaire. Au cours de la p\u00e9riode biennale 2021-2022, l’Am\u00e9rique latine conna\u00eetra un cycle \u00e9lectoral intensif, \u00e0 la suite des ravages caus\u00e9s par la pand\u00e9mie COVID-19. Au total, huit \u00e9lections pr\u00e9sidentielles et onze \u00e9lections l\u00e9gislatives. Tous les pays ayant un poids structurel dans la r\u00e9gion seront confront\u00e9s \u00e0 une forme d’approbation \u00e9lectorale. La r\u00e9cession \u00e9conomique, les responsabilit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la gestion inefficace des quarantaines, le nombre \u00e9lev\u00e9 de d\u00e9c\u00e8s et la faiblesse actuelle des campagnes de vaccination feront l’objet de tensions et de rivalit\u00e9s. C’est pourquoi, dans une r\u00e9gion aussi vuln\u00e9rable que la n\u00f4tre, la diplomatie des vaccins est devenue si intense.<\/p>\n\n\n\n On estime que d\u2019ici 2022, 4 % suppl\u00e9mentaires de latino-am\u00e9ricains vivront dans la pauvret\u00e9 et auront une capacit\u00e9 de r\u00e9cup\u00e9ration lente. C\u2019est l\u2019opportunit\u00e9 pour les mouvements populistes soit de se consolider, s\u2019ils sont d\u00e9j\u00e0 au pouvoir, soit d\u2019\u00e9merger dans des pays o\u00f9 ils \u00e9taient auparavant absents ou minoritaires. Cela pourrait affecter la mise en \u0153uvre d’un programme de coop\u00e9ration avec les \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n Depuis Washington DC, nous assisterons \u00e0 un changement de ton dans les relations avec la r\u00e9gion et le monde en g\u00e9n\u00e9ral. Cela ne signifie pas qu’il sera plus facile pour ceux qui sont en poste de diriger l’administration am\u00e9ricaine et d’\u00e9tablir les lignes directrices qui marqueront une administration qui, par la volont\u00e9 du pr\u00e9sident lui-m\u00eame, durera quatre ans.<\/p>\n\n\n\n Le pari de Biden sera alors d’\u00eatre un moteur de transition qui laisse les \u00c9tats-Unis dans une position durable face \u00e0 un monde multipolaire et entropique qui sera source d’instabilit\u00e9s multiples pouvant conduire \u00e0 un conflit qui d\u00e9finira l’histoire de l’humanit\u00e9 au XXIe si\u00e8cle. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" Joseph Biden est entr\u00e9 en fonction en \u00e9tant le pr\u00e9sident le plus \u00e2g\u00e9 de l’histoire am\u00e9ricaine. En outre, il sera le pr\u00e9sident d\u2019un unique mandat, selon ses propres d\u00e9clarations, ouvrant ainsi la voie \u00e0 la jeune direction d\u00e9mocrate \u00e9mergente. Pour l\u2019instant, c\u2019est l’aile mod\u00e9r\u00e9e du parti qui a gagn\u00e9 l\u2019\u00e9lection. Avec Biden c\u2019est une \u00e9quipe exp\u00e9riment\u00e9e, ayant servi sous l\u2019administration Obama, qui arrive au pouvoir. Cependant, les d\u00e9bats publics actuels sont men\u00e9s par le secteur le plus radical. Quels impacts sur la politique am\u00e9ricaine, et notamment les relations avec l’Am\u00e9rique latine ? <\/p>\n","protected":false},"author":175,"featured_media":101513,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-briefings.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"footnotes":""},"categories":[1731],"tags":[2730],"geo":[525],"class_list":["post-101504","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-politique","tag-biden","staff-juan-battaleme","geo-ameriques"],"acf":[],"yoast_head":"\n