Nordiques

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Pour la première fois, la réunion entre les ministres des Affaires étrangères des huit pays membres du Conseil de l’Arctique s’est conclue sans une déclaration commune, à cause de l’opposition des États-Unis à la référence au changement climatique. Si la querelle dérive d’une approche plus intransigeante de Washington, elle est plutôt isolé, puisque les autres pays de la régions souhaitent maintenir le dialogue ouvert et calmer les tensions.

Alors que le Conseil de l’Arctique a connu des remous cette semaine, nous avons rencontré celle qui a été la première femme à présider le Parlement sami de Norvège, Aili Keskitalo. Elle livre ses analyses sur la fonction et le rôle des minorités indigènes dans l’Arctique. Au-delà des forts liens unissant les divers peuples du cercle polaire, de la Russie à l’Alaska, l’exemple sami montre comment les minorités de l’Arctique cristallisent certains blocages de l’Union européenne et de la gouvernance régionale.

L’Écosse revendique désormais ouvertement la volonté d’organiser un second référendum sur l’indépendance si le Brexit se confirme. Alors que Londres travaille à son divorce avec Bruxelles et que Theresa May a déclaré à plusieurs reprises que son gouvernement n’autoriserait pas un second référendum après celui de 2014, elle ferait face à l’hypothèse d’un divorce interne au Royaume-Uni.

Lors des élections locales britanniques qui ont eu lieu le 2 mai 2019, les deux principaux partis, Conservateur et Travailliste, ont subi une défaite dans de nombreuses circonscriptions au profit des Libéraux-Démocrates, des Verts ou encore de partis indépendants. Cela illustre la fragmentation de l’échiquier politique britannique, miné par les longues négociations sur le Brexit, mais reflète aussi une tendance présente dans d’autres pays européens comme l’Allemagne ou l’Espagne.

N’ayant pas préparé le fait que le Royaume-Uni reste plus longtemps au sein de l’Union, le gouvernement de Theresa May organise en catastrophe les élections européennes du 23 mai. Les 3,5 millions de citoyens de l’Union résidant au Royaume-Uni n’ont pas reçu à temps le formulaire qu’ils doivent retourner avant le 7 mai, attestant qu’ils ne voteront pas dans leur pays d’origine. Des députés travaillistes demandent un report de la date limite sous peine d’actions légales.

Invité par le Parlement européen le 3 avril pour discuter de ses perspectives sur l’Union, le premier ministre suédois Stefan Löfven a prononcé un discours résolument europhile, où il a notamment plaidé pour une participation accrue de la Suède à certains projets européens, comme celui de la justice. Signaux faibles du consensus croissant autour de la création d’un parquet européen.

Le 16 avril 2019, la justice russe a jugé Frode Berg, un retraité norvégien arrêté en décembre 2017, accusé d’avoir transmis des informations secrètes sur l’armée russe au gouvernement norvégien. L’affaire contribue à aggraver les relations entre les deux pays, dans un contexte de soupçons croissants. Signaux faibles d’équilibres en mutation dans la région Baltique.

Suite au meurtre de la jeune journaliste nord-irlandaise Lyra McKee à Londonderry en Irlande du Nord lors d’affrontements entre un groupe républicain dissident et les forces armées, le débat sur les conséquences du Brexit sur la frontière entre les deux Irlande est plus fort que jamais. Fiche pour comprendre les enjeux au coeur de ce regain de violence.

Le Forum International Arctique, qui a eu lieu le 9-10 avril à Saint Pétersbourg, a montré la claire intention de la Russie d’intensifier le développement économique en direction de la région, d’importance stratégique pour Moscou, et l’intérêt des pays riverains dans la coopération circumpolaire. Signaux faibles de l’internationalisation croissante des enjeux arctiques.