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Le 4 mars, Dominique Ristori, directeur général Énergie à la Commission européenne, a exprimé le souhait de voir la nouvelle «  directive gaz  » adoptée avant l’achèvement du Nord Stream 2 et s’appliquer à celui-ci. Il a également réaffirmé la volonté de la Commission d’obtenir un mandat des 28 pour négocier directement avec Moscou sur ce projet de gazoduc.

Bruxelles est en émoi après la découverte, grâce à un scoop de Radio Free Europe, d’une « infiltrée » russe au sein des institutions européennes. Il s’agit d’Elizaveta Peskova, fille du célèbre porte-parole du Kremlin Dmitrij, très loyal de Poutine. La jeune fille a été embauchée par l’eurodéputé français Aymeric Chauprade, ouvertement pro-russes et jusqu’à récemment proche de Marine Le Pen. L’affaire Peskova rouvre le débat sur la sécurité des institutions européennes mais surtout sur les intrusions de Moscou dans la politique de l’Union.

Lors de la conférence annuelle sur la sécurité à Munich, les Européens ont adressé une fin de non-recevoir aux Américains, qui les pressaient de se retirer comme eux de l’accord nucléaire iranien. Les divergences entre Européens et Américains sur la question iranienne indiquent une relation transatlantique aujourd’hui toujours plus distendue et déstabilisée. Côté iranien, la démission inattendue puis refusée de Javad Zarif, ministre des Affaires étrangères, jette le trouble sur le positionnement futur de l’Iran vis-à-vis de l’accord.

Au coeur de l’Europe de la Défense se trouve la question de la dissuasion nucléaire, dont la réponse est aujourd’hui confiée à l’OTAN. La prééminence des États-Unis sur cette question limite partiellement l’autonomie stratégique européenne, notamment en matière d’industrie. Le contexte géopolitique incertain ouvre un débat sur le rôle de la France, qui pourrait peut-être constituer une alternative au parapluie nucléaire américain.

La Programmation pluriannuelle de l’énergie, dont la publication officielle était attendue – et repoussée – depuis plusieurs mois, a été révélée par le gouvernement le 25 janvier. Au programme  : entretien et mutations du parc nucléaire existant, et analyse de la pertinence de l’approche française du soutien aux énergies renouvelables sur les dix prochaines années.