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Les élections législatives françaises de juin 2022 ont achevé de normaliser le Rassemblement national au plan électoral. Une étude statistique exclusive montre que les reports de voix dont a bénéficié le parti d’extrême droite sont importants, au point d’expliquer potentiellement près des deux tiers de ses gains en sièges. Elle montre aussi que si le cordon sanitaire s’est affaibli à gauche et au centre, il tend à disparaître complètement à droite.

Dimanche soir, à l’issue du second tour des élections législatives, l’Assemblée nationale française sera transformée, obligeant peut-être à la formation d’un coalition. À quelques jours de cette échéance électorale, avec la rédaction de la BLUE, nous vous proposons en accès libre un simulateur de coalitions.

Alors que les partis nationalistes détiennent depuis 2015 la majorité à l’Assemblée de Corse, c’est Marine Le Pen qui y a remporté le second tour des élections présidentielles d’avril 2022. Paradoxe ou continuité du nationalisme  ? Une analyse inédite des données électorales montre que trois électorats cohabitent en réalité sur l’île. Celui de Marine Le Pen est principalement recruté chez les abstentionnistes des élections régionales.

À partir des résultats du premier et du second tour combinés, ainsi que de l’abstention et du nombre de votes blancs et nuls, une analyse de données automatisée permet de dégager six groupes de communes aux caractéristiques bien différentes  : six archipels français qui ont structuré le vote à la présidentielle. Ils révèlent des clivages infrarégionaux importants  : à l’exception du nord-ouest, des outre-mer, de la Corse et, dans une certaine mesure, de l’Île-de-France, le passage à l’échelle locale est indispensable pour comprendre les dynamiques de cette élection.