Tricoter l’Arctique russe

Traduit du russe par Danylo Khilko et Théo Lefloch

La Russie est de retour en ArctiqueAprès une période de relative désertion, conséquente à l’affaiblissement de l’Etat et au désintérêt grandissant du pays pour une région dépouillée de son intérêt stratégique (faire face à l’adversaire américain), Moscou entend bien regagner le grand Nord avec des projets ambitieux et lucratifs. Il s’agit, schématiquement, de (re-)tricoter l’arctique autour d’une trame, la voie maritime du Nord, et de huit chaînes, des « noeuds » de développement littoraux. Il s’agit là d’une conception holiste et intégrée du développement de l’Arctique russe, dont nous percevons, dans les lignes de l’hebdomadaire conservateur « Expert.ru », qu’elle répond d’autre chose que d’une pure volonté économique.

Telle qu’elle est présentée dans ces colonnes, la réactualisation de la façade arctique possède une dimension civilisationnelle : celle d’une « destinée manifeste » de la Russie, consubstantielle à « l’accaparement » des richesses minérales, fossiles et stratégiques de l’Arctique. « Арктика должна быть нашей! » (l’Arctique devrait être nôtre!), proclamait Aleksandr Douguine, maniant cà et là les approximations historiques et les raccourcis anthropologiques pour prêter une identité russe à l’Arctique. La revendication est ici plus subtile, mais elle demeure perceptible. Cité dans ces colonnes, l’exemple d’un projet de loi visant à exclure du passage maritime une partie des bâtiments naviguant sous un pavillon autre que russe, témoigne ainsi d’une volonté, plus ou moins marquée, légitime ou non, justifiable ou pas, de « nationalisation de l’arctique ».


La Russie n’a pas d’autre destin que celui de s’approprier l’Arctique. Elle doit créer, dans ce dessein, huit nœuds pour le développement de sa façade arctique, et les relier entre eux par l’axe maritime nordique. Ces projets sont ambitieux, mais ils sont bien réels.

L’Arctique, que l’on appelle encore en Russie le “российское Заполярье” 1, occupe une place centrale dans son économie. Seuls 2% des Russes y vivent, mais la région assure au pays plus de 11% de son PIB et un quart de ses exportations.

On y extrait déjà 95% du nickel et du cobalt russe, plus de 80% de son gaz, 25% de son pétrole, 60% de son cuivre et la totalité de la barytine et du concentré d’apatite. C’est dans cette région que gisent les principaux bassins de ressources fossiles et minérales : gaz, pétrole, charbon, les métaux non ferreux et surtout l’eau potable, qui constitue l’un des trésors les plus importants de notre civilisation technologique.

L’économie des projets polaires est pleine de contradictions. Construire un kilomètre de voies de chemin de fer y est à peu près cinq fois plus cher qu’au sud. D’un autre côté, l’exploitation du gaz naturel liquéfié s’y avère d’un tiers moins coûteuse qu’au Qatar. Cela induit certaines spécificités sur le rythme de développement des projets industriels arctiques, ainsi que sur leurs caractéristiques. Mais la Russie ne dispose globalement d’aucun autre destin que celui d’un développement industriel massif de sa façade arctique, afin d’accéder aux immenses richesse minérales et fossiles qu’elle recèle. Si la Russie venait à échouer dans ces développements, la Chine n’hésitera pas, quant à elle, à s’accaparer l’Arctique.

La Russie arc-boutera le développement de sa façade arctique sur huit nœuds (zones d’appui), reliés entre eux par la route maritime du Nord.

 

RUÉE VERS LES HYDROCARBURES

Selon les plans conjoints au gouvernement russe et à l’une des plus grandes entreprises nationales dans ce secteur, près de 150 projets, d’un montant de cinq trillions de roubles, soit 72 milliards d’euros, devraient voir le jour en Arctique ces cinq prochaines années. Quatre trillions de roubles proviennent de fonds extra-budgétaires.

La moitié de cet argent sera alloué à l’extraction et à la transformation des ressources arctiques. Les entreprises russes à l’instar de “Lukoil”, qui exploitait au siècle dernier les gisements pétrolifères de Timano-Petchersk, de “Nornickel”, installée au Nord du Kraï de Krasnoïarsk et de “Gazprom”, qui envisage depuis longtemps de grands projets pour la péninsule de Yamal (le géant gazier a notamment inauguré le site de Bovanenkovo en 2012), sont des précurseurs en la matière. Ce dernier consortium gazier fut aussi le premier à extraire les hydrocarbures des plateaux des mers du Nord, en construisant pour l’occasion la première et unique plateforme arctique russe, baptisée “Prirazlomnaya”, afin d’atteindre les ressources pétrolières et gazières du plateau de Petchora. Sur son volet pétrolier, “Gazprom neft” a lancé avec succès l’exploitation du gisement de “Novoportosvkoïe” et d’un ensemble de nappes pétrolières à “Messoïakhskie”, au-dessus du cercle polaire arctique. L’entreprise “Rosneft”, quant à elle, a commencé à exploiter les autres gisements de Vancor, après y avoir atteint un rendement de 22 millions de tonnes par an. En dépit des sanctions occidentales, l’entreprise poursuit aussi les travaux préliminaires à l’exploitation des ressources en mer de Kara et de Barents.

Mais la vrai “star” de l’industrie énergétique arctique est, de toute évidence, l’entreprise “Novatek” (НоваТЭК), dont le dirigeant, Léonid Mikhelson, inaugure ces jours-ci la première phase de construction de la plus grande usine de liquéfaction du gaz (GNL), bâtie à cheval sur le gisement de ”Yuzhno-Tambeïskoïe”, situé dans la péninsule de Yamal. “Ce projet est le symbole d’une coopération internationale qui déroge aux sanctions internationales. Il est financé par des instituts russe, chinois, italien et français. L’usine est elle-même bâtie avec l’aide des meilleures technologies étrangères de pointe . “Yamal LNG” deviendra le lieu d’une régénération massive des budgets régionaux et fédéraux. Mais ce n’est la chose plus importante. Grâce à ce projet, près de soixante mille emplois ont été créés. Plus de 600 entreprises russes ont déjà reçu de multiples commandes, d’un coût total avoisinant les 580 millions de roubles”, estime ainsi le gouverneur de la région de Yamalo-Nénétsie, Dmitriy Kobylkin.

La firme “Novatek” se prépare désormais à construire une deuxième usine de gaz naturel liquéfié à Yamal, sur les gisements de péninsule de Gydan. Comme pour “Yamal LNG”, la Chine deviendra le partenaire principal de cette nouvelle usine, “Arctique LNG”, via les deux institutions que sont la “Banque de développement de Chine” et la “China National Petroleum Corporation”. Entre cinquante et soixante mille nouveaux emplois seront créés grâce à ce projet, y compris dans l’oblast de Mourmansk, où les ingénieurs ont déjà débuté la construction des plateformes censées accueillir les infrastructures de l’usine “Arctique GNL”. De l’avis de Léonid Mikhelson, plus de 80 millions de tonnes de GNL peuvent être produits annuellement en Yamalo-Nénétsie, ce qui conférerait à la région une place de hub mondial, regroupant 15% du marché international de GNL.

De nouveaux projets d’extraction se développent aussi dans l’oblast d’Arkhangelsk (diamants, zinc, plomb et cuivre) et dans la péninsule de Taïmyr. A Taïmyr, l’on extrait depuis les années 1940 du nickel, du cobalt, du cuivre et de la platine. Selon les experts, seuls 10% des gisements de la péninsule sont néanmoins véritablement exploités. “Nornickel” a par conséquent l’intention d’augmenter d’un tiers le volume d’extraction et de transformation annuel à l’horizon 2025. L’entreprise “Vostok-Ugol” a cette année, à son tour, exporté en Chine via la route du Nord, les premières cargaisons du charbon de Taïmyr. Dmitry Bosov, son dirigeant, envisage d’extraire trente millions de tonnes de charbon annuellement. Cela suppose cependant le développement des deux ports arctiques par lesquels ces ressources charbonneuses seront exportées.

S’APPUYER SUR DES NŒUDS DE DÉVELOPPEMENT

Ces projets ambitieux soulèvent avec eux la question du développement des territoires septentrionaux. Pour rendre substantielle l’exploitation des richesses arctiques, nous devons nous approprier les méthodes soviétiques, qui consistaient à créer non seulement des industries, mais aussi des villes, à l’instar de Vorkouta, Salekhard ou Norilsk. Il faut, en d’autres termes, développer la façade arctique selon un principal territorial, non pas sectoriel.

Afin d’y subvenir, le gouvernement envisage de créer, dans chacune des sous-régions arctiques, des zones de développement, c’est-à-dire des territoires intégrés à un projet global et cohérent, dont toutes les composantes sectorielles seront interconnectées – qu’il s’agisse de la planification, de la délimitation, du financement et de la mise en œuvre des projets. Ces huit nœuds portent chacun un nom : la zone de Kola, d’Arkhangelsk, de Nénétsie, de Vorkouta, de Yamalo-Nénétsie, de Taïmyr-Touroukhan (ou de Norilsk), de Yakoutie du Nord, de Tchoukotka.

L’idée du Ministère du développement économique, telle qu’exposée dans son “Projet de loi arctique”, repose sur l’engagement irrévocable des investisseurs dans les nouvelles zones de développement. Le gouvernement s’engage à garantir des privilèges aux investisseurs, lesquels promettent à leur tour d’investir les sommes promises dans les projets, qu’ils doivent impérativement mener à terme. L’une des clauses obligatoires imposée par l’Etat est la signature d’un accord d’investissement entre la firme et la région récipiendaire.

La nature des privilèges accordés aux entreprises n’est pas précisée dans le projet de loi. Il est en revanche indiqué que les “investisseurs principaux”, c’est-à-dire ceux qui sont engagés dans des projets dont le prix dépasse les cent milliards de roubles, en bénéficieront. Afin de financer le développement de ces zones de développement, la création d’un fonds de soutien aux projets arctique est aussi envisagée – composé de fonds fédéraux, régionaux et privés. Les fonds privés devront couvrir au moins 20% du coût des infrastructures. L’argent du fonds serait alloué aux infrastructures, au soutien des projets d’investissement et au développement des nouvelles technologies adaptées aux conditions climatiques extrêmes de l’Arctique.

Cette loi encadre par ailleurs les relations entre les investisseurs privés et les autorités, qui sont déjà soutenues dans certaines régions arctiques, comme en Yamalo-Nénétsie. Le nouveau port arctique de Sabetta, dont le coût final est estimé à cent milliards de roubles (soit 1,4 milliard d’euros) et d’où est parti le méthanier “Christophe de Margerie”, est par exemple le fruit d’une collaboration entre le gouvernement russe et la firme “Novatek”.

Une voie de chemin de fer est par ailleurs en cours de construction entre Sabetta et Bovanenkovo, qui connectera ce port au réseau ferroviaire russe. L’entreprise “Transstroy” investira 113 milliards de roubles (soit 1,63 milliard d’euro) dans ce projet. Un axe ferroviaire baptisé “chemin de fer septentrional” (“Северный широтный ход”), d’un coût de 300 milliards de roubles, reliera d’autre part les réseaux ferroviaires du Nord et de Sverdlovsk, assurant de fortes capacités de transit vers Sabetta depuis l’Oural, la Sibérie et la Volga. La zone de Yamalo-Nénetsie s’adossera pour l’essentiel sur ces deux projets ferroviaires.

“Aujourd’hui Yamal représente plus d’un trillion de roubles d’investissements, plus de la moitié du Produit régional brut (PRB), 72% d’investissements en Arctique, 653 milliards de roubles d’impôts au bénéfice du budget fédéral. L’avenir de notre région est lié au développement du plateau continental et au transfert de nos centres industriels vers le grand Nord, sur cette péninsule de Yamal, encore dépouillée d’infrastructures. Or pour générer des profits pour la région, nous devons investir dans ces infrastructures. La ruée vers le Nord est une nécessité, il faut par conséquent la faciliter”, remarque le vice-gouverneur de Yamalo-Nénétsie, Dmitriy Artukhov.

La liste des projets la zone de développement de la République des Komis inclut notamment le développement du champ houiller N°1 et du champ minier N°3 d’Oussinsk. Le gouvernement de l’Oblast d’Arkhangelsk propose quant à lui une dizaine de projets, dont la construction d’une partie du port en eau profonde d’Arkhangelsk, l’exploitation par “Rosatom” des gisements de plomb et zinc de Pavlov ou la construction d’une voie ferroviaire “Mer blanche – Komi – Ural” avec participation de capitaux chinois. La république de Sakha envisage quant à elle l’établissement d’une liaison ferroviaire “Berkakit – Tommot – Nijni Bestyakh”, la réactualisation du port Tiksi, d’une capacité de 300 milles tonnes de fret par an, et la modernisation des chantiers navals de Jataï, qui feront partie du nœud “Yakoutie du Nord”. Le nœud de Kol serait quant à lui spécialisé dans les services à la navigation sur la route maritime du Nord, l’exploitation de gisements pétroliers et gaziers, l’extraction et l’étude des ressources biologiques aquatiques et des matières premières minérales de valeur stratégique.

Chacun de ces projets pilotes seront démarrés dans chacun des huit nœuds stratégiques arctiques durant l’année 2018. Le Gouvernement russe espère qu’ils fonctionneront à plein régime à l’horizon 2020.

Estimation du trafic maritime sur la route maritime du Nord en millions de tonnes. Données du Ministère des transports de la Fédération de Russie.

 

SUR LA GRANDE ROUTE DU NORD

L’un des grands prérequis à l’émergence de véritables nœuds de développement en Arctique repose sur la route maritime du Nord. L’Etat investit dans la construction et le développement des nouveaux ports comme Sabetta, le soutien à la navigation maritime et dans la flotte de brise-glaces – trois nouveaux navires de ce genre, d’un coût estimé à 100 milliards de roubles (soit 1,44 milliard d’euros), sont actuellement en construction à Saint-Pétersbourg.

Le Ministère de défense de Russie jouera lui aussi un rôle particulier. Le réseau des bases militaires dont il dispose en Arctique constituera une épine dorsale pour la sécurisation du transit et de la navigation le long des côtes arctiques. Des entreprises du complexe militaro-industriel pourraient en outre être dotées de fonctions d’opérateur (l’armée transporte chaque année jusqu’à un million de tonnes de cargaisons différentes le long de la route maritime du Nord).

En revanche, les géants industriels comme “Nornickel”, “NovaTEK”, “Gazprom Neft” et, à terme, “VostokUgol” construiront eux-mêmes leurs nouveaux navires. “Nornickel” a par exemple rassemblé ces dix dernières années une flotte moderne de porte-conteneurs de classe “ARC7”, qui entretiennent des connexions régulières entre les ports de Mourmansk, d’Arkhangelsk, de Doudinka et réalisent des liaisons directes vers les ports européens comme Rotterdam et Hambourg, ainsi qu’en Asie avec Busan et Shanghai. “NovaTEK” a aussi commandé une flotte de quinze grands supertankers de classe “ARC7”, dont le premier est actuellement en cours de chargement dans le port de Sabetta.

La construction et la modernisation des nouveaux ports de la façade arctique est un autre problème. Durant la période soviétique, seuls trois des quinze ports maritimes nordiques ont atteint leur pleine capacité. Il s’agit de Mourmansk à l’Ouest, de Petropavlovsk-Kamtchatsky à l’Est et de Doudinka sur la rive droite de l’Ienisseï. Il faut désormais créer un véritable système portuaire sur la route maritime du Nord.

Les deux extrémités Est-Ouest de la route maritime demeurent les mêmes. Nous envisageons ainsi, ces huit prochaines années, le développement complet des nœuds de circulation entre Mourmansk, dans la péninsule de Kola (extrême ouest), et Petropavlosk-Kamtchatsky, dans le Kamtchatka (extrême est).

Il s’agit cependant de renforcer, entre ces deux points, les connexions intermédiaires (hubs d’éclatement du trafic) de la route maritime. En 2012 le port de Doudinka (celui-là même où “Nornickel” a investi plus que cinq milliards de roubles (soit 72 millions d’euros), a obtenu un statut international. Plus au nord, sur l’Ienisseï, à côté de la ville de Dikson, “VostokUgol” a débuté la construction du port Tchaïk,  dont la capacité avoisinera les quinze millions de tonnes par an. Sur la point nord-est de Yamal se trouve enfin le nouveau port Sabetta qui assure, depuis trois ans déjà, la moitié de la rotation du trafic maritime sur la route du Nord. Le Ministère de transport estime que lorsque Sabetta sera relié, dans quelques années, au réseau ferroviaire russe par les voies ferroviaires de Bovanenkovo-Sabetta et par la voie ferroviaire du Nord (Северный широтный ход), près de 70 millions de tonnes de marchandises pourront être transbordées dans le port. Les perspectives sont par conséquent encourageantes pour les ports d’Arkhangelsk, de Tiksi et d’Anadyr.

La Russie devrait enfin, cette année, adopter une loi selon laquelle le transport de minerais et de matières premières (qui constituent d’ailleurs une part majoritaire du fret total sur la voie maritime), ne seront possible que sous pavillon russe. Cela permettra, de l’avis des autorités moscovites, d’augmenter le volume de transit régional, de renforcer les intérêts des compagnies maritimes nationales et de créer des opportunités de développement et de rénovation de la flotte russe.

“L’internationalisation de la voie maritime ne peut-être positive qu’en termes de transit. En ce qui concerne l’exportation de minerais extraits dans la zone arctique et exportés via la route maritime du Nord, il nous semble cependant opportun de limiter leur transport aux seuls navires enregistrés sous pavillon national”, a soutenu l’un des auteurs de ce projet de loi, le vice-ministre des transports Viktor Olersky.

Cette idée se justifie par le fait que le gouvernement russe considère la route du Nord comme une voie de transport avant tout nationale, qui pourrait assurer un transit rapide et économique des biens vers les marchés européens et asiatiques. Elle est par ailleurs susceptible de contribuer au développement de sa façade maritime. De façon plus subsidiaire, l’Etat russe considère cette voie comme un couloir de transit international. Contrairement à l’Egypte, qui taxe le passage des navires sur le canal de Suez, la Russie ne pourrait tirer un bénéfice que de l’unique soutien logistique à la navigation, notamment avec ses brise-glaces. Or cet avantage paraît limité lorsque l’on songe aux problèmes potentiels que soulève la navigation incontrôlée de navires étrangers, surtout en matière écologique.

La réalisation des projets industriels envisagés pour l’Arctique russe et le développement de la coopération entre Etat et entreprises dans les huit nœuds de développement polaire augmenteront substantiellement les échanges commerciaux sur la route maritime du Nord. Lorsque les infrastructures adéquates auront été créées dans le nord de la Russie, cette voie sera aussi convoitée par les puissances étrangères. “Si la voie est aménagée de façon appropriée, elle sera très demandée”, est ainsi convaincu Huigen Yang, directeur du Centre d’étude polaire chinois. D’ici les dix prochaines années, la Chine entend en effet écouler 15% du total de ses colossaux échanges commerciaux avec l’Europe en les détournant du Canal de Suez vers le passage maritime russe

  1. « Заполярье » est la contraction de « за полярным кругом », qui signifie littéralement « au-delà du cercle polaire ». En Russie, « Arctique » n’évoque pas un océan, mais tout ce qui est compris dans le cercle polaire arctique, y compris les terres.

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