Sécurité américaine first

Par Jessy Périé et Lola Bondu


Trump en Asie de l’Est : Un an après, la sécurité américaine first

À l’horizon 2025, près de six personnes sur dix pourraient être asiatiques. L’Asie, et particulièrement l’Asie de l’Est, devient le centre du monde d’un point de vue économique mais aussi d’un point de vue plus global. Il est impensable aujourd’hui de se représenter l’ordre mondial au présent et au futur sans elle. En 2015, la région était toujours la première destination des investissements étrangers, ayant attiré 527 milliards de dollars, soit 9 % de plus qu’en 2011. La politique américaine de pivot vers l’Asie entamée en 2012 par Barack Obama était donc une stratégie prévisible. Mais le 23 janvier 2017, le nouveau président américain signe le retrait du pays du Traité Transpacifique1 (TPP), un accord au cœur de cette politique du pivot asiatique. Ce fut le premier acte fort de Donald Trump en tant que chef d’État. Les intentions protectionnistes de la première puissance mondiale semblaient donc claires de prime abord puisque Donald Trump s’était d’emblée attaqué à ce qui était le centre de la politique étrangère du précédent gouvernement.

Ce revirement a constitué une excellente nouvelle pour la Chine, directement concernée par la volonté d’imposer un modèle américain dans la région. Le Japon ou le Vietnam par exemple voyaient dans le TPP une opportunité non seulement d’accéder à un gigantesque marché, mais aussi de créer un certain équilibre et de freiner les ambitions chinoises. Il faut cependant nuancer les réelles avancées du pivot asiatique à la fin du mandat Obama. Fin octobre 2016, le président philippin Rodrigo Duterte annonçait, à l’issue d’une visite de quatre jours en Chine, la fin de son alliance avec les États-Unis. Cet allié historique des États-Unis a donc fait volte-face, en partie soucieux des rigoureuses normes imposées par le TPP, notamment en matière de droit du travail et d’écologie. La Malaisie a fait de même en novembre, ce qui laisse à l’aube du mandat Trump un bilan mitigé de la réelle influence américaine en Asie de l’Est.

Au nord, des sujets sécuritaires avant tout

Les tensions avec la Corée du Nord a forcé Donald Trump à adopter une position en Asie dès le début de son mandat. Le 12 février 2017, Pyongyang annonçait avoir tiré avec succès un missile de portée intermédiaire, qui s’est écrasé en mer du Japon après avoir parcouru 500 km. Le président américain, alors en compagnie de Shinzô Abe, avait assuré son soutien « à 100 % » et avoir l’intention de s’occuper « très fortement » du problème nord-coréen2. Une réponse floue qui délivrait au final peu d’informations. Kim Jong-un annoncera le tir de plusieurs autres missiles par la suite, le dernier datant du 28 novembre 2017 et attestant d’une vraie prouesse puisqu’il pouvait couvrir tout le territoire américain. Ce même mois, Donald Trump avait d’ailleurs effectué une tournée asiatique, parcourant le Japon, la Corée du Sud, la Chine, les Philippines et le Vietnam. Le dossier nord-coréen fut largement abordé. Le gouvernement japonais s’était particulièrement retrouvé dans le discours agressif américain, Shinzô Abe souhaitant d’une part maintenir de bons rapports avec son allié afin de conserver sa position de puissance régionale en Asie de l’Est, et d’autre part profiter de ces tensions pour regagner le soutien d’une opinion publique divisée sur sa ligne sécuritaire plus dure3.

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Donald Trump et Shinzô Abe ont partagé leur vision d’une ligne dure envers la Corée du Nord. Crédits : Wikimedia Commons

En Corée du Sud, Donald Trump s’est posé en protecteur. La proximité est bien moins évidente avec le leader sud-coréen Moon Jae-in, qui est plus enclin à une solution pacifique de dialogue avec la Corée du Nord – comme en témoigne l’invitation au dialogue bilatéral sur les Jeux olympiques qui s’est déroulé le 9 janvier 2018 – mais a indéniablement besoin de la protection américaine. Début décembre, les deux pays ont d’ailleurs procédé à leur plus grand exercice militaire conjoint à ce jour, le « Vigilant Ace ». Quelques jours après le tir de missile par Pyongyang, Washington a ainsi répondu de manière concrète et tranchée dans un but évident de démonstration de force. Dans cet important dossier nord-coréen 2017, un véritable « ping-pong » s’est déroulé au rythme des provocations et des manifestations de puissance, face à une communauté internationale de plus en plus inquiète.

Jusqu’à présent, la diplomatie de Donald Trump en Asie du Nord-Est s’est donc essentiellement concentrée sur des enjeux sécuritaires, à travers des rapports de force et des alliances militaires. Cependant, de nombreux éléments paradoxaux ont ponctué cette diplomatie, dessinant au final une politique assez floue.

À travers des enjeux clairs, une politique tout en incohérence

Concernant la Corée du Nord toujours, les échanges avec les États-Unis se sont résumés à souffler le chaud et le froid tout au long de l’année. Cette ambivalence peut s’expliquer par le fait qu’une réelle guerre serait catastrophique pour les deux parties. Si la Corée du Nord se décidait à mener une attaque, le pays serait totalement balayé mais aurait le temps de provoquer des dégâts catastrophiques, au moins chez ses voisins. Voisins entre autres représentés par la Chine et le Japon, respectivement seconde et troisième économies mondiales. Les conséquences économiques, humaines, politiques dans une région aussi essentielle seraient considérables à l’échelle internationale. Kim Jong-un a conscience de ces enjeux, depuis longtemps, et cet attachement à devenir une puissance nucléaire a pour unique but d’assurer la survie de son régime. Donald Trump s’est de son côté familiarisé très récemment avec la géopolitique asiatique, découvrant ainsi en 2017 une situation plus complexe qu’il ne lui paraissait. Il a d’ailleurs déclaré en novembre devant l’Assemblée nationale sud-coréenne, que Kim Jong-un était « attendu autour de la table » pour amorcer un dialogue. Une intelligence diplomatique inattendue de la part de celui qui avait prédit en août « le feu et la colère », rien de moins, à son homologue4. Son secrétaire d’État, Rex Tillerson, a régulièrement temporisé les propos du leader en affirmant une ouverture au dialogue dans la mesure où Pyongyang cesserait ses tirs.

En parallèle, le comportement américain le plus déroutant est probablement celui adopté envers la Chine durant cette année 2017. Un pays largement fustigé par Donald Trump durant sa campagne présidentielle, mais sa diplomatie envers Pékin s’est finalement révélée bien plus floue qu’annoncée. Via Twitter, son réseau de communication de prédilection, le président a sévèrement condamné la Chine, à plusieurs reprises, pour son manque d’action sur le dossier nord-coréen. Xi Jinping n’avait en effet pas suivi les directives américaines demandant à toute nation de rompre les liens diplomatiques avec Pyongyang et de renforcer les sanctions économiques à son encontre. Cela concernait notamment les livraisons de pétrole pour Pékin. Mais ces exigences révèlent une nouvelle fois la méconnaissance de Donald Trump en matière de diplomatie et de géopolitique. La Chine possède de nombreux intérêts dans le fait de maintenir le régime nord-coréen en place – un espace tampon avec la Corée du Sud alliée aux américains, éviter un afflux massif de réfugiés – et compte démontrer son potentiel de puissance globale. Le discours de Xi Jinping au Forum économique mondial de Davos dessinait dès janvier 2017 les intentions chinoises de s’ériger en leader du libre-échange en réaction aux tendances protectionnistes annoncées par son homologue américain. Le retrait des États-Unis des Accords de Paris en juin lui ont ouvert une voie sur la thématique écologique – incontournable dans les discussions internationales aujourd’hui – face au climatoscepticisme de Donald Trump, et le dossier nord-coréen lui a permis de se distinguer en se positionnant hors champ d’influence américaine sur le plan diplomatique5. Convaincre le leader chinois de suivre les préconisations des États-Unis était donc sans espoir. Mais Donald Trump a néanmoins encensé Xi Jinping en amont de sa visite à Pékin en novembre et suite à celle-ci a annoncé des accords mirobolants conclus entre les deux puissances. Cependant, les transactions citées étaient largement exagérées, la Chine n’ayant au final réellement pris que peu d’engagements. Cette surenchère qui avait pour but de convaincre Pékin de durcir sa politique envers la Corée du Nord était donc, encore une fois, entièrement vaine. Une ligne incohérente, changeante et complétée en décembre 2017 par la publication annuelle de la National Security Strategy6 où la Chine est clairement citée, avec la Russie, comme faisant partie des pays « souhaitant façonner un monde antithétique aux valeurs et intérêts américains ».

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Donald Trump aux côtés de Xi Jinping et de leurs épouses, lors de sa visite à Pékin en novembre 2017. Crédits : Wikimedia Commons.

Enfin, la question de Taïwan a aussi perturbé les rapports sino-américains en 2017. En janvier, le président nouvellement élu avait annoncé vouloir remettre le principe de la « Chine unique » sur la table. Les États-Unis avaient rompu tout lien diplomatique avec l’île de Taïwan depuis 1979, et cette question ne souffre d’aucune remise en question pour Pékin. Un démarrage excessivement délicat donc pour la politique américaine en Asie. Mais dès février, Donald Trump faisait volte-face et indiquait respecter le principe de la « Chine unique » à Xi Jinping lors d’une conversation téléphonique. Néanmoins, la Taiwan Relations Act7 est toujours en vigueur, et les États-Unis ont notamment vendu 1,4 milliards de dollars d’armes à Taipei en juin. Un jeu là encore maladroit et déroutant.

L’année diplomatique en Asie du Nord-Est s’est donc centrée sur les questions sécuritaires, mais s’est révélée globalement pleine de paradoxes. La décision récente des deux Corées de se rencontrer le 9 janvier 2018 pour discuter d’une participation de Pyongyang aux Jeux olympiques de Pyeongchang, en Corée du Sud du 9 au 25 février 2018, indique que Moon Jae-in a pleinement conscience de cette diplomatie américaine incertaine, et souhaite – à son échelle – agir en faveur d’un dialogue. Côté américain, l’ambassadrice aux Nations unies Nikki Haley a décrit un « simple rafistolage » et le sénateur républicain Lindsey Graham a évoqué un boycott américain des JO, considérant qu’une participation nord-coréenne reviendrait à légitimer « le régime le plus illégitime du monde ». Donald Trump a, en premier lieu, uniquement réagi au discours du Nouvel An de Kim Jong-un, qui annonçait posséder un bouton nucléaire à portée de main sur son bureau. Le président américain a précisé que le sien était plus gros, plus puissant et plus fonctionnel… pour annoncer quelques jours plus tard être favorable à l’idée de la venue de sportifs nord-coréens aux JO de Pyeongchang, et avoir l’intention de s’entretenir au téléphone avec Kim Jong-un sur le sujet. Mieux encore, le président américain a indiqué sans détour avoir eu un rôle déterminant dans ce dialogue, considérant qu’il n’aurait pas eu lieu sans son intervention. 2018 semble donc prolonger la ligne plus que floue de 2017, et risque de décrédibiliser encore plus Donald Trump. Si les erreurs diplomatiques de ce dernier sont actuellement sauvées par la puissance américaine encore largement en tête, il ne faut cependant pas négliger ses actions dans une région aujourd’hui centrale et ce, face à l’avènement chinois.

Les tensions en mer de Chine méridionale éclipsées

L’Asie de l’Est s’est retrouvée sous les projecteurs en novembre, lors du voyage asiatique de douze jours de Donald Trump. Le président américain a mis en avant trois objectifs : « renforcer la détermination internationale pour la dénucléarisation de la Corée du Nord, promouvoir une région indo-pacifique libre et ouverte et faire progresser la prospérité américaine à travers des échanges justes et réciproques », indique la Maison blanche.8 On peut observer parmi ces points de discussion qu’un théâtre de tensions majeures semble avoir été oublié. Il n’a pas vraiment été question de la mer de Chine méridionale au cours du voyage présidentiel, ni même depuis un an.

On retrouve une conférence de presse du secrétaire d’Etat Rex Tillerson, lors de la première session du Dialogue de sécurité diplomatique le 21 juin, où le sujet est brièvement abordé.9 La mer de Chine méridionale est également mentionnée dans la National Security Strategy de 2017, qui estime que les constructions maritimes du gouvernement chinois « mettent en danger la libre navigation, menacent la souveraineté des autres nations, et ébranlent la stabilité régionale ».10 « Ce n’est pas une surprise qu’ils [l’administration Trump] ne se concentrent sur rien d’autre que la Corée du Nord. Et occasionnellement, ils discutent des échanges déficitaires avec la Chine, mais c’est tout », résume ainsi Gregory Poling.11 Le directeur d’Asia Maritime Transparency Initiative (AMTI) pointe du doigt la fatigue autour du sujet : « Après trois ans de photos sensationnelles des constructions d’îles chinoises publiées dans tous les journaux, c’est devenu quelque part la nouvelle norme. »

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Les secrétaires américains de la Défense et d’Etat, James Matthis et Rex Tillerson, lors du Dialogue de sécurité diplomatique à Washington le 21 juin. Crédit : State Department.

Plus généralement, l’Asie du Sud-Est a été peu visible dans les Affaires étrangères américaines. Le voyage asiatique de Donald Trump s’est concentré sur le nord de la région, avec un arrêt au Vietnam et aux Philippines. Déjà en avril 2017, Catharin Dalpino, chercheuse à l’université de Seton Hall, estimait que l’Asie du Sud-Est n’avait pas figuré dans la campagne présidentielle américaine en 2016, ni émergé parmi les sujets de politique étrangère des débuts de l’administration Trump.12

Le président américain cherche aussi à se démarquer un peu plus de son prédécesseur et des différents accrochages en mer de Chine méridionale, comme la prise d’un drone américain par l’armée chinoise en décembre 201613. Il s’écarte également de la stratégie de pivot asiatique menée par l’administration Obama, stratégie qui avait pour objectif d’accroître l’influence américaine face à la Chine.

La fin de l’Asie-Pacifique au profit de l’Indo-Pacifique

L’évolution se joue aussi dans les termes utilisés. Pour faire référence à l’Asie de l’Est, la Maison Blanche parle désormais d’Indo-Pacifique plutôt que d’Asie-Pacifique – formule récurrente au cours des deux derniers mandats. « Indo-Pacifique » n’est pas une nouveauté : le vocable s’est répandu dans le milieu académique et diplomatique au début des années 2010. Hillary Clinton, alors secrétaire d’Etat, l’a ainsi utilisé en 2010 et en 2011. Il ferait de l’Asie du Sud et de l’Est qu’un seul et même ensemble, allant de l’océan Indien à l’océan Pacifique. Mais le terme a jusqu’ici été principalement utilisé par les Etats de la région. Déjà en 2007, le Premier ministre japonais Shinzô Abe y faisait référence lors d’un discours au Parlement indien en parlant de la région comme « le confluent des océans Indien et Pacifique ».14 En 2013, le Livre blanc de la Défense du gouvernement australien notait ainsi : « Un nouvel arc stratégique indo-pacifique est en train d’émerger, connectant l’océan Indien et l’océan Pacifique via l’Asie du Sud-Est. »15

Aux yeux du gouvernement chinois, ce choix sémantique est une nouvelle forme de la stratégie d’endiguement par les Etats-Unis. Certains spécialistes voient dans l’utilisation du terme « Indo-Pacifique » au moins l’atténuation de l’influence de la Chine, qui aurait de cette manière une position moins centrale que dans la région Asie-Pacifique. C’est le cas de Rory Medcalf, à la tête du Collège national de sécurité australien : « C’est diluer la visibilité de la Chine, ou diluer l’impact de la Chine dans un océan plus large, dans un contexte régionale plus vaste. Je ne pense pas que c’est juste un stratagème des Etats-Unis et des autres. Je pense que c’est un reflet de la réalité. »16 De plus, lorsqu’il se trouvait à Da Nang, au Vietnam, Donald Trump a évoqué son « rêve indo-pacifique », qui peut faire opposition au « rêve chinois » et au projet des nouvelles routes de la soie de Xi Jinping.

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De gauche à droite, le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, le ministre vietnamien des Affaires étrangères Pham Binh Minh et le président américain Donald Trump à Hanoi le 11 novembre. Crédit : State Department.

Le terme « Indo-Pacifique » peut aussi faire référence à l’Inde, puissance mise en avant dans la politique régionale américaine. Même si la Maison Blanche semble vouloir balayer la stratégie de rééquilibrage de Barack Obama, elle tente de développer ses alliances et ses partenariats dans la région. Avec son leitmotiv «America First», Donald Trump évite d’impliquer directement les Etats-Unis et mise donc d’autant plus sur le concept « Hub and spokes » (« Noyau et rayons »). Il a relancé la stratégie du « Quadrilatère » de George W. Bush, un dialogue de sécurité composé des Etats-Unis, de l’Australie, du Japon et de l’Inde. En outre, la National Security Strategy indique que la Thaïlande et les Philippines sont considérés comme des « alliés importants » et Singapour et le Vietnam des « partenaires économiques et sécuritaires grandissants ».17

L’Indonésie, puissance du G20, a été particulièrement boudée par la nouvelle administration. Dans le Jakarta Post, Bradley Wood, du Centre d’études de stratégie et de défense de l’université nationale d’Australie, note que le Secrétaire d’Etat Rex Tillerson s’est rendu à trois reprises en Chine, deux fois aux Philippines, au Japon et en Corée du Sud, et a visité le Myanmar, le Vietnam, la Thaïlande, la Malaisie et l’Inde depuis son intronisation. « Cela indique que l’administration Trump priorise les alliés de l’Asie du Nord et les états continentaux d’Asie du Sud-Est excepté les Philippines, qui restent plus menacées par la sphère d’influence grandissante de la Chine », analyse-t-il.18

L’obsession coréenne de Donald Trump joue sans doute dans cet intérêt pour le nord de la région. Lors d’un discours à l’Assemblée nationale en Corée du Sud le 7 novembre, le président américain a déclaré que « le futur de la région… ne doit pas être tenu en otage par les fantasmes tordus de violentes conquêtes et de chantage nucléaire d’un dictateur » et appelle à une coopération antinucléaire transnationale.19

A l’inverse, l’arrivée de Donald Trump à la tête des Etats-Unis annonçait la mise de côté du multilatéralisme, au profit du bilatéralisme. La nouvelle administration est sceptique quant aux initiatives multilatérales, que ce soit l’Organisation des Nations Unies, l’Union Européenne, l’UNESCO ou même des partenariats commerciaux – le président américain a signé le retrait du Traité de libre-échange transpacifique (TPP) dès le début de son mandat20. Donald Trump semble suivre cette conviction, évitant cette année les forums multilatéraux et l’ASEAN, l’organisation régionale des nations d’Asie du Sud-Est. Il a même boudé le Sommet d’Asie de l’Est, conférence annuelle sur le futur stratégique de la région qui s’ouvrait le 14 novembre aux Philippines, alors qu’il se trouvait sur l’archipel la veille. Un geste qui provoque un peu plus la défiance de certains Etats régionaux à l’égard du président américain.

1 Le TPP est un accord de libre-échange qui concernait douze pays de la zone Pacifique, inédit de par son étendue.

5 La Chine a affirmé qu’elle resterait neutre en cas d’attaque de la Corée du Nord, mais qu’elle défendrait le régime de Pyongyang en cas d’attaque américaine.

6 Ce rapport annuel est délivré annuellement par le président des États-Unis et présenté au Congrès.

7 Il s’agit de la loi américaine définissant les rapports entre Taïwan et les États-Unis.

8 « Inside President Trump’s Trip to Asia », 15 novembre 2017, https://www.whitehouse.gov/articles/president-trumps-trip-asia/

9 Point presse du Secrétaire d’Etat Rex Tillerson et du Secrétaire de la Défense James Mattis, 27 juin 2017, https://www.state.gov/secretary/remarks/2017/06/272103.htm

11 Joshua Berlinger et Katie Hunt, « South China Sea : Why 2017’s forgotten flashpoint is likely to flare again », CNN, 25 décembre 2017, http://edition.cnn.com/2017/12/25/asia/south-china-sea-2017-intl/index.html

12 Catharin Dalpino, US Security Relations with Southeast Asia in the Trump Administration, in Contemporary Southeast Asia Vol. 39, n°1, ISEAS, pp.1-64

13 Phil Stewart, «China seized American drone in South China Sea », Time Magazine, 16 décembre 2016, http://time.com/4604880/south-china-sea-american-drone-seized/

14 Discours de Shinzo Abe devant le Parlement indien, 22 août 2007, http://www.mofa.go.jp/region/asia-paci/pmv0708/speech-2.html

15 Livre blanc de la Défense du gouvernement australien, 2013, http://www.defence.gov.au/whitepaper/2013/docs/WP_2013_web.pdf

16 Louis Nelson, « In Asia, Trump keeps talking about Indo-Pacific », Politico, 7 novembre 2017, https://www.politico.com/story/2017/11/07/trump-asia-indo-pacific-244657

17 National Security Strategy 2017, op. cit.

18 Bradley Wood, « Indonesia overlooked by Trump’s interpretation of Indo-Pacific », The Jakarta Post, 20 décembre 2017, http://www.thejakartapost.com/academia/2017/12/20/indonesia-overlooked-by-trumps-interpretation-of-indo-pacific.html

19 Patrick Cronin, « Trump Post-Pivot Strategy », The Diplomat, 11 novembre 2017, https://thediplomat.com/2017/11/trumps-post-pivot-strategy/

20 Peter Baker, «Trump Abandons Trans-Pacific Partnership, Obama’s Signature Trade Deal », The New York Times, 23 janvier 2017, https://www.nytimes.com/2017/01/23/us/politics/tpp-trump-trade-nafta.html