Anti-babel

La forme « Europe » au défi de ses frontières linguistiques

Par Gwénaël Glâtre

 

La place des langues de l’Europe est une question qui n’a jamais été réglée dans le fond.

Les juristes de la Commission européenne rappelleront que l’Union telle qu’on la connaît aujourd’hui compte 24 langues officielles avec l’entrée du croate en 2013 dans le concert du multilinguisme au niveau des traités. En effet, depuis les traités de Rome qui instituent une Communauté économique européenne et une Communauté à l’énergie atomique en 1957, toutes les langues officielles des Etats parties (dans la limite pragmatique d’une langue par Etat) sont ipso facto reconnues comme langues des traités. Ces derniers doivent donc être traduits dans chacune d’elles et les différentes versions ont également force de loi. Cela signifie donc, en principe, une égalité de sens entre les différentes traductions, quelles que soient les difficultés d’interprétation qui pourraient en découler. Le Règlement n°1 du 15 avril 1958 reconnaît le fonctionnement multilingue des institutions communautaires en faisant de l’égalité des langues un principe constitutif de l’édifice supranational construit par les Etats-membres. Ce règlement, qui occupe une place particulière dans la hiérarchie des normes communautaires, a une valeur quasi-constitutionnelle en tant qu’il nécessite l’unanimité de tous les Etats pour être approuvé ou modifié, sans pour autant faire partie des traités. Soixante ans plus tard, ce document reste à la base du régime linguistique européen encore en vigueur aujourd’hui et nul doute que l’événement du Brexit révélera une fois encore sa plasticité et sa résilience : l’Europe gardera l’anglais sans les Anglais. En vérité, il est le produit d’un compromis à l’origine très fragile entre les pays signataires du traité CECA de 1951 : avant de pouvoir installer les nouvelles institutions à Luxembourg, les chefs d’Etat ont dû se mettre d’accord autour d’un certain nombre de règles linguistiques qui se sont cristallisées dans le Protocole de la CECA de juillet 1952 qui fixe l’usage des langues dans la Communauté européenne. Ce protocole ne sera jamais publié officiellement. Les bâtisseurs de l’Europe unie n’ont jamais su refermer une fois pour toutes la question linguistique, qui engage in fine une réflexion globale sur la définition de la forme « Europe ».

 Le « Sisyphe européen », traducteur de l’Idée européenne

Il est de coutume d’utiliser la métaphore de la traduction pour décrire la nature ontologique d’« Europe ». Umberto Eco, figure tutélaire du cosmopolitisme se revendiquant des Lumières, n’a-t-il pas jugé que la langue de l’Europe, c’est la traduction ? Nous mettons pourtant au défi quiconque saurait nous indiquer la référence exacte de cette citation communément invoquée par toute l’Europe des Lettres. Ce qui ressemble fort à un topos de l’idée d’Europe nous éclaire cependant sur la construction historiographique de cet objet géopolitique. L’Europe, comme objet historique, serait ainsi le fruit d’un long processus de translatio à l’échelle du continent en ayant gardé l’héritage du savoir antique, grec et latin, par différents détours, dont l’arabe. La fresque philologique remarquable que l’on doit au philosophe Rémi Brague emprunte cette voie romaine[1] qui nous conduit de Platon à Kant, et au-delà. D’où cette même voie kantienne[2] décrite par un autre philosophe, Jean-Marc Ferry, pour « traduire » le processus de formation d’un proto-Etat européen d’essence post-nationale[3]. Le destin de l’Europe serait ainsi de toujours reprendre le travail de traduction. Le camusien Emmanuel Macron ne dit pas autre chose dans son Discours de la Sorbonne du 26 septembre 2017 lorsqu’il dit que « le Sisyphe européen a toujours son intraduisible à rouler. […] Je revendique cette part d’intraduisible, d’irréductible différence, parce que je veux imaginer Sisyphe heureux ». Ce métadiscours sur l’expérience européenne renvoie en filigrane à la pensée de son maître Paul Ricœur qui proposait de s’appuyer sur la traduction[4] pour diffuser un nouvel ethos européen : « Un nouvel ethos naît de la compréhension appliquée à l’intrication les uns dans les autres des récits nouveaux qui structurent et configurent ce croisement entre les mémoires »[5]. Le récit de la traduction est ainsi mobilisé à usage thérapeutique[6] pour soigner les plaies du passé selon le principe ricoeurien de « l’hospitalité linguistique ».

 

Babel or not to be : la question de la forme « Europe »

Le multilinguisme, discours positif des institutions communautaires sur elles-mêmes, se présente ainsi comme une plus-value culturelle à une Europe intégrée autour d’un projet économique sans réel récit fondateur : « Nous sommes nous, Européens, les habitants de cet improbable Babel que la diversité des langues et de traditions ne cesse d’enrichir et d’enthousiasmer » (Emmanuel Macron, Discours à Athènes, 7 septembre 2017). Mais cette Babel de langues ne dit pas son fonctionnement. Le Discours de l’horloge du 9 mai 1950 prononcé par le ministre des Affaires étrangères Robert Schuman proposait un projet de paix continentale déjà largement engagé sous les auspices de la pax americana sans réellement définir l’objet de cette « communauté » dont le théoricien Paul Reuter, bras droit de Jean Monnet, reconnaissait lui-même que « juridiquement [elle] ne veut strictement rien dire »[7]. Rappelons que Babel renvoie au mythe de la dispersion et de la confusion des langues, aux dépens du sens et de la possibilité de compréhension entre les hommes. La référence babélienne traverse ainsi toute l’histoire de la construction européenne et, d’ailleurs, n’est-ce pas ce nom, Babel, que choisit de donner à sa revue en 1953 la Fédération internationale des traducteurs (FIT) dont sont membres nombre de fonctionnaires-linguistes de cette jeune Communauté européenne ? Pourtant, en 1926, quand le président du Conseil Aristide Briand invitait à apprendre « l’européen », cette langue nouvelle, les « allusions à la Tour de Babel » proférées par son contradicteur à la Chambre des députés renvoient à la très critiquée Société des nations (SDN). Le député Joseph Barthélemy décrit en ces termes la vie internationale, telle que beaucoup de Français constatant le déclin de leur langue dans les cénacles diplomatiques, se la représentent à ce moment-là : « On dirait trop souvent que les actes internationaux ont été écrits en anglais, puis traduits en belge ou en suisse par un étudiant tchécoslovaque assez maladroit. (sourires) » (Le Temps, 28 février 1926). Ainsi, Babel n’a pas toujours bonne presse : Régis Debray, dans le numéro du Monde diplomatique d’août 2017 décrit l’Europe contemporaine comme une « Carthage babillarde », sous-entendant la double infamie : à la fois vaincue par la Rome atlantique et son sabir anglophone, elle en est réduite à « babiller », à user de cette onomatopée « bab » que l’on retrouve dans la bouche des enfants dans de nombreuses langues européennes et dans la tour précitée.

L’utopie européenne : une langue sans frontières

À Bruxelles, même les Anglais n’y retrouvent pas leur latin comme le disait un journaliste britannique qui n’y voyait plus que de l’orwellien[8]. Le romancier Benoît Duteurtre faisait ainsi remarquer ce paradoxe dans un article programmatique intitulé « La langue de l’Europe » (Le Monde diplomatique, juin 2016) à la veille du vote sur le Brexit : « Délaissant celles des fondateurs (le français, l’allemand, l’italien…), renonçant au principe du plurilinguisme qui a longtemps caractérisé ses institutions, [l’Union européenne] s’en remet à la langue du plus lointain de ses partenaires : le Royaume-Uni, membre de l’Union sur la pointe des pieds et qui, bientôt, n’en sera peut-être plus, ôtant toute justification à cet extraordinaire privilège ». En effet, rappelons qu’au moment du traité de Maastricht en 1992, le français était encore majoritaire dans les arcanes bruxellois et les diplomates anglais étaient priés de maîtriser la langue de Molière, qui occupait encore le titre symbolique de langue de la diplomatie et celui, moins explicite, de langue de la puissance culturelle et universaliste, telle que la France gaullo-mitterrandienne se représentait alors. Cependant, les élargissements à l’Europe du nord (1995) et de l’est (2004) ont renversé le rapport de forces entre les deux langues en lutte pour l’hégémonie européenne au profit de l’anglais à une vitesse et dans une proportion inédites : on considère aujourd’hui qu’au moins 90 % des documents de travail sont écrits en langue anglaise dans les institutions communautaires. Cependant, par-delà la question de l’anglais, il s’agit bien de la question d’une langue unique véhiculaire qui est posée à l’échelle européenne. Jusqu’aux années 1960, certains groupes d’influence s’ingéniaient encore à promouvoir le français, alors dominant, comme « langue européenne »[9], et avant cela, on faisait appel au progrès des langues universelles pour effacer les frontières linguistiques. Le linguiste Antoine Meillet, élève de Saussure et professeur au Collège de France, défendait dans les années 1920 l’emploi de l’espéranto comme langue commune : « Une langue artificielle donnerait, au moins pour la vie matérielle, aux relations internationales l’instrument pratique et simple qui leur manque », écrivait-il en 1928 dans l’Europe nouvelle[10]. La Société des nations n’avait-elle pas adopté en 1922 une résolution sur « l’espéranto comme langue auxiliaire internationale »[11] ? Dans les années 2000, c’est au tour du philosophe belge Philippe Van Parijs de promouvoir l’usage de l’anglais comme lingua franca en Europe[12] et la Commission européenne d’étudier cette question comme une réalité ou une chimère[13], tout en restant tiraillée par la défense de sa politique du multilinguisme au nom de la diversité culturelle. Dans les faits, l’objectif à long terme donné par la Commission européenne à sa politique linguistique est d’abord d’assurer une meilleure circulation des facteurs de production dans un marché unique européen, et en premier lieu les citoyens européens d’abord conçus en qualité d’Homo oeconomicus. Dans le cadre de la Stratégie de Lisbonne qui prône une économie de la connaissance, les langues ne doivent plus être des obstacles, mais des atouts à valoriser. Il s’agit ainsi de combler le « fossé linguistique […] de sorte qu’aucun obstacle linguistique superflu n’empêche quiconque de vivre, de travailler ou de communiquer au sein de l’Union »[14]. Les langues deviennent, en ce sens, des compétences à généraliser afin de tendre vers une zone économique optimale. Cette logique concorde avec l’esprit prométhéen de Jean Monnet qui rapporte dans ses Mémoires en 1976 : « un nouveau type d’homme était en train de naître dans les institutions de Luxembourg comme dans un laboratoire. […] Il n’y avait pas de barrières de langues ni d’obstacles psychologiques que la Communauté n’eût aussitôt surmontés »[15]. Les langues sont du passé.

Retour des frontières ou retour au réel ?

De Gaulle, en 1962, ironisait depuis son palais de l’Élysée sur cette Europe de langues artificielles devant un parterre de journalistes conquis : « Je ne crois pas que l’Europe puisse avoir aucune réalité vivante si elle ne comporte pas la France avec ses Français, l’Allemagne avec ses Allemands, l’Italie avec ses Italiens, etc. Dante, Goethe, Chateaubriand appartiennent à toute l’Europe dans la mesure même où ils étaient respectivement et éminemment Italien, Allemand et Français. Ils n’auraient pas beaucoup servi l’Europe s’ils avaient été des apatrides et qu’ils avaient pensé et écrit en quelque espéranto ou volapük intégré. [rires] »[16] En réalité, l’Europe en construction fonctionnait avec quatre langues nationales, dont celle de Spinoza, depuis 1951 : l’allemand, le français, l’italien et le néerlandais. En 1961, la Communauté européenne signe un accord d’association avec la Grèce, en acceptant de maintenir le principe du multilinguisme dans les élargissements à venir. Le négociateur français parle alors d’une « catastrophe » digne de Babel, en rappelant « aux amateurs de chiffres que la formule de la traduction est n (n-1) »[17]. Ainsi, avec vingt-quatre langues officielles, l’Union européenne existante représente une formule à 552 combinaisons linguistiques différentes. Ce chiffre doit être considéré comme le signifiant réel de sa complexité empirique. Michel Foucher, géographe et diplomate, analyse depuis plusieurs décennies le « retour des frontières »[18] dans un monde qui connaît parallèlement une dynamique de mondialisation et de fragmentation géopolitique. Le retour des langues sur la scène européenne comme en témoigne le mot grinçant du président Juncker au soir du Brexit (« Nous allons utiliser davantage l’allemand et le français »[19]) révèle à notre sens le non-dit linguistique à l’origine de la Communauté européenne. La CECA qui portait un projet d’intégration économique au travers d’institutions supranationales détachées des Etats a tendu à une occultation du problème linguistique dans la constitution d’une Europe unie. Il faut remonter à l’archive pour retrouver l’enjeu fondamental des langues dans les institutions à venir. Un groupe de juristes à qui l’on avait confié le soin d’étudier cette question de manière technique et quasi-confidentielle observait ainsi en juin 1951 : « On se trouve dans une Communauté, et non dans une organisation du type international habituel. Il est nécessaire que les individus intéressés par le fonctionnement des institutions n’éprouvent aucune gêne du fait de l’usage des langues ; il faut qu’ils se sentent « chez eux » dans cette communauté »[20]. Dans les faits, les chefs d’Etat-major réunis dès mars 1951 pour discuter de l’organisation d’une Armée européenne avaient déjà identifié le problème des langues comme central dans la définition de la Communauté européenne que l’on souhaitait voir advenir : « l’une des raisons d’être d’une Armée européenne sera de contribuer au resserrement des liens entre peuples de l’Europe occidentale, et ce resserrement ne s’accomplira que par des efforts réciproques de compréhension. Or, entre individus de langues différentes, la compréhension va de pair avec la connaissance de la langue, qui donne accès aux modes de pensée, aux habitudes de vie, à la Presse, à la Littérature »[21]. La reconnaissance de l’ensemble des langues réunies dans ce même projet fédéral s’impose ainsi comme un principe fondateur pour l’unification culturelle et politique de cette Communauté. A plus forte raison, les arguments retenus pour instituer la Cour de justice européenne dans toutes les langues du traité considèrent l’égalité entre les langues comme un facteur nécessaire au regard du principe d’égalité entre les droits nationaux : aucune tradition juridique ne doit l’emporter sur une autre et tous les citoyens ont droit à communiquer avec des institutions supranationales dans leur langue maternelle. On pourrait alors dire que la possibilité d’une Europe politique (nous sommes dans un processus de Communauté politique européenne en 1953) était conditionnée par ce « contrat linguistique », pour paraphraser Rousseau. Ces principes engagent tout autant le droit international public que le droit des personnes. Ce choix contraint du multilinguisme comme principe de reconnaissance du droit des Etats et des citoyens est au cœur de la constitution d’une échelle de coopération communautaire qui développe ses compétences de supervision et de proposition par le biais de sa pratique de la traduction. La Cour de justice actuelle (CJUE) se présente ainsi comme un formidable opérateur de traduction entre les droits nationaux. Ses compétences traductologiques se trouvent au fondement de l’interprétation du droit européen[22]. Or, l’essence de ce travail reste encore très peu identifiée par le monde académique ; il n’est donc pas besoin de parler de la connaissance des citoyens européens par rapport à la fabrique du droit européen. Qui sait encore que le français règne à la Cour de justice comme langue principal dans le travail des juges communautaires ?

Des langues qui se dé-lient

La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne révèle que « l’anglais est nu », le corps du roi (la reine, en l’occurrence) s’étant retiré outre-Manche. La langue des institutions européennes est en effet un savant compromis entre toutes les parties prenantes à l’élaboration de la décision politique[23]. Toutes les échelles de pouvoir y sont mobilisées et, par conséquent, toutes les langues des traités et même au-delà : dans le cas des Etats multilingues, des processus de traduction intègrent ipso facto des langues infra-étatiques dans le jeu communautaire. Il n’en demeure pas moins que le régime linguistique né des premières Communautés européennes institue les langues d’Etat, au sens des langues officielles de chaque Etat, comme langues européennes, dans une intégration inextricable. Le Brexit en révèle suffisamment l’enchevêtrement. Il importerait alors aujourd’hui de comprendre le fonctionnement de l’Europe, depuis l’Europe, comme l’articulation entre « langues-Etats » et non seulement Etats-nations. Ainsi, la reconnaissance de la compétence traductologique propre à l’échelle européenne permettrait de mieux comprendre ses pouvoirs réels : la « souveraineté européenne » appelée de ses vœux par le président français dans ses discours d’Athènes et de la Sorbonne est déjà une réalité ; les politiques d’ajustement structurel ou monétaire, autrefois compétences des Etats, ne peuvent être saisies en-dehors du pouvoir de traduction accumulé à Luxembourg, Bruxelles, puis à Francfort.

Enfin, l’anglais bruxellois, langue de traduction qui s’est imposée comme langue incontournable, voire unique, dans beaucoup d’institutions européennes provoque un transfert de coûts incommensurable : les efforts financiers concédés par l’ensemble des agents économiques européens pour apprendre la langue dominante (pensons au prix prohibitif des tests de certification linguistique ou aux échanges « au pair »), ainsi que la prise en charge croissante des coûts de traduction aux échelles infra-communautaires selon un effet de subsidiarité, n’ont pas encore été mesurés à leur juste valeur en termes d’externalités négatives pour les non-anglophones, à savoir 99% à l’horizon 2019[24]. Cette hégémonie linguistique pose aussi la question de ce que des chercheurs appellent une situation de « language disenfranchisement »[25], c’est-à-dire d’exclusion du champ démocratique européen. Mais si l’on approfondit le travail de traduction, qui porte tout autant des effets iréniques qu’heuristiques potentiellement conflictuels, le terme renvoie historiquement à la notion de déchéance électorale en cas de condamnation ou d’incapacité à exercer ses droits civiques, notamment dans le cadre de la ségrégation raciale aux Etats-Unis. Reste le cas du catalan, langue-Etat en attente de reconnaissance, à savoir de traduction(s). And so onScreenshot 2017-08-24 23.44.37

 


[1] Rémi Brague, Europe, la voie romaine, Paris, Gallimard, 1999.

[2] Jean-Marc Ferry, Europe, la voie kantienne : essai sur l’identité postnationale, Paris, les Éditions du Cerf, 2006.

[3] Jean-Marc Ferry, La question de l’Etat européen, Paris, Gallimard, 2000.

[4] Paul Ricœur, Sur la traduction, Paris, Les Belles Lettres, 2016.

[5] Paul Ricœur, « Quel ethos nouveau pour l’Europe ? », dans Peter Koslowski, Imaginer l’Europe: le marché intérieur européen, tâche culturelle et économique, Paris, les Éd. du Cerf, 1992, p. 107-116.

[6] Denis Crouzet (dir), Historiens d’Europe, historiens de l’Europe. Défense et illustration de l’histoire de l’Europe, Champ Vallon, 2017.

[7] Voir sur ce point : Julie Bailleux, Penser l’Europe par le droit : l’invention du droit communautaire en France, Paris, Dalloz, 2014 ; Antonin Cohen, De Vichy à la Communauté européenne, Paris, Presses universitaires de France, 2012.

[8] Voir Euractiv, « The UK may leave, but English will remain », 17 juin 2016. L’auteur faisait référence à l’ouvrage de George Orwell, Politics and the English Language, 1946. Il notait ainsi : « Around 70 years ago, he published a famous essay; ‘Politics and the English Language’. In this, he described how political language was, “designed to make lies sound truthful and murder respectable, and to give an appearance of solidity to pure wind.” Sadly, this remains depressingly familiar ».

[9] Hervé Lavenir, Pour l’Europe, par le français, pays inconnu, Paris, 1966.

[10] Antoine Meillet, Les langues dans l’Europe nouvelle, Paris, France, Payot, 1928.

[11] Société des nations, « L’espéranto comme langue auxiliaire internationale », Rapport du secrétariat général, à la troisième assemblée, amendé par la cinquième commission et adopté par l’assemblée, le 21 septembre 1922.

[12] Philippe Van Parijs, Linguistic justice for Europe and for the world, Oxford, Oxford University Press, 2011.

[13] European Commission, Lingua Franca: chimera or reality?, Luxembourg, EUR-OP, 2011.

[14] Communication de la Commission européenne du 18 septembre 2008 : « Multilinguisme: un atout pour l’Europe et un engagement commun »

[15] Jean Monnet, Mémoires, Paris, Fayard, 1976, vol. 1., p. 557 ;

[16] Conférence de presse intégrale du 15 mai 1962. Source : Ina.fr

[17] Jean François Deniau, Survivre, Paris, Plon, 2005, p. 102-103.

[18] Michel Foucher, Le retour des frontières, Paris, CNRS éditions, 2016.

[19] The Wall Street Journal, « English Loses Currency as Europe’s Lingua Franca After Brexit Vote », 27 juin 2016

[20] Rapport de la commission des juristes sur le régime linguistique de la Communauté, 1er juin 1951. Archives historiques de l’Union européenne, Florence.

[21] Comité militaire, Conférence pour l’organisation de l’Armée européenne, Compte-rendu de la réunion du 23 mai 1951. Archives diplomatiques de La Courneuve.

[22] Voir par exemple le travail réalisé par une juriste irlandaise sur la relation entre droit et langues en Europe à partir du travail des juristes-linguistes de la CJUE. Karen McAuliffe, « Language and the Institutional Dynamics of the Court of Justice of the European Communities: Lawyer-Linguists and the Production of a Multilingual Jurisprudence », Rochester, NY, Social Science Research Network, 2008.

[23] Marc Abélès et Irène Bellier, « La Commission européenne : du compromis culturel à la culture politique du compromis », Revue française de science politique, 1996, vol. 46, no 3, p. 431‑456.

[24] Michele Gazzola, François Grin (2013), « Is ELF more effective and fair than translation? An evaluation of the EU’s multilingual regime », International Journal of Applied Linguistics, Vol. 23 No. 1.

[25] Victor Ginsburgh, Shlomo Weber (2005), « Language Disenfranchisement in the European Union », JCMS, Volume 43. Number 2. pp. 273–86.