4 dates pour illustrer les désunions suscitées par le Brexit

3 novembre 2016 — La Cour suprême britannique (High Court) déclare indispensable un Act of Parliament afin de pouvoir commencer le procédé de sortie de l’Union européenne. La une du Daily Mirror du lendemain propose une photo des trois juges accompagnée du titre Enemies of the People. Il s’agit d’une rupture inédite du système parlementaire anglais, soumis pour la première fois depuis longtemps à des tendances plébiscitaires qui ont fait crier au robespierrisme l’auteur britannique Ian McEwan.

27 janvier 2017 — L’histoire d’amour non réciproque entre Etats-Unis et Royaume-Uni, porte, comme chaque histoire d’amour unilatérale, un nom un peu malheureux. Il s’agit, pour les Anglais, d’une Special relationship. Un nouveau, formidable, chapitre s’y est ajouté lors de la visite de Theresa May de janvier dernier. Reçue à la Maison Blanche par la nouvelle administration, the Right Honourable a vu son nom transformé lors des séances de protocole en celui d’une cocotte britannique, Teresa May.

28 février 2017 — Pour la première fois depuis l’armistice qui avait mis fin à la guerre de faible intensité (The Troubles), les Unionistes — protestants, favorables au maintien de l’Irlande du Nord à l’intérieur du Royaume-Uni — ont perdu la majorité à l’Assemblée de l’Irlande du Nord. Le parti nationaliste irlandais Sinn Féin a ainsi vu progresser son soutien électoral de façon importante. Ce résultat a toutefois pu être nuancé ou simplement ignoré, comme l’illustre notre entretien exclusif avec l’analyste politique de la BBC. Pourtant, mardi 14 mars, le parti a déclaré vouloir organiser un référendum au sujet de l’appartenance de l’Irlande du Nord au Royaume.

13 mars 2017 — Le parti indépendantiste écossais propose de refaire le référendum sur l’appartenance de l’Écosse au Royaume-Uni. Cette tendance à la désagrégation territoriale, à la désunion du Royaume paraît difficile à arrêter ; elle pourrait trouver son origine dans la rupture du pacte géopolitique impérial. Ce référendum, pourtant, risque de poser une question cruciale à l’Union européenne : l’Espagne, inquiète quant à l’indépendantisme catalan, s’opposerait vraisemblablement à toute admission de l’Ecosse au sein de l’UE. Pourrait-il s’agir de la première fois où, enfin, la question de l’échelle territoriale sera posée ?

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